Le réseau du Médiateur

Le Médiateur de la République lance un site de débats sur les droits et les relations des Français vis-à-vis de leur administration. Une forme de réseau social en ligne complémentaire de la saisine.
Un débat sur les conditions de garde à vue ou la maltraitance à l’hôpital, une question sur les droits en matière de surendettement, une proposition de loi pour favoriser la résidence alternée des enfants… Tous ces sujets ont été lancés par les internautes sur la toute nouvelle plateforme en ligne du Médiateur de la République, inaugurée le 10 février*. De quoi s’agit-il ? D’une sorte de réseau social en ligne, divisé en grandes thématiques (famille, santé, police-justice…) où les participants, anonymes ou non, discutent de leurs droits, se répondent entre eux et formulent des propositions pour améliorer le fonctionnement de l’administration. Pour donner de la hauteur à ces échanges et apporter un éclairage technique, une quarantaine d’"experts" internes ou externes à l’institution (juristes, responsables associatifs, professeurs) interviennent dans leurs spécialités. Jean-Paul Delevoye, le Médiateur, pointe même son nez dans quelques conversations.
L’investissement dans ce nouvel outil – dont la conception a été confiée à l’agence Peppercube – s’élève à 40 000 euros. Un coût relativement modéré, d’autant que, pour le faire tourner, le Médiateur n’a pas recruté : une chargée de communication s’occupe de mobiliser les experts et d’assurer la modération. Concernant la promotion, Jean-Paul Delevoye compte sur les portails du gouvernement, ainsi que sur ses nouvelles pages Twitter et FaceBook. L’ambition du site est d’améliorer la défense des droits. Jean-Paul Delevoye espère aussi faire émerger de nouvelles idées. “Il existe dans la société des trésors d’inventivité pour améliorer l’administration, notamment chez les fonctionnaires, qui ne s’expriment pas pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec leur hiérarchie”, assure-t-il.
Conçue comme un “lieu d’échanges et de réflexion”, la plateforme se veut donc distincte de la procédure classique de sollicitation du Médiateur par les citoyens. Mais la frontière est parfois floue. Déjà, plusieurs messages d’internautes concernant des litiges très personnels sont apparus, ce qui amène le modérateur à renvoyer vers le formulaire de saisine. D’autres utilisent le site pour des demandes d’informations basiques, ce qui n’est pas non plus son rôle premier. “Le site « Service-public.fr » est là pour ça”, rappelle une porte-parole du Médiateur.
Mais si certaines réclamations d’internautes n’obtiennent pas de réponse immédiate, elles ne resteront pas lettre morte. Le Médiateur s’en inspirera pour déclencher des enquêtes, via ses 300 délégués régionaux. Il pourra aussi saisir le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État ou l’Académie de médecine sur certains sujets et, in fine, proposer des réformes et des modifications législatives. Des synthèses des débats seront enfin envoyées à la presse tous les quinze jours. Une sorte de baromètre des préoccupations dans l’air du temps.
Jessica Gourdon
* www.lemediateuretvous.fr
Le Médiateur, c’est…
Un budget annuel de 11 millions d’euros en 2009
100 salariés à Paris, dont 80 juristes
70 000 dossiers traités en 2009
300 délégués en France, mobilisés un jour par semaine au minimum


















