23/03/2010
Remaniement

La Fonction publique migre rue de Grenelle, la Réforme de l’État reste à Bercy

AFP Bertrand Guay

Le rattachement de la Fonction publique au ministère du Travail montre la volonté du gouvernement de mener une réforme des retraites globale, incluant privé et public. La Réforme de l’État demeure dans le giron du ministère du Budget.


Après la sévère défaite de la majorité aux régionales, Nicolas Sarkozy a remanié son gouvernement le 22 mars, en procédant à des changements à la tête des ministères qui sont en première ligne dans les réformes à venir. Premier bénéficiaire : le député-maire UMP de Troyes, François Baroin. Ex-ministre de l’Intérieur de courte durée – de mars à mai 2007 – et ancien journaliste à Europe 1, cet avocat de 44 ans s’est installé dans le fauteuil du ministre du Budget et de la Réforme de l’État. Il aura la charge de gérer un budget plombé par les déficits et de tenter de revenir dans les clous imposés par Bruxelles d’ici 2013.

Étant donné les perspectives de croissance timides et le refus de l’Élysée d’augmenter les impôts, le nouveau ministre devrait continuer d’appuyer sur le frein des dépenses en poursuivant la réforme de l’État. L’alliance Budget-Réforme de l’État dans le même périmètre ministériel perdure depuis 2005. En prenant les rênes de ce ministère et des services dédiés précisément à la “modernisation”, la DGME en tête, François Baroin aura comme ligne directrice de son action le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Un comble pour celui qui, dans l’entre-deux tours des régionales, appelait à un gel de ce sacro-saint principe touchant de plein fouet les personnels de la police et de l’éducation nationale.

“Justice sociale”
Désormais la RGPP, c’est François Baroin, donc. Et non plus Éric Woerth. L’ex-ministre du Budget a fait ses cartons, direction la rue de Grenelle, où il prend les commandes du ministère du Travail. Auquel s’adjoignent la Solidarité et la Fonction publique. Celui qui a incarné la rigueur budgétaire devra se frotter à la souffrance au travail, récent cheval de bataille de Xavier Darcos, dont il prend la place. Mais son plus gros chantier sera sans nul doute la réforme des retraites, secteurs privé et public confondus. Les fonctionnaires, Éric Woerth les connaît bien. Après le départ d’André Santini en juin 2009, il avait récupéré dans son escarcelle la Fonction publique.

L’hésitation du président de la République à remettre en cause le calcul des pensions des agents de l’État sur les six derniers mois d’activité lui aurait été justement soufflée par son tout nouveau ministre. Sa nomination revêt donc une certaine logique. Même si le leader de la CFDT, François Chérèque, a prévenu que “si Éric Woerth ne mène qu’une réforme financière et non une réforme de justice sociale, ce sera difficile”. En remettant en place un secrétariat d’État à la Fonction publique, l’Élysée envoie un signal positif aux syndicats.

Xavier Sidaner

 

Georges Tron, le nouvel interlocuteur des fonctionnaires
Depuis le départ d’André Santini à la tête du secrétariat d’État à la Fonction publique, en juin 2009, les fonctionnaires se sentaient orphelins. Ils ne le sont plus depuis le dernier remaniement. Les syndicats et les fonctionnaires ont un nouvel interlocuteur : le député-maire UMP de Draveil (Essonne), Georges Tron. Décrit comme “inconnu au bataillon” par le leader de la CFDT, François Chérèque, ce député de 52 ans n’est pourtant pas un novice en la matière. Depuis 2009, il est rapporteur du budget “fonction publique” à la commission des finances de l’Assemblée nationale. Quatre ans auparavant, en 2005, c’est lui qui avait suggéré dans un rapport le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

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