22/06/2010

Défense : sites à vendre

par Pierre-Marie Vidal, directeur de la rédaction

Le "Pentagone à la française", futur siège du ministère de la Défense, devrait ouvrir ses portes en 2014 à Paris sur 16,5 hectares dans le XVe arrondissement. Actuellement répartis sur 12 sites dans Paris, les services du ministère seront regroupés dans cet unique lieu où, à terme, 10 000 personnes travailleront. Un investissement de plus de 600 millions d’euros qui devrait se traduire pour le ministère de la Défense par un loyer annuel de 100 millions d’euros dans le cadre d’un partenariat public-privé partagé entre Eiffage, Vinci et Bouygues. Simultanément, le ministère devrait vendre ses différents sites parisiens, dont il n’a plus l’usage et qui lui pourraient lui rapporter de 700 à 800 millions d’euros. Il gardera pourtant les plus prestigieux, comme l’hôtel de Brienne, l’hôtel de la Marine, l’École militaire, les Invalides et le Val-de-Grâce.

Plus globalement, en matière immobilière, la loi de programmation militaire 2009-2014 prévoit un bénéfice net d’environ 2,1 milliards en provenance des cessions des différents sites de la défense en France. Pourtant, sur les 900 millions de recettes budgétés en 2009, seuls 400 ont été réalisés et les perspectives du marché immobilier ne présagent rien de bon pour des biens aux caractéristiques très spéciales. Ainsi, en mai dernier, Bercy a fini par autoriser la vente à la ville d’Arras, au prix d'un euro, d’immeubles domaniaux de la défense estimés à plus de 24 millions d’euros ! Un geste certes en faveur d’une collectivité touchée de plein fouet par les restructurations, mais qui jette un doute sérieux sur la réalité des prévisions de recettes immobilières du ministère pour les années à venir. Un parc immobilier non utilisé qui devrait encore grandir avec la décision prise de réduire le nombre de bases de défense à 50, au lieu des 85 initialement prévues.

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