Thierry Carcenac : "Une vraie autonomie assortie d’une péréquation"
Thierry Carcenac, président PS du conseil général du Tarn
Quelle doit être la priorité de la réforme de la fiscalité locale ?
La fiscalité locale que nous connaissons est obsolète. Elle a été aménagée de nombreuses fois : les valeurs locatives cadastrales sont d’un autre âge, la taxe professionnelle est contre-productive. Il faut une remise à plat. Les présidents des associations d’élus locaux (AMF, ADF, ARF) l’ont demandée au Conseil économique et social. Il en est ressorti le rapport Valletoux, qui est une bonne base de discussion.
Les collectivités doivent-elles avoir la maîtrise des impôts locaux ?
L’autonomie financière des collectivités territoriales fait débat et est un sujet d’incompréhension entre l’État et les collectivités territoriales, puisque des ressources financières comme la TIPP et la taxe sur les assurances ont été transférées aux collectivités territoriales sans possibilité d’action sur les taux. Il conviendrait qu’existe une vraie autonomie fiscale assortie d’une péréquation entre l’État et les collectivités territoriales, afin de tendre vers une égalité de situation des ressources pour assumer les charges transférées ou mises à la charge des collectivités par décision nationale.
Faut-il modifier la répartition actuelle de la charge fiscale locale entre particuliers et entreprises ?
Il convient qu’entreprises et particuliers participent au financement des collectivités territoriales. Ces dernières années, le poids de la fiscalité locale sur les entreprises a eu tendance à se réduire. Par ailleurs, l’État prend en charge directement 40 % de la taxe professionnelle. Il faut un impôt économique sur les entreprises en lien direct avec le territoire. Les collectivités locales participent à l’aménagement des zones d’activité, des infrastructures, à la formation des hommes et à l’aménagement du territoire. Toutes les entreprises ne sont pas délocalisables et ont même du mal à trouver un espace pour les accueillir. Il faut une vraie volonté et arrêter de dire que les impôts sont trop lourds. Des élus responsables devant la population sont aptes à faire des choix et chacun, particulier ou entreprise, doit participer à l’intérêt général.


















