28/09/2010
International

Les portails étrangers au banc d’essai

Quantité de données disponibles, applications utilisées, communauté concernée… Comparatif des quatre portails des pays les plus avancés en matière d’open data.


Par Antoine Laurent

Royaume-Uni : http://www.data.gov.uk
Le plus ambitieux

Note : 8/10

Appréciation
Ce portail est l’un des projets les plus ambitieux lancés à l’heure actuelle. Conçu par une équipe mêlant universitaires et techniciens, dont le médiatique Tim Berners-Lee (lire son portrait), il est lancé le 19 janvier 2010 avec plus de 1 100 ensembles de données (il y en a plus de 7 200 aujourd’hui), déjà mises en forme. Ses fonctionnalités sont orientées vers la réutilisation libre et la participation des utilisateurs, avec la possibilité de soumettre des idées de réutilisation, des applications créées à partir des données. L’accent technologique est également très fort. L’équipe de Tim Berners-Lee a pensé la publication des données de manière à les organiser en réseau, selon les principes Linked Data, visant à faciliter la recherche avec des liens thématiques entre les données. La licence sous laquelle elles sont proposées est sans restriction quant à la réutilisation, qu’elle soit commerciale ou non, mais se décharge de la qualité des données et de toute garantie de livraison.

Caractéristiques
Nombre d’ensembles de données : 7 211
Formats disponibles : CSV, XML, KML, SPH, autres
Données centralisées : Oui
Licences : libre, sans garantie sur le contenu ni la livraison
Visualisations, applications : galerie d’applications et de visualisation
Communauté : forum, wiki, blog

 

États-Unis : http://www.data.gov
Le plus pédagogique

Note : 7/10

Appréciation
Tout premier portail de ce genre, Data.gov est lancé par le gouvernement des États-Unis le 22 mai 2009. Il est présenté par l’administration Obama comme faisant partie intégrante de la démarche d’ouverture du gouvernement pour plus de transparence. Lors de son ouverture, il incluait seulement 47 ensembles de données, ce qui a beaucoup déçu à l’époque. Ce nombre a depuis été porté à près de 2 500. Le site accompagne chaque ensemble de données d’une notice descriptive, afin de faciliter la consultation, l’interprétation et la réutilisation par le citoyen novice. Il rassemble également des exemples d’applications et d’outils mis en place à partir d’ensembles de données et encourage à la créativité à travers les concours “Apps for America”, organisés en partenariat avec la fondation Sunlight, organisation militant pour la transparence.

Caractéristiques
Nombre d’ensembles de données : 2 117
Formats disponibles : CSV, XML, KML, SPH, dont la majorité en CSV
Données centralisées : oui
Licences : libre, sans garantie sur le contenu
Visualisation, applications : galeries d’applications et de visualisation
Communauté : Non

 

Nouvelle-Zélande : http://www.data.govt.nz/
Le plus brouillon

Note : 6/10

Appréciation
Le portail néo-zélandais a été lancé peu après celui des États-Unis. Un lancement rapide, mais dans une version en cours de développement (“bêta”), avec un contenu qui est plus un catalogue de liens vers les données contenues sur les sites des différentes administrations qu’une réelle centralisation des données. Le site renvoie vers 335 ensembles de données, publiés sous un ensemble de licences libres néo-zélandaises (Creative commons), dont le choix est laissé aux administrations. L’utilisation commerciale n’est pas toujours possible et il est recommandé de contacter chaque administration pour des précisions quant à l’utilisation. Le site annonce des révisions et amélioration futures quant à l’ergonomie et à la standardisation des données. Tout ceci donne l’impression d’un lancement un peu prématuré.

Caractéristiques
Nombre d’ensembles de données : 335
Formats disponibles : CSV, feuille de calcul, SPH, XML, mais souvent dans un format “autre”
Données centralisées : non
Licences : Creative commons 3.0, Nouvelle-Zélande
Visualisations, applications : non
Communauté : Forum

 

Australie : http://data.australia.gov.au/
Le plus décevant

Note : 5/10

Appréciation
Le portail australien est toujours en version “bêta” (non finalisée). Il participe de la volonté politique australienne de se montrer actif dans le domaine des nouvelles technologies, souvent avec succès, mais dans le cas présent, c’est décevant. La version bêta est très peu avancée, le site ne présente que peu de fonctionnalités et les ensembles de données se limitent à des données pratiques très consensuelles, ce qui ne pose pas de problème lorsque l’architecture du site est prometteuse… ce qui n’est pas le cas ici.

Caractéristiques
Nombre d’ensembles de données : 72
Formats disponibles : CSV, TXT, XLS, JPG
Données centralisées : non
Licences : Creative commons 3.0, Australie
Visualisations, applications : non
Communauté : non

 

Les critères de la notation
Seuls quatre pays se sont dotés d’un portail centralisant leurs données publiques : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Loin d’être identiques, ils ont tous leurs particularités, qui correspondent à la vision politique de l’ouverture des données dans chaque pays. Acteurs publics a passé au crible ces quatre sites à la lumière de six critères : la quantité de données disponible ; les formats dans lesquels ces données sont accessibles ; leur mode de stockage (centralisé ou non) ; les licences associées aux données et permettant leur réutilisation ; la présence d’exemples d’utilisation des données ; et enfin, la présence d’une fonction communautaire du portail. À l’issue de cette étude, les portails britannique et américain sortent en tête, devant les projets moins aboutis de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Un point commun cependant : les quatre pays ont opté, au moins partiellement, pour les licences libres, qui imposent des conditions d’utilisation, mais pas de tarif.

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