La “survie” du Quai d’Orsay

Alors que les critiques affluent pour dénoncer les réductions d’effectifs au Quai d'Orsay, le ministre, Bernard Kouchner, assure avoir “combattu pour la survie” de celui-ci.
À l’occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs, le 26 août, Bernard Kouchner s’est défendu des critiques “répétées, parfois un peu lourdes” sur le manque de moyens de son ministère. Dans une tribune parue dans Le Monde du 25 août, trois anciens secrétaires généraux du Quai d’Orsay, François Scheer, Bertrand Dufourcq et Loïc Hennekinne, ont en effet regretté que “l’outil s’amenuise d’année en année jusqu’à parvenir à un point critique”.
Fustigeant “l’aveuglement” dans les baisses de crédits et d’effectifs imposées par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), les trois anciens secrétaires généraux remarquent que le budget du Quai d’Orsay représente “moins de 0,2 % du PIB” et que “ses 140 centres culturels à travers le monde fonctionnent grâce à une dotation comparable à celle du seul Opéra de Paris”.
Début juillet, déjà, deux anciens ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, avaient appelé à arrêter “l’affaiblissement sans précédent des réseaux diplomatiques et culturels de la France”.
700 postes supprimés
De fait, en vingt ans, les effectifs du ministère ont été réduits de 20 %. Et encore 700 postes – sur un total de 16 000 agents – doivent être supprimés entre 2009 et 2011. Soit trois suppressions pour quatre départs à la retraite : bien davantage que la règle du “un sur deux”. Face à ces chiffres, Bernard Kouchner répond en rappelant sa loi adoptée en juillet portant création de l’Institut français, chargé de mieux coordonner l’action culturelle à l’étranger. “Il faut lui donner les moyens de sa légitimité”, a-t-il martelé, observant que cette réforme du “soft power” est “peut-être le plus grand chantier et le plus difficile”.
Intervenant lui aussi lors de la conférence des ambassadeurs le 26 août, le Premier ministre François Fillon a, de son côté, salué les réformes engagées depuis trois ans au Quai d’Orsay. Elles permettront, a-t-il affirmé, “de garantir le rôle pilote du ministère dans la conduite de la politique extérieure de la France”. Mais il a aussi tenu à rassurer les ambassadeurs : “Mon objectif, c’est que les réductions d’effectifs décidées pour la deuxième phase de la RGPP préservent le cœur du réseau diplomatique et consulaire.”


















