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30/06/2009

La présence française repensée

Le ministère des Affaires étrangères est en pleine effervescence. La réforme s’invite dans tous ses domaines de compétences et même au-delà, via les réseaux des autres administrations à l’étranger. Pas toujours facile de réformer quand les mesures touchent une multiplicité d’acteurs en France et en dehors de nos frontières, mais aussi des intérêts stratégiques difficilement quantifiables.


Les axes prioritaires

1. La refonte des réseaux diplomatiques
Sur le papier, l’objectif est clair : il est prévu un redéploiement des ambassades et de leurs effectifs en fonction de l’importance stratégique des pays où elles se trouvent. Trois types de représentations cohabiteront dans ce nouveau schéma : une trentaine d’ambassades à missions élargies, d’autres à missions prioritaires et enfin une trentaine à missions spécifiques. Ces dernières étant appelées à devenir de simples "postes de présence diplomatiques".
Dans la pratique, la réorganisation requiert du doigté tant en interne qu’en externe, agents et pays étrangers pouvant en prendre ombrage. Selon la CFDT, la réforme prépare la fin de l’universalité du réseau et les personnels vont se disperser encore plus dans des travaux difficilement quantifiables. La logique de réorganisation des missions des postes requiert des négociations avec les différents partenaires du Quai d’Orsay : "Nous sommes en train de fixer les missions de chaque poste avec les ministères qui disposent de réseaux à l’étranger et avec les ambassadeurs", explique Alain Le Gourrierec, conseiller diplomatique du gouvernement. Une discussion destinée à mettre d’accord des interlocuteurs aux priorités différentes. Défense, Économie ou Culture ne réorganisent pas toujours leurs services à l’étranger de gaieté de cœur.

2. La direction générale de la mondialisation
Au niveau de l’administration centrale, la principale nouveauté réside dans la création d’une direction de la mondialisation, du développement et des partenariats. Ambition affichée : créer une direction transversale, capable d’appréhender les grands problèmes mondiaux tels que l’eau, l’énergie ou encore les nouveaux types de conflits. Décision d’autant plus symbolique qu’elle s’accompagne d’un regroupement de l’ensemble des personnels dans les anciens bâtiments de l’Imprimerie nationale, rue de la Convention à Paris. "C’est encore un corps creux, estime un représentant de la CFDT à propos de la nouvelle direction. On ne connaît pas les moyens ni les tutelles sur des organismes comme l’Agence France développement." Accusation réfutée par un représentant du ministère : "La structure est en place, les décrets et les arrêtés ont été pris." La nomination des fonctionnaires est en cours. Selon le ministère, la structure devrait fonctionner à plein régime à la rentrée. Les grands enjeux mondiaux n’attendront pas.

3. L’action culturelle remise à plat
Autre chantier clé : la refonte de l’influence culturelle à l’étranger. Si le pilotage stratégique doit revenir à la direction générale à la mondialisation, c’est l’opérateur Cultures France qui sera chargé concrètement des échanges culturels. Les contours de cette nouvelle agence sont en cours de définition : une mission de préfiguration devra rendre ses propositions cet été. D’ores et déjà, on sait que l’opérateur aura le statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), qu’il répondra à un contrat d’objectifs fixé par le ministère et qu’il interviendra par exemple sur les appels d’offres étrangers, à l’instar des British Council ou Institut Goethe.
Dans les postes diplomatiques, l’Institut français est en passe de devenir l’interlocuteur unique sur les questions culturelles en se rapprochant des services culturels des ambassades. Il pourra mélanger sur le terrain les fonds français et étrangers pour le montage de projets. La CFDT parle de "tergiversations et d’improvisations" en évoquant cette réorganisation de l’action culturelle de la France. Quant à Daniel Vazeille, de la CGT, il voit surtout dans la démarche de délégation des tâches culturelles à ces organismes la poursuite du démantèlement de l’action culturelle et de coopération du ministère des Affaires étrangères.

Andy David

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