30/04/2009
Économie

En première ligne face à la crise

En cette période difficile, le ministère de l’Économie attend des préfets qu’ils jouent un rôle de vigies au plus près du terrain. Ce qui inclut le suivi des entreprises en difficultés. Avec l’aide précieuse des trésoriers-payeurs généraux.


"Je vous ai réunis parce que vous êtes l’État et que vous avez en ce moment la responsabilité d’incarner la stabilité, d’assurer la continuité, de rassurer les acteurs économiques." Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy le 30 octobre devant un aréopage de préfets et de trésoriers-payeurs généraux, mobilisés pour faire face à la crise. De mémoire de hauts fonctionnaires, c’est la première fois qu’une telle convocation avait lieu. Pour les agents du Trésor, plus accoutumés aux circulaires et instructions écrites, la surprise fut de taille.

L’allocution présidentielle pousse les préfets à monter en première ligne. Ceux-ci sont d’ailleurs des habitués de la gestion de crise. Même si la crise qui les occupe aujourd’hui se distingue quelque peu des troubles à l’ordre public ou des catastrophes naturelles, dont ils sont plus familiers. À catastrophe nouvelle, dispositif nouveau. Pas de plan Orsec ou de plan rouge monté à la hâte. Les préfets mobilisent l’ensemble de leurs services pour faire front et se montrer "réactifs, réceptifs, mobilisateurs", comme l’appelle de ses vœux le Président. "Dans les deux jours qui ont suivi le discours du chef de l’État, nous avons eu notre première réunion avec le préfet", souligne Claude Reisman, trésorière du Nord. Idem en Moselle et dans de nombreux départements.

Secondés par les trésoriers-payeurs généraux, les préfets ont été conviés, par circulaire cette fois, à monter très vite des comités de suivi de gestion de la crise et des comités départementaux de financement de l’économie. Les deux structures associent tous les acteurs socio-économiques locaux (lire pages suivantes) dans des réunions hebdomadaires ou mensuelles. L’objectif ? "Apprécier le degré d’engagement effectif des banques dans le financement pour les entreprises du département", selon les mots d’Éric Woerth, ministre du Budget, lors d’un déplacement dans la Somme en novembre.

Chef d’orchestre
Ce n’est pas tout. Les représentants de l’État doivent aussi assurer un suivi personnalisé des réponses apportées par les banques aux demandes de crédits des entreprises. Sans oublier le suivi des programmes d’investissements publics du plan de relance gouvernemental et la réduction des délais de paiement de l’État aux entreprises. Des tâches lourdes et délicates mais facilitées par l’expérience financière des trésoreries en la matière. Elles s’appuient sur deux structures : le comité départemental d’examen des problèmes de financement des entreprises (Codefi) et la commission des chefs de service financiers. Deux organismes particulièrement compétents pour tout ce qui touche à l’endettement et aux restructurations des entreprises.

Avec l’ensemble de ce dispositif temporaire ou permanent, l’État compte bien insuffler le dynamisme nécessaire auprès de tous ses partenaires traditionnels (Oséo, Caisse des dépôts et consignations, etc.). Sans pour autant leur mettre le couteau sous la gorge. "Faire les gros yeux ne servirait à rien", s’exclame Claude Reisman, pour qui "le chef d’orchestre est le préfet et le premier violon, le trésorier-payeur général". "Chacun doit jouer sa partition. Si les cors ne jouent pas la leur, la symphonie ne donne pas", ajoute-t-elle. Pourvu qu’il n’y ait pas trop de fausses notes…

Xavier Sidaner

L’État conciliant sur les délais de paiement

Pour compenser les difficultés de trésorerie des entreprises, l’État a pris, dès octobre, le parti de consentir aux entreprises des délais de paiement supplémentaires de leurs cotisations sociales à l’Urssaf. Preuve de cette clémence : en février 2009, plus de 12.300 demandes de délais ont été acceptées, soit le double du niveau atteint en février 2008. Dans le même sens, depuis octobre, 6.000 à 7.000 entreprises ont bénéficié, chaque mois, de plans d’étalement d’impôts de la part de la direction générale des finances publiques, contre 1.500 par mois en moyenne auparavant.

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