“Les réductions d’effectifs s’appuient sur une analyse fine”

Le ministre de la Réforme de l'État réagit à l'enquête menée par l'institut Médiascopie.
Les cadres publics semblent désapprouver le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Que leur répondez-vous ?
Le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique est corrélé à l’évolution des méthodes de travail, comme le développement des démarches administratives en ligne, ou encore le transfert d’un certain nombre de compétences aux collectivités locales, ce qui permet à l’État de resserrer le nombre de ses fonctionnaires. Mais cette mesure est aussi nécessaire, car la situation budgétaire nous impose d’être particulièrement vigilants et responsables en matière de dépenses publiques.
Il est important de comprendre que ce principe ne s’applique pas de façon automatique. Les réductions d’effectifs s’appuient sur une analyse fine des priorités de l’État et portent d’abord sur les tâches effectuées en doublon ou ne relevant pas du cœur de métier de l’État. Au ministère de l’Intérieur par exemple, les suppressions portent majoritairement sur les fonctions support et sur les missions périphériques comme les gardes statiques ; la mission “sécurité” demeure la mission prioritaire.
Le “un sur deux” permet, par le reversement aux agents de la moitié des économies générées, de valoriser le travail de chacun d’entre eux. Ce principe a été attentivement respecté et le sera tout autant dans les prochaines années. Ainsi sur les 800 millions d’euros d’économies dégagées en 2009, 400 millions ont été reversés aux agents. Au ministère de l’Éducation nationale, une prime de 1 500 euros “d’entrée dans le métier” a été créée.
Les cadres publics paraissent sensibles aux mesures d’économies symboliques (réforme des retraites des parlementaires, réduction des dépenses de l’Élysée, etc.). Qu’en pensez-vous ?
Les économies sur le train de vie constituent indéniablement un volet emblématique de la réforme de l’État, même si les enjeux financiers sont limités. J’attache beaucoup d’importance à ce que l’État soit exemplaire et prenne ses responsabilités. Nous travaillons sur plusieurs fronts : non renouvellement de deux voitures sur trois, limitation des logements de fonction aux agents qui en ont vraiment besoin parce que mobilisables jour et nuit, réduction des loyers payés par l’État grâce à des déménagements dans des zones où l’immobilier coûte moins cher. Mais ces mesures emblématiques ne doivent pas faire oublier la nécessité d’un effort d’économies concernant les principaux postes de dépenses de l’État, c’est-à-dire la masse salariale ou les dépenses d’intervention.
Propos recueillis par Laurent Fargues
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