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14/12/2009
Conseil

Management des préfets : l’Intérieur recourt au privé

La Place Beauvau vient d’attribuer un marché de 2 millions d’euros à cinq cabinets de conseil en management. Objectif : dynamiser les carrières des préfets et sous-préfets.


Pour gérer la carrière de ses préfets et sous-préfets, le ministère de l’Intérieur a décidé de se faire aider par des consultants privés. Sans être d’une “originalité folle”, la démarche constitue néanmoins “une véritable innovation”, selon les propres mots d’Henri-Michel Comet, le secrétaire général de la place Beauvau. S’il dispose des moyens en interne, par le biais d’une direction de la modernisation et de l’administration territoriale ou encore du Conseil supérieur de l’administration territoriale (CSATE), le ministère a en effet ressenti le “besoin” de s’attacher les compétences de cabinets spécialisées en ressources humaines.
À cette fin, il a lancé un appel d’offres le 22 juillet qui a attiré pas moins de 55 candidats. Après examen, le ministère a retenu cinq cabinets. Cinq prestataires qui se partagent un “gâteau” d’environ deux millions d’euros – l’un des plus gros marchés de ce type jamais connu dans le secteur public –, découpé en cinq parts, pour une mission dite “d’assistance à la gestion du corps préfectoral”. “Assistance”, le mot est important. Le ministère y tient : en aucun cas, le privé n’est là pour se substituer au service de recrutement du ministère. Encore moins pour chercher à pousser vers la porte les préfets ou sous-préfets au gré des restructurations. “Si c’était ce que nous voulions faire, nous aurions d’autres moyens beaucoup plus rapides”, lâche Henri-Michel Comet.
En fait, l’idée est d’offrir une véritable “prestation individualisée” aux hauts fonctionnaires. Et ce, qu’il s’agisse d’accompagner les préfets et sous-préfets qui voudraient valoriser leurs parcours avant de quitter la préfectorale ou de faire venir les meilleurs profils dans la “préfectorale”. Le ministère joue le “in” et le “out”. Pour recruter de nouveaux profils, il a confié, d’une part, à un chasseur de têtes la tâche de détecter des perles rares dans le privé et, d’autre part, à un cabinet de recrutement de mener des entretiens de personnalité avec des candidats proposés par l’administration.


Démarcher les entreprises

Deux cabinets sont ensuite chargés de l’accompagnement de la mobilité des préfets et des sous-préfets. Cet accompagnement, plus ou moins approfondi – allant de quelques rendez-vous ciblés à six mois de coaching personnalisé –, s’adressera à ceux qui veulent quitter la préfectorale et démarcher des employeurs éventuels. Le ministère, par l’intermédiaire de la DMAT, a déjà tâté le terrain durant l’été auprès de grandes entreprises (SCNF, Areva, France Télécom, Caisse des dépôts) pour faire la pub des préfets. Dernière mission, enfin, un cinquième cabinet assistera les préfets dans la conduite du changement sur le terrain dans le cadre des réorganisations liées à la Révision générale des politiques publiques (RGPP).
Au total, ces prestations débuteront au premier trimestre 2010. D’une durée d’un an, ce marché à bons de commandes est reconductible deux fois. Bien que l’avis officiel en estime le coût à deux millions d’euros, le ministère préfère ne pas trop s’étendre sur ce chiffre et assure que la facture sera, in fine, moins élevée. “Cela ne doit pas être très éloigné de la réalité, confie néanmoins un avocat. Les cabinets ne se sont certainement pas engagés à l’aveugle.” Le secrétaire général ne croit pas à “l’effet masse” et mise plutôt sur un accompagnement au cas par cas par ces consultants payés à la tâche. À voir.

 

Xavier Sidaner

 

Des profils variés (2009)
Part d’anciens élèves de l’ENA sous-préfets : 11,8 %
Part de sous-préfets issus de la fonction publique territoriale : 20 %
Nombre de préfets ayant rejoint le privé : 3 %
Nombre de préfets ayant rejoint une entreprise publique : 11 %

 

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