Infirmiers : le salaire ou la retraite

À partir de septembre, les 200 000 infirmiers de l’hôpital public devront choisir : rester en catégorie B ou basculer en catégorie A. Les syndicats dénoncent un “chantage”.
Lorsque le décret du gouvernement sera publié, normalement au cours de la première quinzaine de septembre, les quelque 200 000 infirmiers de l’hôpital public disposeront de six mois – jusqu’en mars 2011, donc – pour faire jouer leur “droit d’option”. Et choisir : rester en catégorie B, pour bénéficier d’une revalorisation salariale limitée – 434 euros annuels en début de carrière –, mais aussi d’un départ en retraite plus tôt – 55 ans aujourd’hui, mais l’âge sera progressivement allongé à 57 ans lorsque la réforme des retraites sera entrée en vigueur – ou passer en catégorie A, avec une revalorisation plus conséquente – 2 100 euros par an avant 2015 –, mais un départ en retraite à 60 ans (62 ans pour les infirmiers diplômés après 2012).
“C’est confus”
Le décret devait initialement paraître en août, mais le gouvernement s’est donné le temps pour être mieux compris, alors qu’un logiciel de simulation a été installé dans chaque établissement à destination des infirmiers. Salaires ou retraites ? Le gouvernement table sur un large basculement en catégorie A, “mais tout dépendra des situations personnelles”, remarquent, prudents, les syndicats. “Jusqu’à 48 ans, les infirmiers auront tout intérêt à passer en catégorie A, résume Denis Basset (FO Santé). Au-delà , ils devraient choisir de partir plus tôt en retraite et donc de rester en catégorie B.” “Nous attendrons l’aboutissement de la réforme générale des retraites avant de conseiller les agents, nuance Liliane Dassis (CFDT). Pour l’instant, c’est confus. Un travail d’explication sera nécessaire.”
De son côté, la CGT fustige “un chantage inadmissible” qui ne tient pas compte de la pénibilité de la profession : “Nous demandons depuis des années la revalorisation du métier d’infirmier justifiée par nos conditions d’exercice, martèle Nadine Prigent, secrétaire générale CGT-Santé. Travail à flux tendu, souvent de nuit et les jours fériés… Et voilà que cette revalorisation est injustement liée au départ en retraite. Cette réforme risque fortement d’inciter les infirmiers à quitter la fonction publique.” Réponse à partir de septembre.


















