27/04/2010
Justice

La PJJ version locale

Après s’être recentrée sur la prise en charge des mineurs, la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) revoit son organisation locale.


La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) affiche sa différence. La preuve : un décret du 2 mars a modifié l’organisation territoriale de ses services déconcentrés en créant neuf directions dites interrégionales, au lieu des quinze directions régionales usuelles. Des directions territoriales – et non départementales – complètent le dispositif. L’échelon territorial peut couvrir un ou plusieurs départements, voire une région administrative, comme en Franche-Comté. “Une organisation qui est le signe de la « reconcentration » à l’œuvre”, regrette Laurent Hervé, secrétaire général du syndicat Unsa à la PJJ. “Il s’agit de coller au plus près de la réalité des missions de notre administration sur le terrain”, répond le directeur de la PJJ, Philippe-Pierre Cabourdin, qui met en avant l’élaboration collégiale et concertée avec chacun des directeurs du projet national stratégique pour 2008-2011 du ministère de la Justice.

La leçon a été tirée du trop grand émiettement des structures dénoncé, ces dernières années, par la Cour des comptes. Les neuf directions interrégionales sont chargées de décliner les orientations stratégiques nationales de la place Vendôme, tout en regroupant les actions de gestion et d’évaluation. Les directions territoriales sont, quant à elles, chargées de la mise en œuvre opérationnelle de ces orientations sur le territoire. “Cette réorganisation va conduire inévitablement les agents à faire de plus grands déplacements”, pointe Laurent Hervé, le secrétaire général de l’Unsa à la PJJ.

Priorité au pénal

À l’automne dernier, les syndicats avaient souhaité le gel de la réorganisation. Celle-ci “conduit les éducateurs à se concentrer sur les mineurs délinquants en renvoyant les victimes de problèmes sociaux ou familiaux vers les conseils généraux”, selon Roland Ceccoti, cosecrétaire général du SNPES-PJJ. Un mouvement de recentrage de l’action de la PJJ au pénal a en effet été insufflé ces trois dernières années. “Ce virage a permis au ministère de renforcer ses missions éducatives en augmentant de 2 % ses personnels éducatifs depuis 2007”, met en avant la direction de la PJJ. Insuffisant pour faire taire le malaise. La directrice départementale d’Île-de-France l’avait exprimé de manière dramatique le 15 septembre dernier, en tentant de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. Dans un témoignage de dix pages, elle avait expliqué son geste par le désarroi ressenti dans une “administration en pleine mutation”.
Xavier Sidaner

Quatre missions essentielles
1 Rédiger les textes concernant les mineurs délinquants ou en danger
2 Apporter aux magistrats une aide permanente
3 Gérer 1 500 structures de placement
4 Assurer le suivi éducatif des mineurs en milieu carcéral

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