Après la tempête
À l’automne 2008, la présentation du plan stratégique de Météo_France prévoyant la fermeture de la moitié des centres départementaux – 53 sur 108 – déclenche une véritable tempête sociale : douze jours de grève soutenue par une intersyndicale qui crie à la casse du service public.
Patron de cet établissement public depuis 2009, François Jacq reconnaît que “le principe même de la réorganisation n’a pas changé. Mais nous en avons revu les modalités”. Les 53 fermetures programmées doivent s’échelonner sur cinq ans, entre 2012 et 2017, sachant que chaque fermeture doit être annoncée au moins trois ans à l’avance et que les 300 salariés qui feront l’objet d’une mutation bénéficient d’un suivi individuel.
“Leur avenir reste flou”, regrette la CFDT Météo, qui stigmatise “une application aveugle de la RGPP, uniquement conçue dans le but de complaire à la tutelle”.
Droit dans ses bottes, François Jacq rétorque : “La RGPP se traduit par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux (soit 131 suppressions de postes sur la période 2009-2011), la rationalisation du réseau géographique (chaque établissement gérant trois ou quatre départements, contre un seul auparavant), une revue drastique des dépenses devant déboucher sur une nouvelle politique d’achats.”
Le P.-D.G. reconnaît que la situation budgétaire de Météo-France est tendue, “comme chez tous nos confrères européens”. Mais il refuse de se laisser enfermer dans un discours uniquement centré sur la réduction des coûts : “Les partenaires sociaux nous reprochent d’être dans une logique purement comptable. Pourtant, il faut bien compter si l’on veut dégager des marges de manœuvre et préparer l’avenir”.
En l’occurrence, Météo France espère figurer en bonne place dans le projet de “ciel unique européen” – le volet aéronautique de son activité représente à ce jour un quart de son budget – et mise sur l’amélioration continue de la chaîne de prévision numérique.
S.G.
Statut : établissement public administratif
Tutelle : ministère de l’Écologie
Effectifs : 3 495 agents (en équivalent temps plein)
Budget 2010 : 325 millions d’euros


















