25/02/2010
Culture

Des directions resserrées

La réorganisation de l’administration centrale du ministère de la Culture a abouti cette année. Sur fond d’économies.


Fréderic Mitterrand est un ministre gâté. Quelques mois après son arrivée rue de Valois, non seulement les réserves de crédits budgétaires ont été levées, mais il bénéficie aussi d’une administration renouvelée. Dix-huit mois de travaux auront été nécessaires pour parvenir à recentrer les missions du ministère autour de trois grandes directions centrales – au lieu de dix initialement – et d’un secrétariat général rénové. Un “outil administratif modernisé”, selon l’expression du ministre. Axé sur trois missions : le patrimoine, la création artistique et les médias.

Le travail de préfiguration a été mené par les trois directeurs et le secrétaire général lui-même. Tous reconduits dans leurs fonctions, à l’exception notable de Michel Clément, en charge du patrimoine, parti à la Cour des comptes. Les deux autres ex-directeurs, tout en gardant leurs avantages, ont obtenu un poste d’adjoint. Plus bas dans l’échelle, nombreux sont les fonctionnaires qui sont partis avec un pécule en poche ou dans un établissement culturel. Le mouvement de réorganisation n’a épargné personne. Près de 300 postes en administration centrale ont été rouverts. Comme l’explique Guillaume Boudy, secrétaire général et grand artisan de cette refonte : “Il n’était pas question de restreindre la fusion à un tel poste ou tel poste et d’épargner d’autres services.”

249 postes supprimés

Les fonctions supports, rationalisées, ont été rattachées aux directions opérationnelles. Grâce à cette nouvelle architecture, le ministère espère faire des économies. En deux ans, l’administration centrale devrait perdre 249 agents. Soit une baisse de 15 % des effectifs ! Une réduction qui aura des conséquences immobilières. Les agents devraient être regroupés sur un nombre réduit de sites pour rentrer dans le cadre du schéma immobilier arrêté par Bercy. Montré du doigt comme piètre gestionnaire de son patrimoine immobilier, le ministère a vendu deux hôtels particuliers pour 70 millions d’euros. Une somme qui devrait en partie servir à “densifier” le site de la rue des Bons enfants, dans le Ier arrondissement, qui pourrait accueillir une centaine d’agents supplémentaires. À deux pas du siège historique de la rue de Valois, où se concentrent ministre, cabinet et inspection des services. Avec vue sur les colonnes de Buren. Fraîchement rénovées elles aussi.
Xavier Sidaner

Deux hĂ´tels particuliers vendus
Deux sites prestigieux appartenant au ministère de la Culture ont été vendus depuis 2006. Le premier, l’hôtel Vigny et Croisilles, situé dans le Marais, abritait une photothèque et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, qui ont récemment été déplacées à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Le second, l’hôtel Kinsky, qui abritait les services administratifs de la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, proche de la rue Saint-Dominique dans le VIIe arrondissement, était propriété de l’administration depuis 1945.

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