FSV, la bombe Ă retardement

En attendant de redresser le régime général des retraites, il ne faudrait pas en oublier un autre, qui continue à battre des records de déficit, celui de la Sécurité sociale.
Attendu en 2010 aux alentours de 28 milliards d’euros, ce déficit, qui a triplé entre 2008 et 2010, représente aujourd’hui 10 % des 290 milliards des recettes de la Sécu, à mettre en parallèle avec les 308 milliards de recettes de l’État attendues en 2010. Le budget de la Sécurité sociale pèse donc dorénavant pratiquement aussi lourd que le budget de l’État dans les comptes de la Nation.
Si l’on excepte le déficit de l’assurance maladie, qui concentre la part la plus importante du "trou" de la Sécurité sociale, avec un déficit prévu de 13,1 milliards, et celui de la branche famille, avec 3,8 milliards de pertes, restent tout de même 11 milliards de déficits qui, eux, dépendent surtout de facteurs démographiques incontournables.
Ces derniers pèsent plus que les facteurs économiques que l’on peut toujours repeindre en rose, en espérant un meilleur contrôle de la dépense grâce aux futures ARS, ou en misant sur les effets vertueux de la croissance sur les recettes. Le déficit de la branche retraites, qui atteindrait 9,3 milliards dès cette année, pourrait être résolu, à terme, par les mesures gouvernementales annoncées cette semaine.
Reste, à côté du régime général, une source de déficit qu’il faut analyser comme un dommage collatéral de la faiblesse de certaines pensions, celle du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance notamment le minimum vieillesse.
Avec un déficit de 4,3 milliards d’euros, soit le tiers de ses recettes, le FSV est déjà dans une situation critique et ses perspectives de dépenses sont extrêmement alarmantes. À tel point que ce poste de dépenses pourrait devenir de façon mécanique un des principaux foyers de déficit du système social français dans les années à venir.


















