13/10/2008

Ecologie : le ministère "vert" n'est pas mûr

Après la refonte de son organigramme, le ministère de l’Écologie est en ordre de marche. La fusion réelle des services prendra toutefois du temps.


Le 9 juillet dernier, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, le Meeddat, dévoilait la nouvelle organisation de son administration centrale. Une organisation resserrée autour de cinq directions opérationnelles, un secrétariat général et un commissariat dédié au développement durable. L’une des directions, la direction de l’aménagement, du logement et de la nature, réunit l’ancienne direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction, la direction de l’eau et la direction de la nature et des paysages. Rien que ça. Une autre, celle de l’énergie et du climat, est le fruit de la fusion de la direction générale de l’énergie et des matières premières, issue du ministère de l’Industrie, et des services dédiés au climat dans l’ancien ministère de l’Environnement.

Parvenir à ce type de “mariage” contre-nature n’a pas été facile. Le Meeddat, c’est en effet trois ex-départements ministériels abritant des cultures différentes, voire opposées : l’écologie, l’équipement, et la partie énergie de l’ex-industrie. Pour un total de 32 directions ! “Il y a eu des arbitrages parfois difficiles”, confie Pierre Roussel, inspecteur général de l’environnement. Exemples : fallait-il rattacher la question des inondations à la politique de l’eau ou à celle des risques ? Comment rassembler la politique de Natura 2000 et celle du logement ? À entendre le secrétaire général du ministère, Didier Lallement, “il était hors de question de se contenter d’assembler des éléments épars, mais bien d’essayer de constituer des blocs cohérents”, afin d’intégrer en un seul ministère “un ensemble de préoccupations” liant la réalisation d’infrastructures ou l’énergie aux aspects environnementaux.
Depuis un peu plus d’un an, les fusions de directions se multiplient dans l’administration de Jean-Louis Borloo.

“Préfigurateurs”
Mais le ministre a décidé d’y mettre les formes. Le choix a été fait de confier aux directeurs centraux eux-mêmes, qualifiés de “préfigurateurs”, le soin de réfléchir au périmètre des nouvelles directions. Fin février, ils ont remis leurs rapports au secrétaire général, après concertation avec les organisations syndicales. C’est cette base que les fusions de directions ont été discutées en comité paritaire fin avril 2008. Une première phase qui ne s’est pas si mal passée, vue de l’intérieur, même si pour la CFDT, “l’administration a persisté à confondre information et concertation”.

Désormais, c’est sur la phase de fusion effective des services que syndicats et agents ont les yeux rivés. Celle-ci soulève de nombreuses inquiétudes. D’une part, elle se déroule dans un contexte de réductions des effectifs. Des milliers de départs en retraite ne seront pas remplacés entre 2009 et 2011, notamment sur les fonctions supports du ministère et des services déconcentrés. D’autre part, pour le quotidien des agents, fusionner est synonyme de changements. Il faut composer avec de nouveaux collègues, un nouveau chef, et souvent… déménager. Une véritable cuisine interne qui se heurte à des problèmes inattendus. Exemple cocasse : le ministère de l’ex-Équipement est sous OpenOffice, l’ancien ministère de l’Écologie sous Windows. “Du coup, je ne peux même pas envoyer de mails à mes collègues”, témoigne un brin amusé un haut fonctionnaire…

Xavier Sidaner

Tous rassemblés à la Défense ?

Pour 2009, le Meeddat s’est fixé un objectif audacieux : réunir ses quelque 4 000 agents parisiens à la Défense. Ou, plus exactement, dans cinq immeubles distincts situés sur l’esplanade du quartier d’affaires. Actuellement, le Meeddat n’est propriétaire que du bastion historique de l’ex-ministère de l’Équipement – le pilier sud de l’Arche. Deux autres sites sont loués : les tours A et B. Des baux viennent également d’être signés pour l’occupation d’étages dans la tour Voltaire et une partie de l’Arche nord pour un montant total avoisinant les 10 millions d’euros. Pour couvrir ces loyers, le ministère peut largement compter sur la vente de son bâtiment rue de Ségur, dont le déménagement a déjà débuté et dont la valeur est estimée à 270 millions d’euros. En attendant la construction d’une tour unique à la Défense...

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