“J’ai obtenu l’autorisation de la Commission sans aucune restriction”

Pointé du doigt dans le rapport 2011 de l’association Alter EU, l’ancien responsable du partenariat avec les pays de l’Est de la Commission européenne, le Français Bruno Dethomas, aujourd’hui au cabinet de lobbying G + Europe, s’explique.
Que répondez-vous au rapport d’Alter EU qui vous cite ?
Je ne travaille ni pour Gazprom Export ni pour la fédération de Russie, qui sont les deux clients russes de l’agence G + Europe. De toute façon, nous ne faisons que des relations presse pour eux. Pas de politique. Il aurait suffi qu’Alter UE, qui m’a mis en cause sans jamais avoir pris la peine de me contacter, m’interroge. Je leur aurais répondu.
Je ne m’occupe que de quelques clients français : Prolea sur les biocarburants, la Française des jeux sur la question des jeux en ligne et un peu de think tanks sur la défense. C’est-à-dire des sujets sur lesquels je n’ai pas travaillé ces deux dernières années à la Commission européenne.
Ils vous ont tout de même embauché pour votre connaissance des rouages européens…
Bien sûr. Dans l’agence, les consultants ont une moyenne d’âge de 32 ans. Ils ont l’énergie mais pas l’expérience du fonctionnement de la Commission européenne. Je suis parfaitement conscient que c’est pour ma connaissance globale des institutions que je suis là. Pour tout vous dire, je travaille un peu plus d’une dizaine d’heures par semaine pour eux. Je fournis des conseils aux jeunes consultants, je leur explique comment fonctionne la machine.
Que vous a demandé la Commission européenne quand vous avez quitté votre poste ?
Conformément aux textes, je leur ai indiqué dans quelle société j’allais travailler et les activités que j’allais exercer. J’ai obtenu l’autorisation de la Commission sans aucune restriction. Ce n’est pas à 67 ans que je vais commencer à faire des bêtises ! Je ne suis pas idiot, jamais un ancien ambassadeur européen ne s’amuserait à franchir la ligne blanche.
Le rapport d’Alter EU parle de risque de conflit d’intérêts…
Le conflit d’intérêts intervient quand, en ligne directe, on utilise une porte pour aller vers une autre. Je le répète, ce n’est pas du tout mon cas.
Sur 201 cas de fonctionnaires qui sont partis dans le privé ces deux dernières années, une seule demande a été refusée.
Trouvez-vous que la Commission fait bien son travail ?
Il y a des règles de bon sens à appliquer. Qu’il y ait des contrôles ne me choque pas. Je trouverais normal que la Commission européenne regarde chaque situation de plus près. Mais aller jusqu’à interdire à tout fonctionnaire européen de travailler comme lobbyiste pendant deux ans, comme le propose Alter EU, ne me paraît pas répondre au bon sens élémentaire.
Propos recueillis par Jean-Bernard Gallois
Lire aussi :
La Commission européenne mal à l'aise avec le pantouflage


















