Pierre Martin : "Ne rien changer dans la répartition entre entreprises et particuliers"
Pierre Martin, président de l’Union professionnelle artisanale (UPA)
Quelle doit être la priorité de la réforme de la fiscalité locale ?
Je suis très gêné pour vous donner une réponse franche et tranchée, dans la mesure où je ne connais pas les mesures concrètes qui ressortiront des réflexions en cours. Si la taxe professionnelle devait être supprimée, comme le réclament les PME et les grands groupes, il est certain que cette suppression sera compensée. On parle d’une taxe carbone ou de la hausse de la TVA… Je crains surtout que les ménages et les artisans ne mettent, une fois de plus, la main au portefeuille. Je ne conteste pas le fait que nos professions soient mises à contribution, puisque nous profitons des services publics et que nous sommes attachés aux collectivités locales avec lesquelles nous travaillons. Il faut cependant que cette contribution soit raisonnable. Par conséquent, nous restons attentifs à cette réforme.
Les collectivités doivent-elles avoir la maîtrise des impôts locaux ?
J’estime que l’intervention de l’État doit être limitée au seul contrôle de légalité et que l’autonomie des collectivités locales doit être une réalité. Cette autonomie constitue un réel gage de démocratie : si la municipalité vient à appliquer un taux trop élevé ou bien à déterminer une politique fiscale inadaptée, la sanction du vote peut intervenir. D’un point de vue strictement fiscal, la taxe professionnelle unique telle qu’elle est prélevée par les intercommunalités me semble un bon système. Elle évite le dumping entre communes et permet un meilleur développement des territoires. D’une manière générale, je pense que l’intercommunalité représente l’échelon le plus pertinent et le plus cohérent pour le développement économique.
Faut-il modifier la répartition de la charge fiscale entre particuliers et entreprises ?
Je serais tenté de répondre : statu quo. Dans le contexte de crise économique, il sera difficile d’accroître la charge sur les ménages et sur les entreprises, au risque d’hypothéquer la relance. Notre souhait est d’aller vers un allègement des contributions. En ce sens, la réforme de 2003, qui supprimait la part "masse salariale" du calcul de la taxe professionnelle, avait été une vraie bouffée d’oxygène.


















