24/05/2010
Innovation

Les pôles de compétitivité misent sur le vert

Catalyseurs de compétences et d’investissements, plusieurs pôles de compétitivité se mobilisent en faveur de la croissance verte. Coup de projecteur sur quatre d’entre eux.


Depuis 2004, le gouvernement français s’est engagé dans une politique de soutien à l’innovation technologique, via la création des pôles de compétitivité. Le principe ? Favoriser les synergies et les collaborations entre entreprises, organismes de recherche et collectivités territoriales sur un domaine de compétence commun avec des outils de financement et de gouvernance sur mesure. Moteurs de la croissance économique des territoires et de leur rayonnement national, voire international, on compte aujourd’hui 71 pôles de compétitivité. Une quinzaine se concentre spécifiquement sur le développement des “technologies vertes” : véhicules propres, bâtiments à énergie positive, énergies renouvelables, matériaux écoperformants, etc. Leur but ? Faire émerger les innovations clés de la croissance verte de demain.

Frein à la délocalisation

Dans le cadre du plan Ecotech 2012, un appel à candidature pour de nouveaux pôles écotechnologiques a été lancé. Il a débouché sur le dépôt de 19 propositions auprès des préfets de région. La labellisation des dossiers devrait aboutir au printemps 2010. Parallèlement, le Commissariat général au développement durable va lancer une vaste action de concertation entre les différents pôles de compétitivité “verts” afin de renforcer leurs coopérations.

Mais les pôles de compétitivité les plus tournés vers l’écologie n’en oublient pas pour autant les aspects économiques et sociaux. Les élus locaux ont en tête plusieurs préoccupations : valorisation du tissu économique, développement de l’emploi, attractivité des investissements, frein à la délocalisation... Tout cela doit être pris en compte pour que les collectivités territoriales s’investissent activement dans la vie des pôles et apportent des soutiens financiers conséquents. Un engagement ancré dans leur stratégie depuis de nombreuses années : la création des systèmes productifs locaux par la Datar en 1999, prémices des pôles de compétitivité, témoignait déjà de cette prise de conscience.

Anne Farthouat

 

Quatre pépinières d’innovations vertes

Axelera, la chimie verte à la française
Créé en 2005 par le groupe de chimie Arkema, le CNRS, l’Institut français du pétrole, Rhodia et Suez, Axelera catalyse aujourd’hui 525 millions d’euros d’investissements en Rhône-Alpes. Fort de ses 180 adhérents, dont 40 % de PME, ce pôle d’envergure internationale joue un rôle moteur dans la mutation de la “Vallée de la chimie”, misant sur la construction d’une filière industrielle respectueuse de l’environnement. Plus de 70 programmes de recherche et développement et une dizaine de projets d’implantations et d’équipements industriels ont vu le jour depuis 2005, en phase avec une volonté et une ambition portées par les collectivités territoriales. Axés sur la recyclabilité totale des matériaux, la préservation des ressources et des espaces naturels ou le développement de la chimie d’origine végétale, ces projets doivent assurer la création et le maintien de 4 000 emplois.

Derbi, les énergies renouvelables appliquées
Depuis sa labellisation en 2005, le pôle Derbi a développé une centaine de projets dans le domaine des énergies renouvelables appliquées au bâtiment et à l’industrie. Photovoltaïque, solaire thermodynamique, valorisation de la biomasse, stockage de l’énergie, bâtiments à énergie positive : les innovations fédèrent les 150 adhérents du pôle, parmi lesquels plus de 40 % de PME et une dizaine de collectivités territoriales. Impliquée dans le financement de ces projets, la région Languedoc-Roussillon déployait en 2008 le premier budget régional “énergies renouvelables par habitant”. Associé aux pôles Capenergies, S2E2 et Tennerdis, Derbi organise chaque année une conférence dédiée aux énergies renouvelables, un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs de la filière.

Mer Bretagne, valoriser les énergies maritimes
Le pôle Mer Bretagne, labellisé en 2005, associe dans la filière maritime plus de 220 entreprises (dont 177 d’origine bretonnes), des laboratoires publics et privés, les universités et les grandes écoles implantés en Bretagne. Très impliqué dans l’économie locale, Mer Bretagne implique directement près de 38 000 emplois industriels, autour de projets portant sur la sécurité et la sûreté maritimes, les technologies sous-marines, la réparation et la maintenance navales civiles et militaires, les ressources énergétiques marines, fossiles et renouvelables, les biotechnologies, la pêche et l’aquaculture, ou encore l’environnement et le génie côtier. Les pôles Mer Bretagne et Mer PACA mutualisent par ailleurs leurs compétences dans des projets collaboratifs d’envergure internationale, “pour promouvoir l’excellence maritime française”.

Génie Civil Écoconstruction, le bâtiment de demain
Fondé à Nantes en 2003 et labellisé en 2005, le pôle Génie CivilÉcoconstruction rassemble près de 80 membres : entreprises de construction, d’architecture, de conception, industriels, laboratoires de recherche et organismes de formation. Son objectif ? Répondre aux nouvelles attentes des marchés de la construction. S’appuyant sur plus de 100 000 emplois en Pays de la Loire, le pôle profite également du fort potentiel scientifique de la métropole Nantes Saint-Nazaire, qui concentre un tiers de la recherche publique française en matière de génie civil. Depuis 2005, 70 projets ont été labellisés. Parmi eux, le projet MI@EP, porté par un réseau d’architectes, thermiciens, chercheurs, maîtres d’ouvrage et promoteurs, a abouti à la construction de trois maisons à énergie positive dans un lotissement d’Ille-et-Vilaine.

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