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À l’Éducation, Jean-Michel Blanquer joue à fond la carte “spoils system” (2/3)

Les ministres se sont approprié diversement la logique du renouvellement de leurs directeurs d’administration. Si le patron de l’Éducation nationale a fait le ménage dans son ministère, sa collègue de la Culture a maintenu un quasi statu quo. Focus sur ces deux ministères et deuxième volet de notre enquête sur le spoils system version Macron.

05/04/2018 | ACTUALITÉ

Un grand ménage effectué rapidement. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ancien directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) sous la Présidence Sarkozy, a appliqué pleinement la logique du spoils system, selon notre enquête réalisée à partir des comptes rendus des Conseils des ministres intervenus au sein du petit monde des DAC entre le 15 mai et le 31 décembre 2017. Soit les six premiers mois de mandat. S’il s’est laissé un peu de temps pour statuer sur les recteurs (11 ont été nommés mi-février), Jean-Michel Blanquer, ancien patron de l’Essec n’a pas traîné pour renouveler les postes clés de la Rue de Grenelle dès les premiers mois. Pour certaines sources, deux facteurs expliquent cette stratégie : des tensions dans l’équipe du tout début et une volonté du ministre de s’entourer de directeurs engagés à ses côtés pour toute la durée du quinquennat, ce qui posait de facto la question des directeurs déjà en place. Dès le mois d’août, il nomme un nouveau Dgesco, Jean-Marc Huart, l’un de ses anciens sous-directeurs à cette direction. Cet inspecteur général de l’éducation nationale de 50 ans, ancien membre du cabinet de Xavier Darcos à ce ministère, agrégé de sciences économiques et sociales, accédait ainsi à son premier poste de directeur. Le ministre Blanquer, agrégé de droit public, a ensuite poursuivi son mercato en embauchant 3 juristes issus du Conseil d’État et assez politiques. La nomination du directeur général des ressources humaines a surpris tant l’heureux élu, Édouard Geffray, membre du Conseil d’État et ex-secrétaire général de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, n’était pas connu pour son expertise des grandes masses ministérielles. L’ex-directeur de cabinet de l’éphémère garde des Sceaux François Bayrou se voyait attribuer là son premier poste de DAC. Pour la direction des affaires juridiques, Jean-Michel Blanquer a opté pour une autre membre du Conseil d’État, Natacha Chicot, qui prend elle aussi son premier poste de directrice. Issue du concours interne de l’ENA, cette ex-secrétaire générale adjointe du Palais-Royal passe pour une proche du Premier ministre, Édouard Philippe, avec lequel elle a siégé jusqu’au début de l'année 2018 au conseil municipal du Havre. Pour l’épauler au milieu de ces primo-directeurs, le ministre a enfin recruté une secrétaire générale expérimentée, puisée à gauche cette fois-ci : Marie-Anne Lévêque. Ex-DRH de l’État et fine politique, cette ancienne conseillère de Lionel Jospin et de Jean-Marc Ayrault formée sur les bancs de l’ENA avait rejoint le Conseil d’État au tour extérieur en 2015. Quasi statu quo rue de Valois Logique tout autre, en revanche, au ministère de la Culture. Incarnation de l’ouverture à la société civile, la ministre de la Culture, François Nyssen, n’a coupé aucune tête à son arrivée rue de Valois. Tout juste a-t-elle pourvu le poste clé de secrétaire général du ministère en nommant Hervé Barbaret, magistrat de la Rue Cambon et ancien patron du Mobilier national. Il s’agissait de remplacer Christopher Miles, nommé le 4 mai directeur général délégué du Palais de Tokyo. Pour le reste, l’ancienne éditrice a maintenu les autres directeurs : Régine Hatchondo, directrice générale de la création artistique et ancienne conseillère de Manuel Valls à Matignon, le directeur général des patrimoines, Vincent Berjot, ancien hiérarque de la direction du budget à Bercy passé par la ville de Paris, l’ancien dirigeant de Radio France et de France Télévisions Martin Adjari (directeur général des médias et des industries culturelles) et le délégué général à la langue française et aux langues de France, l’universitaire Loïc Depecker. Deux postes sont à pouvoir parmi les “directeurs bis” après les départs en février-mars, au sein de la direction générale des patrimoines, du directeur chargé des Archives de France (en place depuis huit ans) et celui de la directrice, chargée des musées (en place depuis dix ans). En revanche, la ministre, très mobilisée par une réforme de l’audiovisuel public à l’accouchement douloureux, a déjà changé son directeur de cabinet et plusieurs de ses conseillers.


Le rapport Villani met l’accent sur le renforcement de la recherche

Le député Cédric Villani a présenté, lors d’un sommet au Collège de France, le 29 mars, son rapport final sur l’intelligence artificielle (IA). Le gouvernement veut “tracer une voie européenne de l’IA” en créant une filière d’excellence à la française et en anticipant les bouleversements du monde du travail.

29/03/2018 | ACTUALITÉ

La France fait non seulement face à une pénurie d’ingénieurs formés aux technologies d’intelligence artificielle (IA), mais aussi à une fuite des cerveaux et à une incapacité à transférer les fruits de la recherche dans l’industrie, déplore Cédric Villani, dans le rapport sur l’IA que lui a commandé le Premier ministre, Édouard Philippe, en septembre 2017. Faute de salaires et d’opportunités à la hauteur des attentes des ingénieurs, nombre d’entre eux quittent en effet l’Hexagone pour rejoindre des entreprises américaines. Dans le rapport, le député de l’Essonne et ses collègues exposent plusieurs pistes pour relancer l’innovation française et anticiper les impacts de l’IA sur l’emploi.   Redorer la recherche publique “Un minimum de doublement des salaires de début de carrière est indispensable sous peine de voir se tarir définitivement le flux de jeunes prêts à s’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche académique.” Tel est le constat posé dans le rapport Villani. L’un des impératifs premiers consiste donc à rendre la recherche publique attractive. S’il n’entend pas voir la France rivaliser avec les géants américains du numérique, le député souhaite la rendre plus attractive vis-à-vis des chercheurs étrangers ou français expatriés au moyen d’une aide financière, d’une augmentation des salaires ou encore d’une aide à la mobilité internationale afin de créer “des incitations à émigrer, même si c’est pour mieux revenir”. Autre axe de travail identifié dans le rapport pour attirer les talents, le gouvernement doit “fluidifier et amplifier les échanges académie-industrie”, de manière à dynamiser la recherche tout en facilitant sa concrétisation. Pour ce faire, le député n’hésite pas à proposer un temps de travail partagé pour les fonctionnaires titulaires, pouvant monter jusqu’à 50 %. La concrétisation de la recherche pourrait également être facilitée avec une aide visant à inciter les chercheurs à créer leur entreprise.   Réseau d’instituts de recherche Mais pour remettre la recherche publique sur devant de la scène, le rapport préconise de réunir chercheurs, étudiants et entreprises au sein d’un réseau d’“instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle”. À travers ces instituts, la mission Villani souhaite reconstruire “des environnements de recherche attractifs et prestigieux”, diffuser “une formation scientifique de haut niveau en IA” et fluidifier les “interfaces entre disciplines et entre la recherche académique et le monde industriel”. Le tout devant permettre de favoriser “la transformation rapide des idées en preuves de concept, applications scientifiques, avancées technologiques et en propriété intellectuelle”. Lors des appels à projets pour la création des instituts, les offres devront concilier interdisciplinarité et programmes d’affiliations industrielles, dans le but d’inclure d’un bout à l’autre de leur activité de recherche la finalité de l’application industrielle. Il est néanmoins prévu qu’ils soient financés par la puissance publique, au moins pour permettre leur fonctionnement “a minima”, le reste étant ouvert aux financements privés, à parité avec l’État.   Accompagner l’évolution du monde du travail Conscient des bouleversements apportés par les technologies d’IA au monde du travail, Cédric Villani appelle également à anticiper son évolution. Cela passe, en premier lieu, par la création d’un “Lab public” sur la transformation du travail. Sa mission consisterait à “s’assurer que la capacité d’anticipation soit pérenne, continue et surtout articulée avec des politiques publiques”. Pour ce faire, il convient que ce Lab puisse mener des expérimentations, notamment sur les modes d’apprentissage, car “les formations actuelles, qu’il s’agisse de la formation professionnelle ou de la formation initiale, sont loin d’être adaptées pour assurer cette transition”, explique le rapport. Celui-ci invite le gouvernement à favoriser la souplesse de l’offre de formation, qui doit s’adapter au plus vite à la demande des entreprises, en expérimentant de nouveaux dispositifs de formation professionnelle et en mettant l’accent sur des pédagogies qui encouragent la créativité. À ce titre, il est proposé de revoir les modes de financement de la formation professionnelle. “Le développement de l’IA renforce la mutation des chaînes de valeur et entraîne une décorrélation entre les acteurs qui financent la formation professionnelle et ceux qui captent la valeur ajoutée”, note le rapport, de telle façon que ces sociétés du numérique à faible masse salariale ne participent pas à la transition professionnelle des individus d’autres secteurs. Il faudrait donc, selon le rapport, plutôt que de mettre en place une nouvelle taxation des entreprises destructrices d’emplois, instaurer “un dialogue social autour du partage de la valeur ajoutée au niveau de la chaîne de valeur entière.”   Doubles cursus IA-médecine, IA-psychologie… Se préparer à l’automatisation des tâches et à l’évolution des métiers, c’est enfin, pour l’équipe de Cédric Villani, fixer un objectif “clair”. La mission propose ainsi, “à horizon trois ans, [de] multiplier par trois le nombre de personnes formées en intelligence artificielle en France, à la fois en faisant en sorte que l’offre de formation existante s’oriente vers l’IA, mais également en créant de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA”. Le rapport insiste notamment sur l'impératif de féminisation du secteur du numérique. Mais aussi sur l'importance des doubles cursus, qui permettraient de lier compétences en IA et connaissances d’une discipline en tension à l’université, comme la médecine, la psychologie ou le droit. Le détail des mesures retenues et prises par le gouvernement a été précisé par Emmanuel Macron, lors d’un discours au Collège de France, à l’occasion du Sommet pour l’intelligence artificielle. Emile Marzolf


800 postes de plus pour assurer la scolarité obligatoire dès 3 ans

Si plus de 97 % des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans, ce chiffre moyen “couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”, a justifié Emmanuel Macron. Mais les modalités de cette scolarité posent encore question.

28/03/2018 | ACTUALITÉ

Une annonce et des questions. La scolarité à l’école maternelle sera obligatoire dès l’âge de 3 ans, a annoncé le chef de l’État, Emmanuel Macron, le 27 mars en ouverture des “Assises de la maternelle” à Paris. “L’école maternelle est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français, a dit le Président. À ce titre, j’ai en effet décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019.”   Aujourd’hui, la plupart des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans (97,6 % des petits de 3 ans y étaient inscrits en 2015-2016, selon les dernières statistiques connues du ministère de l’Éducation nationale). Mais, a insisté Emmanuel Macron, “ce chiffre moyen couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”. Disparités et inégalités Il est notamment beaucoup plus bas en outre-mer. Ce chiffre recouvre aussi des “disparités dans la journée”, puisque “ce sont dans les quartiers les plus défavorisés que souvent, on ne va pas remettre l’enfant à l’école” l’après-midi, “parce qu’on ne peut pas ou on veut pas payer la cantine”, a relevé le président de la République. “800 postes créés pour ça en maternelle à la rentrée 2019”, a commenté sur Twitter le secrétaire d’État Olivier Dussopt, placé auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, sans préciser ce que recouvrait ce chiffre. L’école maternelle mobilise en effet des professeurs des écoles, payés par l’État, mais aussi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), employés, eux, par les collectivités locales. “Pour nous, la scolarisation à 3 ans n’est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion”, a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. “La vraie question est plutôt : comment on s’y prend ? Avec combien d’élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?” Financement et moyens en question Les collectivités locales sont elles aussi assez dubitatives quant aux conséquences de la mesure. “Qui va payer ?” a demandé France urbaine, l’association qui regroupe les élus des métropoles, grandes intercommunalités et villes françaises. “Outre le surcoût lui-même, vraisemblablement très compliqué à porter pour les villes, la nouvelle contractualisation liant l’État et les collectivités fait interdiction à ces dernières de dépasser une trajectoire d’augmentation de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2 % sur la durée du mandat”, observe cette association d’élus. “Cette annonce modifie à nouveau la donne sur la contractualisation, a jugé Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. Il me semble donc nécessaire de rechercher ensemble une solution afin de rendre financièrement applicable cette annonce.” Avec AFP


La Cour des comptes pousse à revoir le pilotage de l’évaluation de l’éducation

Le trop grand nombre d’instances internes d’évaluation au ministère de l’Éducation nationale et la position ambiguë de chacun d’eux participent de la “confusion dans la qualification de leurs travaux”, jugent les magistrats financiers dans un rapport.

21/02/2018 | ACTUALITÉ

“L’évaluation n’a pas été conçue au sein de l’éducation nationale pour qu’elle devienne grâce à elle, une organisation « apprenante » tirant les enseignements de ses succès comme de ses échecs, appréhendés selon des méthodes clarifiées, validées et fondés sur le recueil de données sur les acquis et les besoins des élèves.” L’enquête de la Cour des comptes commanditée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale sur l’évaluation de la performance éducative, rendue publique le 21 février, dresse un constat sans appel. Pour les magistrats financiers, l’évaluation actuelle est trop indécise et des obstacles culturels restent à surmonter. Parmi les différents facteurs explicatifs, les difficultés inhérentes au pilotage sont longuement analysées. Les instances en charge du suivi ont changé trois fois en moins de quinze ans. Le rapport pointe ainsi la présence de nombreux services ministériels participant à l’évaluation, sans cohérence d’ensemble. Champs inexplorés Des champs restent inexplorés, comme celui de l’impact des programmes scolaires, dont les réformes sont décidées sans évaluations préalables. La Cour en cible les acteurs clés : les deux inspections générales (l’inspection générale de l’Administration de l’éducation nationale et de la recherche et l’inspection générale de l’Éducation nationale, l’IGAENR et l’Igen), la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) et le Conseil supérieur des programmes. Les rapports entre la Dgesco, l’Igen et la Depp devraient par conséquent être revus, pour éviter “une confusion” entre apports opérationnels de celles-ci à la définition et la gestion des politiques éducatives et évaluation de ces mêmes politiques. Ambiguïtés dues à la position administrative “Créatrice de nombreuses normes scolaires, opérateur de maints dispositifs éducatifs, la Dgesco a la responsabilité légitime d’assurer leurs suivis par des retours d’expérience opérationnels. Or les frontières entre suivis opérationnels et dispositifs d’évaluation n’ayant pas été précisés au sein du ministère, la Dgesco se trouve alors dans la situation d’être l’évaluateur de ses prescriptions, quand elle estime nécessaire d’en approfondir l’observation. Sa position centrale au sein du MEN [ministère de l’Éducation nationale, ndlr] lui permet non seulement de prendre ce type d’initiatives, mais aussi de les piloter alors qu’il pourrait revenir à la Depp de le faire.” La Depp se voit pour sa part reprocher une intervention dans les processus évaluatifs jugée trop en retrait, en raison de sa position administrative. Les textes concernant l’organisation du ministère ne prévoient pas que cette direction soit dépositaire de la fonction d’évaluation, son statut administratif ne lui conférant pas, dans ce domaine précis, l’indépendance nécessaire, estime le rapport, qui s’agace que cette question n’ait pas évolué depuis un autre rapport de la Cour… de 2010. Pas d’instance ad hoc Quant aux deux inspections (IGAENR et Igen), à propos desquelles le ministre Jean-Michel Blanquer a lancé cet été une réflexion pouvant conduire à un rapprochement, la Cour semble appuyer subtilement la démarche, sans le dire. Les magistrats financiers détaillent ainsi les griefs souvent formulés à l’égard de cette organisation duale, en ciblant en particulier le positionnement ambigu de l’Igen. Ce corps inspecte tout en participant à la gestion directe du système : élaboration des programmes et des réformes pédagogiques, validation de sujets d’examen, gestion de ressources humaines (choix et inspection des professeurs de classes préparatoires, présidence de concours de recrutement, gestion des agrégés). Sur le fond, les magistrats de la Rue Cambon estiment que les compétences des administrations concernées font presque toutes référence à l’évaluation, sans en préciser nettement la portée ou leur laissant une grande latitude d’interprétation et d’initiative. D’où une confusion dans la pratique. “L’absence d’une instance chargée de l’évaluation du système scolaire solidement reconnue dans son rôle explique certainement cette profusion d’intervenants et cette confusion dans la qualification de leurs travaux”, conclut la Cour. 


Les collectivités appelées à ouvrir davantage leurs bibliothèques

Dans un rapport commandé par le gouvernement, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent aussi les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”.

20/02/2018 | ACTUALITÉ

Il faut “changer de rythme” et “ouvrir mieux et plus”, appelle l’écrivain Erik Orsenna, qui a présenté, le 20 février, un rapport sur l’avenir des bibliothèques au Président Macron et à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lors d’un déplacement aux Mureaux (Yvelines). Actuellement, seules 130 des 16 500 bibliothèques et points de lecture de France ouvrent leurs portes le dimanche. Et dans la semaine, “beaucoup d’entre elles ouvrent aux horaires où la plupart des Français travaillent”, étant fermées à l’heure du déjeuner et tôt le soir, a regretté Françoise Nyssen. La France est bien équipée puisqu’elle possède autant de bibliothèques que de bureaux de poste. Mais ces équipements culturels, souvent modernes, ne sont ouverts que 41 heures par semaine dans les grandes villes contre 78 heures à Londres ou 98 heures – un record – à Copenhague. Cette situation avait été dénoncée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et il avait fait de l’extension des horaires l’une de ses promesses électorales. Moyens financiers Le rapport réalisé par Erik Orsenna et Noël Corbin, inspecteur des affaires culturelles, prône une durée d’ouverture hebdomadaire moyenne de 45 heures pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants, et de 50 heures pour celles de plus de 100 000 habitants. L’Association des bibliothécaires de France (ABF) avait accueilli favorablement, en juillet 2017, l’idée de l’extension des horaires d’ouverture, tout en mettant en garde contre l’impact de “la baisse des moyens financiers des collectivités territoriales”. Le gouvernement a augmenté de 8 millions d’euros la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq prochaines années. Cela devrait permettre de soutenir “200 projets d’extension d’horaires”, selon le rapport Orsenna. En 2015, les collectivités locales ont dépensé 1,7 milliard d’euros pour la lecture publique, dont près de 1,2 milliard pour rémunérer les 38 000 agents des bibliothèques, selon le ministère de la Culture. Dans leur rapport, Erik Orsenna et Noël Corbin appellent les bibliothèques à “s’adapter à la demande” et à “devenir des maisons de service public culturel” car “50 % des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres”. Aux Mureaux, la médiathèque accueille ainsi des cours de soutien scolaire, des ateliers d’art, de danse et un “fab-lab” équipé d’imprimantes 3D ainsi qu’une “micro-folie”, musée numérique initié par la Grande Halle de la Villette à Paris. Pilotage par les Drac Le rapport, qui souligne l’apport des 81 000 bénévoles qui permettent aux bibliothèques de fonctionner, suggère de faire davantage appel aux étudiants et d’encourager, dans les petites villes, “la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil” entre les bibliothèques et les agences postales. Dans une interview accordée à Acteurs publics en octobre dernier, la ministre Françoise Nyssen avait annoncé que les directions régionales aux affaires culturelles (Drac), au sein des services déconcentrés de l’État, seraient “chargées de mettre autour de la table les élus, les bibliothécaires, ainsi que les structures sociales et les associations locales pour bâtir un projet d’ouverture”. “Je souhaite qu’à la fin de l’année 2018, nous ayons réussi à engager la transformation de 200 bibliothèques, soit 2 par département”, avait-elle indiqué.


La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée au Parlement

Dans la foulée de leurs collègues députés, les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93, issues de l’ensemble de la gauche. La réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, est ainsi validée.

16/02/2018 | ACTUALITÉ

Le Parlement a adopté définitivement, le 15 février, par un ultime vote du Sénat, la réforme des règles d’accès à l’université, qui supprime le tirage au sort, mais que la gauche accuse d’être “une sélection qui ne dit pas son nom”. Les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93 (ensemble de la gauche). Quelques heures auparavant, c’étaient les députés qui avaient une dernière fois validé le projet de loi défendu par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. “Je me réjouis que la commission mixte paritaire” chargée de trouver une version commune aux deux chambres “ait été conclusive”, a déclaré cette dernière. “Ce qui nous rassemble, c’est le souci de tourner la page du tirage au sort. Sur de nombreux points, le Sénat a été précurseur”, a-t-elle ajouté. “Sélection” et “système libéral” Dans la matinée, par 49 voix contre 13, l’Assemblée nationale a avait elle aussi donné son ultime feu vert au projet de loi sur l’“orientation et la réussite des étudiants”, qui vise notamment à supprimer le tirage au sort et à réduire le fort taux d’échec en première année de fac. Mais pour Sylvie Robert (PS), “l’intérêt des étudiants a été perdu de vue au fur et à mesure de la discussion. C’est un vrai rendez-vous manqué”. David Assouline (PS) a déclaré pour sa part que le texte aboutissait à “une forme de sélection dont nous ne voulons pas”. “Vous avancez vers un système libéral où ce sont les universités qui choisissent leurs étudiants, a accusé de son côté Pierre Ouzoulias (CRCE, à majorité communiste). Nous affirmons notre opposition à la sélection qui est contraire à notre idéal républicain.” En revanche, Catherine Morin-Desailly (UC) a vanté “un texte d’équilibre nécessaire”, qui “ouvre des portes qu’il conviendra d’approfondir au travers d’autres textes législatifs”. Avec AFP


Deux députées proposent un service national sous forme de “parcours de citoyenneté”

Alors que l’Élysée veut instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”, deux députées plaident pour “une incitation à l’engagement” non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants.

14/02/2018 | ACTUALITÉ

Un “parcours de citoyenneté” en trois étapes, étalé de 11 à 25 ans, pour renforcer la cohésion nationale : c’est ce que préconise un rapport parlementaire publié mercredi 14 février, alors que l’exécutif souhaite instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”. Le rapport, présenté ce mercredi devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, propose “un enseignement moral et civique renforcé” à l’école ainsi qu’“une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)” entre 11 et 16 ans, qui se déroulerait au sein même de l’établissement scolaire et inclurait une formation aux premiers secours. Parmi les intervenants mobilisés, figureraient le corps enseignant, mais aussi l’armée, les pompiers, des associations de mémoire, des étudiants en médecine... Ensuite, à 16 ans, interviendrait “un rite de passage” pour exercer les connaissances et compétences acquises, qui se substituerait à l’actuelle Journée de défense et de citoyenneté (JDC) : soit une semaine en internat pendant les vacances scolaires (une “école de la fraternité”), soit une semaine en immersion au sein du monde associatif, suggèrent les rapporteures Émilie Guerel (LREM) et Marianne Dubois (LR). Inciter plutôt qu’obliger Enfin, entre 16 et 25 ans, serait prévue “une incitation à l’engagement”, non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants : service civique, garde nationale, engagement associatif... “L’engagement constitue avant tout un choix personnel qui repose sur le volontariat”, font valoir les deux élues pour justifier le caractère optionnel de cette phase. En échange, les jeunes pourraient bénéficier de droits en matière de formation ou encore de transports à tarif préférentiel. Ce “service national universel, adapté à notre époque”, serait “susceptible d’emporter l’adhésion de la jeunesse et d’être utile à la société”, concluent les rapporteures, qui ont conduit 25 auditions (armées, jeunes, milieu éducatif, associations…) Expérimentation prévue en 2019 Emmanuel Macron, qui avait promis l’instauration de ce service national universel pendant la campagne électorale, a de son côté souhaité mardi qu’il comporte “une partie obligatoire de trois à six mois”. Le président de la République a également estimé qu’il pourrait comporter “une ouverture sur la chose militaire”, mais que “sa forme pourra être civique”. Le projet de service national universel, dont les modalités restent à écrire, suscite des doutes en raison de son coût potentiel, des capacités d’accueil des armées, réduites depuis la suppression en 1997 du service militaire, ou encore des problèmes juridiques qu’il pourrait soulever s’il était obligatoire. L’Élysée a mis en place un groupe de travail qui doit rendre ses conclusions fin avril. Une phase d’expérimentation est d’ores et déjà prévue en 2019. Avec AFP  


Un accord met fin à plusieurs mois de grève dans l’éducation au Burkina Faso

Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire.  

29/01/2018 | ACTUALITÉ

Les élèves burkinabés ont repris le chemin de l’école ce lundi 29 janvier. Le gouvernement et les syndicats de l’éducation sont parvenus, dans la nuit de samedi 27 à dimanche 28 janvier, à un accord pour “sauver l’année scolaire”, paralysée depuis plusieurs mois par une grève des enseignants, soutenus par les élèves. “Nous avons obtenu que le budget de l’État alloué à l’éducation soit rehaussé (…) de façon progressive dans les années à venir”, a déclaré Wendyam Zongo, le porte-parole de la Coordination des syndicats de l’éducation nationale, regroupant une quinzaine d’organisations. Le statut des agents de l’éducation et de l’enseignement supérieur sera ainsi “revalorisé” – c’était l’une des principales revendications des grévistes –, “leurs conditions de vie et de travail connaîtront une évolution significative”, a-t-il expliqué. L’État s’est aussi engagé à améliorer “les bourses d’études”, à fournir davantage de places en internat pour les élèves et à ouvrir les cantines scolaires neuf mois par an, au lieu de trois, a-t-il ajouté. Risque d’“année blanche” De son côté, le Premier ministre, Paul Kaba Thièba, s’est félicité de la fin de ce long conflit. “Dès lundi, les élèves vont retrouver le chemin de l’école dans la sérénité”, a-il déclaré ce week-end. Depuis près de quatre mois, les enseignants observaient un mouvement marqué par la suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire. La radicalisation des syndicats de l’enseignement avait fait grandir le risque d’une “année blanche” pour les élèves. (avec AFP)


L’affaire Gallet ou l’art difficile du management de l’audiovisuel public

Sous pression du gouvernement, qui demande le départ du patron de Radio France, Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme le 15 janvier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), seul compétent pour révoquer le dirigeant, ouvre une procédure prévue par les textes pouvant mener à l’éviction de ce dernier.

17/01/2018 | ACTUALITÉ

Le respect du formalisme, comme première réponse. Silencieux depuis la condamnation à un an de prison avec sursis du P.-D.G. de Radio France, pour favoritisme, le 15 janvier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a le pouvoir de nommer et de révoquer les dirigeants de l’audiovisuel public, a publié, le 17 janvier, un très court communiqué indiquant qu’il engageait une “procédure” pouvant mener à l’éviction du P.-D.G. de Radio France, Mathieu Gallet. “Dans sa séance plénière de ce jour, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de mettre en œuvre l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée”, lequel prévoit que le mandat des présidents de la société France Télévisions, de la société Radio France et de la société en charge de l’audiovisuel extérieur de la France peut leur être retiré, par décision motivée à la majorité des membres du CSA. “Au terme de la procédure, sa décision interviendra le plus rapidement possible dans le respect du contradictoire et notamment après la communication du jugement rendu à l’égard de monsieur Mathieu Gallet”, indique le CSA. Pour rappel, le P.-D.G. de Radio France, Mathieu Gallet, a été condamné le 15 janvier par le tribunal correctionnel de Créteil à un an de prison avec sursis pour “favoritisme” pendant son mandat à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Mathieu Gallet, qui a présidé l’INA entre 2010 et 2014, a également écopé d’une amende de 20 000 euros. Le parquet avait réclamé dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende. Selon le jugement, Mathieu Gallet, est condamné pour avoir “favorisé” certaines sociétés de conseil auxquelles l’INA a versé plus de 400 000 euros, sans avoir respecté les règles des marchés publics. Les deux contrats concernés ont été passés avec le cabinet de conseil Roland Berger et avec Balises, société du consultant Denis Pingaud. Ambiguïté sur le management Mathieu Gallet avait été nommé pour cinq ans à la tête de Radio France le 27 février 2014 par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). L’autorité administrative indépendante exerçait là une nouvelle prérogative après l’adoption de la loi du 15 novembre 2013 relative à l’indépendance de l’audiovisuel public lui donnant le pouvoir de nommer les présidents des sociétés nationales de programme, dont le président de la société Radio France. Cette loi avait été adoptée sous l’impulsion de François Hollande, qui avait souhaité que le chef de l’État perde ce pouvoir au profit du CSA, après les polémiques survenues sur ce sujet durant la Présidence Sarkozy. Seulement voilà, dans une communication qui a surpris, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a donné son avis, au risque de mettre à mal l’indépendance du CSA. “Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable, a ainsi déclaré au Monde, le 16 janvier, la locataire de la Rue de Valois. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent.” Un message clair en direction du CSA, alors que certaines gazettes ont laissé penser que la perspective de voir Mathieu Gallet faire appel du jugement de première instance n’incitait pas le régulateur de l’audiovisuel à le révoquer. Cette communication de la ministre Nyssen – et donc du gouvernement –, au lendemain de laquelle Mathieu Gallet a déclaré exclure de démissionner, a tout de suite été perçue comme une mise sous pression du CSA, sinon une immixtion sur le terrain de son indépendance, laissant ressurgir toute l’ambigüité du système de management de l’audiovisuel public tel qu’il a été refondé en 2013. Si le politique – et en particulier l’Élysée de François Hollande – a souhaité en 2013 rebattre les cartes et attribuer cette nomination à une autorité indépendante, la loi n’a pu faire qu’une partie du chemin. Radio France reste en effet une entreprise publique – une société nationale de radiodiffusion, constituée sous la forme d’une société anonyme à capitaux publics – dont l’État est l’unique l’actionnaire. Reprise en main de la stratégie De fait, les pouvoirs publics ont organisé une séparation entre le choix du dirigeant et l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. L’État, qui finance Radio France, a assez logiquement gardé la main sur la stratégie et le budget de l’entreprise, notamment au travers d’un document important : le contrat d’objectifs et de moyens (COM). Ainsi, le 20 avril 2016, Audrey Azoulay, la ministre de la Culture et de la Communication de l’époque, et Mathieu Gallet, avaient signé le troisième COM de Radio France, couvrant la période 2015-2019. Ce manque de cohérence autour du rôle de l’État, absent en principe du choix du dirigeant et de son programme, mais décideur de la stratégie de l’entreprise, se retrouve dans la gestion de l’affaire Gallet, le gouvernement jugeant que l’exigence d’exemplarité qu’il applique aux autres dirigeants du secteur public – plusieurs ministres du gouvernement soupçonnés de manquements ont été exfiltrés ou ont quitté l’exécutif – vaut aussi pour ceux de l’audiovisuel, fût-il protégé par certaines garanties d’indépendance. Mais de là à le dire si ouvertement… Modèle caduc ? Plus largement, la réaction au jugement dans l’affaire Gallet s’inscrit dans une séquence de grandes manœuvres autour d’une reprise en main par l’État de la stratégie de l’audiovisuel public. Très critique sur le sujet, Emmanuel Macron pousse sa ministre à une grande réforme du secteur. Il semblerait d’ailleurs que l’équipe Macron veuille, entre autres objectifs, retirer au CSA son pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public, pour le confier aux conseils d’administration des entreprises concernées. “Le modèle du CSA est caduc”, aurait d’ailleurs dit, selon Télérama, le chef de l’État, Emmanuel Macron, lors d’une réunion organisée le 5 décembre dernier à l’Élysée entre le Président et des députés de La République en marche (LREM) et du MoDem membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Une réunion au cours de laquelle le Président aurait aussi qualifié l’audiovisuel public de “honte”. Des propos qui avaient suscité l’émotion mais avaient été démentis par l’Élysée.


L’exécutif opte pour une simplification par thématiques via les projets de loi

Le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé que chaque projet de loi devrait inclure, à l’avenir, un titre comportant des mesures de simplification législative. Une manière de privilégier une simplification par blocs de politiques publiques plutôt que par des vagues d’ensemble.

15/01/2018 | ACTUALITÉ

Une petite rupture avec l’ère Hollande ? À voir. L’exécutif macronien semble vouloir privilégier une politique de simplification davantage ciblée par politiques publiques plutôt qu’une stratégie par vagues d’ensemble. Lors du Conseil des ministres du 12 janvier, le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté une communication relative à la politique de simplification des normes et à l’action réglementaire du gouvernement, à l’occasion de laquelle il a annoncé que chaque projet de loi devrait inclure, à l’avenir, un titre comportant des mesures de simplification législative. À titre d’illustration, le projet de loi de programmation militaire, en cours de préparation, comportera plusieurs mesures significatives de simplification, par exemple sur les contentieux des pensions d’invalidité. Afin de “nourrir ces propositions de simplifications”, chaque ministre devra élaborer un plan de simplification des normes législatives existantes. Plus de cohérence De fait, l’exécutif semble modifier un peu l’approche de la simplification par rapport à ce qui faisait sous la Présidence de François Hollande, notamment au travers du Conseil de la simplification. Le choc de simplification mené sous le dernier quinquennat avait entraîné une batterie de mesures – plusieurs centaines – réalisées en plusieurs vagues qui touchaient tous les secteurs et ponctuées d’une pluie de chiffres et de beaucoup de communication. Seul le temps permettra de mesurer véritablement la différence d’approche entre les deux Présidences. Questionné sur la méthode de simplification lors de son audition sur le projet de loi sur le droit à l’erreur, le 10 janvier dernier, le délégué interministériel à la transformation publique, Thomas Cazenave, avait explicité cette nouvelle approche. “Comment on donne de la cohérence à ce travail sur le stock de normes ? Moi, ma conviction, et c’est comme cela que l’on a commencé à y travailler, [c’est] qu’il faut y travailler par blocs de politiques publiques. Le risque d’un travail de simplification où vous balayez tous les six mois l’ensemble des textes, à la rigueur, ce n’est pas très grave, vous épuisez un peu les administrations, mais [surtout], vous êtes absolument illisible. Et donc il faut vraiment retrouver de la cohérence, soit à l’occasion d’un texte, soit à l’occasion de certaines initiatives”, poursuivait le délégué en citant l’exemple de la simplification de la politique du handicap.   Premiers effets du “deux pour un” Lors du Conseil des ministres du 12 janvier, le Premier ministre, Édouard Philippe, a aussi profité de l’occasion pour faire un bilan plutôt laudateur de la mise en œuvre de la circulaire du 26 juillet 2017 prise par son gouvernement. Cette circulaire instaure une nouvelle règle dite du “deux pour un”, qui prévoit qu’hors les décrets d’application des lois, chaque fois qu’un nouveau décret pose une norme nouvelle contraignante ou crée une nouvelle formalité administrative, les ministères doivent dans le même temps supprimer ou simplifier deux normes existantes. Avant l’actuel quinquennat, le gouvernement prenait une centaine de décrets chaque année, posant des contraintes nouvelles, soit 30 à 35 tous les quatre mois, a rappelé le compte rendu du Conseil des ministres du 12 janvier. Durant les quatre derniers mois de l’année 2017, les ministères n’ont proposé “que” 12 décrets de cette nature et seuls 5 ont été pris, qui conduisent à l’abrogation de 10 contraintes existantes, détaille le compte rendu. Le locataire de Matignon a aussi annoncé une nouvelle vague de suppressions d’une trentaine de commissions consultatives, parfois appelées “comités Théodule” et dont le nombre a été réduit de 670 à 410 depuis 2012.


Le labyrinthe institutionnel, obstacle à l’engagement des jeunes

Dans un rapport remis à Emmanuel Macron, Jean-Yves Daniel, doyen honoraire de l’Inspection générale de l’Education nationale et Eric Barrault, délégué national à l’éducation à la défense, invitent le gouvernement à voter « une loi sur l’engagement » qui définirait « un parcours universel d’engagement » pour les jeunes, comme une composante du futur service national universel (SNU).

23/11/2017 | ACTUALITÉ

S’engager, c’est d’abord savoir où l’on va. Il n’en faut pas plus pour que déjà l’affaire se corse, constatent Jean-Yves Daniel, doyen honoraire de l’inspection générale de l’Education nationale (Igen) et Eric Barrault, délégué national à l’éducation à la défense au ministère de l’Education nationale, dans un rapport* remis au chef de l’Etat fin octobre consacré à l’engagement des jeunes et la cohésion sociale, dont Acteurs publics a eu copie. Cadets de la défense, cadets de la sécurité civile, cadets de la République, réserve militaire, sapeurs-pompiers volontaires, service civique… Oui, c’est indéniable : les jeunes peuvent s’engager. Mais encore faut-il qu’ils en trouvent le mode d’emploi. Car par dizaines, des dispositifs sont proposés sans la moindre coordination entre eux. « Ils dépendent, dans certains cas, d’initiatives locales, et sont limités par les moyens des institutions et la disponibilité de ceux qui les portent », observent Jean-Yves Daniel et Eric Barrault. « Demande de France et de République » Pas d’échange d’expériences entre organisateurs. Pas de passerelles entre dispositifs. Pas de visibilité sur les propositions ni sur les objectifs… S’engager revient ainsi à entrer dans l’inconnu d’un maquis administratif ou associatif dont les jeunes ne détiennent aucune des clés. Or depuis les attentats qui ont touché notre pays en 2015 et 2016, « la demande de France, parfois élargie à la solidarité européenne, comme de République, a fait un chemin important », soulignent les deux auteurs. Lesquels sont formels : il ne saurait y avoir de « résilience nationale » sans une forte « implication des institutions régaliennes ». Histoire de mettre un peu d’ordre -et même s’il ne faut pas répondre à tous les sujets par une nouvelle loi- le doyen honoraire de l’Igen et le délégué national à l’éducation à la défense sont donc très clairs : il faut « une loi sur l’engagement ». Une « loi de mobilisation de toute la société, institutions et individus, et à ce titre susceptible de revêtir un aspect organique, si ce qualificatif pouvait être élargi de la sphère des pouvoirs publics à l’ensemble des acteurs sociaux ». Dépasser le seul aspect militaire Ils proposent l’instauration d’un « parcours universel d’engagement » pour la jeunesse susceptible de contribuer à la réalisation du « service national universel » (SNU) d’une durée d’un mois obligatoire que le président de la République souhaite justement mettre en place, sans qu’on en connaisse encore les modalités. Mais attention : pas question de revenir à un service militaire, préconisent Jean-Yves Daniel et Eric Barrault. « Nous avançons un sens du national dépassant le seul aspect militaire, suffisamment diversifié pour pouvoir intéresser chaque jeune, et lui demander par-là d’œuvrer pour l’intérêt général, celui du pays », expliquent-ils. En effet, « sans qu’il s’agisse pour autant de militariser la société autour du tout sécuritaire, le service de la Nation et de sa résilience doit être le fil rouge, la référence constructrice et structurante du parcours d’engagement, l’élément fédérateur permettant le développement coordonné des actions (…) et la mutualisation des moyens entre les différents acteurs, régaliens et au-delà ». Fin de la JDC Le rapport suggère qu’une organisation interministérielle placée auprès du premier ministre et dirigée par l’actuel Haut-commissaire à l’engagement [Yannick Blanc ndlr.], vienne prendre en main le SNU dont le parcours universel serait une composante, « apportant en particulier une cartographie lisible et un portail commun offrant la visibilité aux jeunes ». En lui-même, le parcours universel d’engagement pour la jeunesse pourrait débuter dès le collège et se poursuivre jusqu’au premier cycle universitaire, sur la base du volontariat. Les actions menées iraient « du très local, avec l’aide aux camarades en difficulté (élèves pairs par exemple) pour les plus jeunes jusqu’au niveau le plus global avec l’incorporation dans la réserve militaire et la garde nationale », décrivent Jean-Yves Daniel et Eric Barrault. Enfin, le rapport propose de supprimer les journée citoyenneté défense (JDC) au profit de journées d’engagement de la jeunesse (JEJ), « faisant le point personnalisé du parcours universel d’engagement » sur la base du livret d’engagement dont chaque jeune serait doté sous une forme à la fois matérielle et numérique. Quel budget ? De son côté, l’exécutif est, pour l’heure, resté discret sur ses intentions, même si a officiellement été engagée « une phase préparatoire » au SNU en septembre, avec en ligne de mire une première expérimentation du dispositif en 2019. Reste surtout à connaître les moyens que l’Etat souhaitera réellement dédier à l’engagement des jeunes. Sachant que le ministère des Armées a déjà fait savoir qu’il n’envisageait pas d’en être l’unique sponsor. Un récent rapport d'information sénatorial chiffre ainsi le coût du SNU, entre les infrastructures et l'encadrement, « entre 20 et 30 milliards d'euros sur cinq ans ».   *Cette mission avait été confiée à Jean-Yves Daniel et Eric Barrault en mai 2016 par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education nationale


Françoise Nyssen : “Je souhaite proposer aux collectivités une nouvelle contractualisation”

Alors que se réunit mardi 31 octobre le Conseil des collectivités territoriales pour le développement de la culture (CCTDC), la ministre de la Culture indique à Acteurs publics comment elle compte “renouveler et renforcer” les relations entre son ministère et les collectivités. Françoise Nyssen souhaite également donner plus d’autonomie aux directions régionales des affaires culturelles (Drac).

30/10/2017 | ACTUALITÉ

Le budget 2018 de votre ministère est préservé avec notamment un plus pour les crédits des services déconcentrés (les directions régionales des affaires culturelles). Quelle est la priorité assignée à ces directions régionales ? Les crédits déconcentrés sont effectivement en hausse de 6 % en 2018, ce qui représente 860 millions d’euros en direction des territoires. Notre pays fait aujourd’hui face à un défi de cohésion. La culture constitue une des clés pour relever ce défi. Ma priorité est d’offrir des services publics culturels à tous, et notamment à ceux qui sont dans une situation ou dans un sentiment d’exclusion – qu’elle soit sociale, économique, numérique ou encore géographique. Les directions régionales du ministère peuvent aller au-devant de ces publics, les toucher au plus près. Nous augmenterons de 35 millions d’euros le budget dédié au soutien d’actions d’éducation artistique et culturelle, à 114 millions d’euros. Nous augmenterons aussi les moyens dédiés au patrimoine, qui est aussi un ressort de vie culturelle de proximité : nous allons créer un nouveau fonds de 15 millions d’euros pour la rénovation des monuments historiques des collectivités territoriales à faibles ressources et consacrer 9 millions d’euros à la revitalisation des centres anciens. La culture sera l’un des leviers de la transformation voulue par le président de la République et le Premier ministre. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir réorganiser le réseau des Drac, trop gestionnaires, “encore organisées comme au temps où elles donnaient de larges subventions”. Allez-vous engager une réforme dans ce sens ? Le gouvernement a engagé un ambitieux programme de réforme, dénommé “Action publique 2022”, pour bâtir des politiques publiques plus souples, plus efficaces, et plus innovantes dans leurs modes d’action. Cela vaut pour les Drac comme pour tous les services publics. Les Drac n’ont pas un rôle de gestion, mais de service aux publics, à tous les publics – citoyens ou professionnels, artistes et créateurs, entrepreneurs, associations. Elles sont au service d’un ministère de la Culture engagé sur le terrain, pour accompagner la vie culturelle, soutenir la création et permettre à tous d’avoir accès à la culture dans sa diversité. Pour permettre à tous les services publics d’agir en adéquation avec les besoins et les attentes, il nous faut redonner de l’autonomie, faire confiance, limiter les textes qui pèsent sur eux. Bref, redonner du pouvoir à ceux qui font. Vous multipliez les déplacements en province pour encourager les Drac à se rapprocher des collectivités. Qu’est-ce qui doit changer aujourd’hui et comment qualifieriez-vous les relations entre les collectivités et les services de l’État dans le domaine culturel ? Je n’utilise pas le terme “province” car je me bats justement pour gommer le sentiment d’une ligne de démarcation entre Paris et le reste de la France. Depuis ma nomination, je me déplace fréquemment sur l’ensemble du territoire. D’ici la fin de cette année, j’aurai fait le tour des régions métropolitaines et je me rendrai dans les outre-mer début 2018. Les collectivités territoriales sont des acteurs culturels de premier plan et des partenaires essentiels pour le ministère. Sur le terrain, elles entretiennent un dialogue fructueux avec les services de l’État, que je souhaite renouveler et renforcer par un nouvel élan de contractualisation.  “Les Drac n’ont pas un rôle de gestion mais de service aux publics, à tous les publics.” Quel doit être ce nouveau cadre de contractualisation entre l’État et les collectivités que vous souhaitez instaurer ? Quelles différences avec les “pactes culturels” voulus à l’époque par Fleur Pellerin [ministre de la Culture de 2014 à 2016, ndlr] ?  Au fil des années et des lois de décentralisation, les relations entre l’État et les collectivités se sont traduites par de nombreux pactes, contrats, conventions. Dans le cadre de la Conférence nationale des territoires, le président de la République et le Premier ministre ont souhaité rénover ce cadre contractuel. Ma démarche s’inscrit pleinement dans ce cadre. Il ne s’agit pas d’ajouter un nouvel outil, mais au contraire de rassembler les outils existants autour d’une ambition politique commune : placer l’éducation artistique et culturelle au cœur de nos politiques culturelles et en faire un levier de solidarité entre les habitants des zones les plus dynamiques et ceux des zones les plus fragiles. C’est une volonté très forte que je partage avec les représentants des collectivités territoriales. Ce sera l’objet principal de nos échanges lors du Conseil des collectivités territoriales pour le développement de la culture (CCTDC), que je réunis le 31 octobre. La question des horaires d’ouverture des bibliothèques est posée avec la mission Orsenna. Comment allez-vous convaincre les collectivités – et avec quels moyens – d’ouvrir leur bibliothèque-médiathèque le dimanche ou tard le soir ? L’État accompagnera les collectivités, sur le plan financier et sur le plan logistique. J’ai confié une mission à Erik Orsenna, qui est en train de réaliser un tour de France pour dresser un état des lieux des bonnes pratiques et me faire des propositions. Il s’agit d’ouvrir plus, mais aussi mieux, pour faire des bibliothèques des “maisons de service public culturel”. Nous constatons qu’elles sont déjà nombreuses à proposer d’autres services que le seul prêt de livres, par exemple des services d’aide aux devoirs ; des cours de français ou de langue étrangère ; ou encore, des services d’accompagnement de retour à l’emploi, comme des ateliers d’aide à la rédaction du C.V. ou de navigation sur les sites de recherche d’emploi. Nous souhaitons accompagner et renforcer ce mouvement. Les collectivités territoriales sont aussi nombreuses à s’être déjà engagées dans l’adaptation des horaires de leurs bibliothèques et médiathèques, pour répondre aux besoins locaux : nous avons lancé la démarche en octobre depuis Rennes, qui a sanctuarisé l’ouverture d’au moins une bibliothèque chaque dimanche. Je pourrais aussi citer Metz, Saint-Amand-Les-Eaux, dans les Hauts-de-France, ou encore de petites communes, comme Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, ou Lampaul-Guimiliau, dans le Finistère, qui ont décidé d’ouvrir davantage, notamment le week-end. Nous souhaitons accompagner toutes les communes dans cette voie. Erik Orsenna me rendra ses conclusions d’ici la fin de l’année. Nous démarrerons ensuite le travail de généralisation dans un département “chef de file” : les Drac seront chargées de mettre autour de la table les élus, les bibliothécaires, ainsi que les structures sociales et les associations locales pour bâtir un projet d’ouverture. Je souhaite qu’à la fin de l’année 2018, nous ayons réussi à engager la transformation de 200 bibliothèques, soit 2 par département. “Bibliothèques : l’État accompagnera les collectivités, sur le plan financier et sur le plan logistique.” Les budgets “culture” des collectivités ont fait les frais des baisses de dotations et des difficultés budgétaires des départements depuis quelques années. Comment inciter les collectivités à ne pas sacrifier ce poste ? La culture est une compétence partagée car c’est une responsabilité partagée. Je me mobilise au sein de l’État pour porter cet état d’esprit, en travaillant main dans la main avec les autres ministères et notamment celui de l’Éducation nationale. L’État a par ailleurs un rôle d’entraînement essentiel, nous le constatons : lorsque nous apportons le premier euro dans un projet, les collectivités se mobilisent. J’ai engagé un dialogue étroit avec elles dès mon arrivée et je souhaite leur proposer une nouvelle contractualisation, qui doit être un nouveau “pacte de confiance”. Pour les collectivités territoriales, l’investissement dans la vie culturelle est un investissement d’avenir. Il suffit de prendre l’exemple de villes comme Nantes, où je me suis rendue récemment, pour comprendre combien la culture est un levier de dynamisme et d’attractivité pour un territoire. Les régions, qui organisent les conférences territoriales de l’action publique, sont-elles les mieux placées pour mettre la culture au cœur des territoires, sachant qu’elles ont déjà des priorités : emploi, formation professionnelle, développement économique, transports ? L’échelon départemental n’est-il pas le mieux placé ? Tous les échelons ont leur rôle à jouer. La culture recoupe un grand nombre de compétences, partagées entre les différentes collectivités : l’éducation – de la maternelle au lycée –, l’emploi, la formation, le développement économique, le tourisme, la cohésion, etc. Tous les échelons sont justement placés pour aider la culture. Si nous avons souhaité que les régions organisent les conférences territoriales de l’action publique, c’est pour réunir un grand nombre d’acteurs culturels et d’élus, et parce que les réseaux professionnels sont souvent constitués à cette échelle. Les conférences territoriales de l'action publique sont une chance pour faire vivre la compétence culturelle partagée. Je souhaite que les régions s’en saisissent. Êtes-vous favorable à une nouvelle étape dans la décentralisation des politiques culturelles ? L’État a-t-il les moyens de garantir la présence culturelle sur tout le territoire ? Je m’inscris dans une nouvelle étape qui doit permettre de rénover les relations entre l’État et les collectivités, de laisser la possibilité de mener des expérimentations et d’accompagner le développement de projets culturels. Ce n’est pas une nouvelle décentralisation institutionnelle, mais plutôt un nouvel état d’esprit. Je veux aussi préciser la répartition des missions entre administration centrale du ministère, services déconcentrés et opérateurs nationaux, qui ont une responsabilité de diffusion territoriale. J’invite ainsi les opérateurs à se projeter hors les murs, à développer l’itinérance et la mobilité. C’est seulement par une dynamique globale qui donne davantage de place aux territoires que l’on atteindra ces objectifs. “Ce n’est pas une nouvelle décentralisation institutionnelle, mais plutôt un nouvel état d’esprit.” Quelle est votre feuille de route sur l’éducation artistique et culturelle, qui semble être l’une des priorités de votre action ? Comment mieux travailler avec l’éducation nationale ?  C’est en effet ma première priorité. C’est en agissant dès le plus jeune âge, et notamment à travers l’école, que l’on peut lutter contre les inégalités, bouger les lignes dans la durée, abattre les barrières psychologiques qui freinent l’accès à la culture et nourrissent l’exclusion. Je dis souvent que la culture n’est pas un supplément d’âme, mais qu’elle est constitutive de la personnalité de chacun. L’éducation artistique que j’ambitionne de développer, avec Jean-Michel Blanquer [le ministre de l’Éducation nationale, ndlr], aura deux priorités : mettre l’accent sur la pratique artistique pour en faire une réalité hebdomadaire pour chaque enfant et développer le livre et la lecture. Ainsi, pour les pratiques artistiques, nous allons soutenir le développement des chorales avec un objectif clair : passer d’un établissement sur 5 doté d’une chorale aujourd’hui à un établissement sur 2 à la rentrée 2018. Et, après avoir commencé l’année scolaire en septembre 2017 par “la rentrée en musique”, nous la finirons par la Fête de la musique à l’école, en juin 2018. Allez-vous pouvoir expérimenter dès 2018 le pass culturel promis par Emmanuel Macron durant sa campagne ? Quels sont les territoires concernés ? Quels sont les obstacles à surmonter aujourd’hui ?  Oui, nous avons démarré le chantier et nous lancerons les premiers tests l’année prochaine. Le pass incarne une nouvelle génération de politique culturelle. Nous allons rendre les jeunes directement acteurs de leurs choix culturels avec cet outil, qui a vocation à se présenter sous forme numérique – une application pour smartphone par exemple – et qui donnera accès à des œuvres, à des sorties culturelles comme des concerts, mais aussi à de la pratique artistique, comme des cours de dessin. Je le conçois comme un “passeport” culturel d’entrée dans la majorité, qui s’inscrira dans la continuité du parcours culturel suivi à l’école. Les contours précis de l’offre et de l’outil techniques seront précisés dans les prochains mois. Nous allons en effet coconstruire ce pass avec ceux qui en seront les futurs usagers : les jeunes. Nous allons engager une concertation au long cours avec un premier grand événement de lancement au mois de décembre. Nous nous donnons ensuite jusqu’à la rentrée de septembre 2018 pour élaborer une version test – il est trop tôt pour indiquer sur quelle portion du territoire ou de l’offre nous l’expérimenterons. Nous avançons véritablement en mode start-up sur ce projet, pour répondre au mieux aux attentes de ceux qui en seront les bénéficiaires.  Enfin, question qui concerne les élus locaux et les territoires, allez-vous fusionner ou mutualiser le réseau de France 3 et France Bleu en région ? Je veux d’abord redire ici avec force que les médias de service public jouent un rôle irremplaçable dans notre paysage médiatique et culturel, et, plus généralement, dans une société en mal de repères. Ils fournissent une information de référence, soutiennent la création, accompagnent la transition numérique et font rayonner la France à l’international. Dans un paysage audiovisuel en pleine mutation, avec l’arrivée des grands acteurs numériques, l’audiovisuel public doit se transformer. Cette transformation a déjà été engagée par les différents acteurs et il faut le saluer. Pour ce qui est des réseaux régionaux, j’ai déjà dit qu’il ne s’agissait pas de fusion, mais de coopérations renforcées et de synergies. C’est ce qui se fait déjà avec Franceinfo : ce projet qui réunit Radio France, France Télévisions, l’INA et France 24 permet au service public d’offrir une information en continu et de grande qualité sur tous les canaux – radio, télé, numérique. C’est aussi vrai au niveau local. France Bleu et France 3 coopèrent déjà : elles ont par exemple conduit des interviews communes pour l’élection présidentielle. L’avenir de l’audiovisuel public passe par ces coopérations, qu’il faut prolonger et accélérer. Il doit y avoir un réflexe constant de productions et projets communs, pour renforcer l’audiovisuel public. C’est un sujet que j’évoque avec ses dirigeants, avec qui nous travaillons en étroite coopération. Propos recueillis par Bruno Botella  


L’Institut Montaigne veut que les régions pilotent seules la formation professionnelle initiale

Actuellement, la formation professionnelle initiale est pilotée d’un côté par la voie scolaire, qui relève de l’éducation nationale, et de l’autre par la voie professionnelle, qui relève des conseils régionaux. La “décentralisation” prônée par le think tank libéral impliquerait le transfert des personnels dédiés des services académiques d’inspection de l’apprentissage.

10/10/2017 | ACTUALITÉ

Les conseils régionaux devraient être pleinement responsables du pilotage territorial de la formation professionnelle, recommande l’institut Montaigne dans une étude publiée le 8 octobre, parmi une série de mesures visant à développer l’apprentissage en France. Actuellement, la formation professionnelle “initiale” est pilotée d’un côté par la voie scolaire (lycées professionnels), qui relève de l’éducation nationale, et de l’autre par la voie professionnelle (centres de formation d’apprentis, CFA), qui relève des conseils régionaux. Cette coexistence “interdit un véritable pilotage” de la carte des formations professionnelles initiales “de manière souple et cohérente”, regrette l’institut Montaigne, think tank réputé libéral. Il y voit “un obstacle à la fois à l’adaptation de l’offre de formation aux besoins du monde économique et à la rationalisation des coûts”. L’étude relève des “implantations parfois inadaptées” ou l’“impossibilité de fermer certaines classes en lycée professionnel dont on sait pourtant qu’elles devraient l’être”. Transfert de personnel Pour l’institut, les conseils régionaux apparaissent comme “la collectivité locale la plus à même de réaliser les arbitrages nécessaires sur la carte” de ces formations, compte tenu “de leurs compétences générales en matière de développement économique, de formation professionnelle continue et par leur proximité avec le monde économique”. Cette “décentralisation” impliquerait le transfert des personnels dédiés des services académiques d’inspection de l’apprentissage (SAIA). Actuellement logés au sein des rectorats, ces services sont responsables du contrôle pédagogique des formations dispensées en CFA. Le conseiller d’orientation doit aussi être placé sous l’égide de la région, recommande l’institut, de même que les personnels enseignants des lycées professionnels. Cette décentralisation s’accompagnerait aussi d’“une exigence de résultats”, qui pourrait se traduire par une “indexation des dotations” ou par “des transferts de recettes” aux régions, dépendant directement des “efforts consentis par les régions en la matière” et des “résultats obtenus”. Préparation à l’apprentissage pour les décrocheurs En outre, l’institut propose de généraliser le dispositif d’initiation aux métiers en alternance (Dima), ouvert aux jeunes de 16 ans et qui reste aujourd’hui “anecdotique”. Autres idées : la création d’une filière de préparation à l’apprentissage pour les décrocheurs, qui bénéficierait de financements “spécifiques” ; la création d’une première année en CFA sans contrat d’apprentissage (équivalent à la seconde professionnelle en bac professionnel). L’institut estime que ces mesures, qui doivent selon lui être prises en compte dans leur globalité, auraient un effet “bénéfique” sur les finances publiques. Le coût annuel d’un apprenti au niveau du bac professionnel pour les finances publiques (État et région) est estimé à 6 300 euros, contre 12 400 euros pour un élève en lycée professionnel. Avec AFP  


La Cour des comptes demande un droit de suite sur la gestion des enseignants

Quatre ans après un rapport très polémique sur le métier d’enseignant, la Cour des comptes se rappelle au bon souvenir du ministère de l’Éducation nationale le 4 octobre, taclant le manque de courage des ministres, incapables d’assortir les moyens qu’ils injectent dans le système éducatif de contreparties en termes de conditions d’exercice et d’organisation du temps de travail.

04/10/2017 | ACTUALITÉ

“Une occasion a certainement été manquée.” Avec tact, la Cour des comptes relève le peu de cas qui a été fait par le ministère de l’Éducation nationale d’un rapport pourtant très clair, dénommé “Gérer les enseignants autrement” et publié en mai 2013. La pédagogie consistant bien souvent dans l’art de la répétition, les magistrats financiers de la troisième chambre ont donc eu la bonne idée de remettre au goût du jour leurs propositions dans un nouvel opus reprenant exactement le même titre, publié le 4 octobre 2017. Passées les amabilités, la Cour en vient aux choses sérieuses, détaillant par le menu “les rigidités”, “la déconnexion”, “le défaut de lisibilité et d’attractivité”… En somme, “le manque d’ambition” des ministres de l’Éducation nationale, s’agissant de la gestion des ressources humaines. “Aux enjeux quantitatifs [874 000 enseignants, soit les trois quarts des agents de la catégorie A de l’État, ndlr] s’ajoutent des enjeux qualitatifs évidents”, affirme-t-elle. “Méthode de la contrepartie” Car l’éducation nationale souffre d’un péché originel : en contrepartie d’efforts budgétaires importants, elle n’a jamais su négocier de modification des conditions de gestion des enseignants en vue de faire face aux exigences du système éducatif. “Ce que nous proposons, c’est la méthode de la contrepartie, explique Géraud Guibert, conseiller maître et coauteur de ce rapport. Toutes les mesures que nous présentons peuvent être discutées et mises en œuvre.” La Cour des comptes a tiré trois constats principaux : tout d’abord, le cadre d’exercice du métier d’enseignant demeure en décalage avec les objectifs qui leur sont assignés et les attentes qui s’expriment à leur égard. Ensuite, le système d’affectation des enseignants reste insuffisamment adapté aux contextes locaux, aux profils des élèves et à la difficulté des postes. Enfin, les pilotages des effectifs, des rémunérations et du temps de travail des enseignants font l’objet de décisions multiples et déconnectées, sans cohérence d’ensemble ni mise en perspective pluriannuelle. Créer des licences bivalentes Même si la formation initiale des enseignants a été rétablie en 2013 à travers la création d’écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), “la professionnalisation des futurs enseignants” laisse encore à désirer. “L’offre de formation des universités pourrait mieux tenir compte en amont des besoins du système scolaire, par exemple en créant un plus grand nombre de licences bivalentes, qui permettraient notamment une diversification de la formation des professeurs des écoles”, suggère ainsi la Cour, comme elle le faisait déjà en 2013. Quant à la formation continue, elle n’est une obligation que pour les enseignants des écoles primaires. “Cela place la France en net décalage par rapport aux autres pays européens, dans lesquels la formation continue constitue une obligation professionnelle et une condition à l’obtention d’une promotion”, relève Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes. Lequel ajoute que “contrairement au reste de la fonction publique, il n’existe pas d’entretien annuel de formation pour les enseignants”. Annualiser le temps de travail S’agissant de la réforme du temps de travail des enseignants de collèges et lycées engagée en 2014 par l’ancien ministre Vincent Peillon, elle n’a eu “qu’une portée et des résultats limités”, l’annualisation du temps de travail n’ayant même pas été envisagée par le ministre. En restant à un rythme de travail hebdomadaire (18 heures pour un professeur certifié et 15 heures pour un agrégé), “aucune souplesse n’a été introduite” et l’ensemble des heures d’activités effectuées en dehors de la classe ne sont toujours pas comptabilisées.  Au sujet de l’évaluation des enseignants, réformée à la rentrée 2017 à la faveur du protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR), la Cour relève que ce système nouveau ne modifie pas les fondements du dispositif actuel, le rôle d’appréciation des chefs d’établissement restant “modeste”. En outre, l’évaluation “n’incorpore pas d’éléments tenant aux résultats des élèves, ce qui demeure atypique au plan international – comme si les résultats des élèves n’étaient pas intéressants”, commente Didier Migaud, qui souligne que ses remarques relèvent du “bon sens”. Chefs d’établissement sans marges de manœuvre En termes de pilotage, la Cour souligne enfin que les responsables d’établissement (directeurs d’école ou chefs d’établissement) demeurent “dans un positionnement ambigu vis-à-vis des enseignants”, qui ne leur permet pas de disposer de marges de manœuvre suffisantes pour adapter au plus près l’organisation de l’enseignement aux besoins des élèves, “alors même qu’ils sont les mieux placés pour le faire”. Ce “bon sens” parviendra-t-il à pénétrer les esprits de la Rue de Grenelle ? Et plus précisément celui du ministre, Jean-Michel Blanquer, dont les écrits et les engagements recoupent fort les constats du rapport “Gérer les enseignants autrement” [lire notre interview] ? “Ces recommandations viennent nourrir la réflexion actuelle en matière de ressources humaines dans l’éducation nationale”, écrit ainsi le ministère dans sa réponse à la Cour des comptes. Prime à négocier Jean-Michel Blanquer, qui vient de procéder à un changement de directeur général des ressources humaines [lire notre article], revendique d’ailleurs une politique des ressources humaines “globale et systémique” portant aussi bien “sur le recrutement et la formation, initiale et continue, que sur la gestion et la diversification des carrières”. Et comme un premier gage d’adoption de “la méthode de la contrepartie” prônée par les magistrats financiers, le ministre a annoncé que le versement de la prime de 3 000 euros aux enseignants de l’éducation prioritaire – promesse de campagne d’Emmanuel Macron – serait conditionné à “une négociation” avec les parties prenantes [lire notre article].


Les maires ne se font pas prier pour revenir à la semaine de 4 jours d’école

Selon l’Association des maires de France (AMF), plus de 43 % des communes ont opté pour un retour à la semaine de 4 jours à l’école. Les régions académiques Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Nord-Pas-de-Calais caracolent en tête.

19/09/2017 | ACTUALITÉ

À force, l’Association des maires de France (AMF) aura bel et bien la peau de la réforme des rythmes scolaires initiée par l’ancien ministre, Vincent Peillon. En cette rentrée, pas moins de 43,3 % des communes sont repassées à la semaine des 4 jours, annonce l’association le 19 septembre. Soit plus encore qu’escompté par le ministère de l’Éducation nationale, qui tablait en juillet sur un total – déjà impressionnant – de 36,8 %. D’assouplissement en dérogation, le premier coup de canif avait été donné par les propres successeurs du ministre socialiste, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, à travers deux décrets en mai 2014 et en avril 2017. Mais le coup de grâce est venu de la main de Jean-Michel Blanquer, dès son arrivée rue de Grenelle, en mai. À l’époque, les associations d’élus communaux s’étaient ouvertement inquiétées de tant d’empressement, tout en saluant sous cape la charge portée par le nouveau ministre à l’encontre de la semaine de 4,5 jours [lire notre article]. Année scolaire très courte “Ce sujet des rythmes scolaires avait mis la France dans une ornière, estimait, fin août, Jean-Michel Blanquer [lire notre interview]. Le grand problème en 2012 et 2013, c’est qu’une solution uniforme a été appliquée à l’ensemble du pays. Et les discussions préalables n’ont rien changé à cette sensation de plaquage.” Place, donc, aux “nouveaux rythmes”, clame l’AMF*. Ceux de 2017, qui ne sont autres que ceux de 2008, date à laquelle le ministre d’alors, Xavier Darcos, décidait subitement de passer à la semaine de 4 jours. Un acte très politique qui fait de l’année scolaire française l’une des plus courtes de l’OCDE, avec 144 jours. La rentrée 2017 affiche néanmoins une différence notable : le planning des écoliers varie largement d’une localité à l’autre. L’enquête de l’AMF montre ainsi que dans l’académie de Lille, ce sont 78,5 % des communes qui sont revenues à 4 jours ; elles sont 82,4 % dans celle d’Aix-Marseille et 81,2 % dans celle de Nice (région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur). “Le record est détenu par la Corse, avec 97 % de communes revenues à 4 jours (seules 4 communes ne l’ont pas fait)”, relève l’AMF. À l’inverse, les académies de Poitiers et Nantes (respectivement 12,3 % et 18,4 % de retour aux 4 jours) sont celles qui sont le plus restées sur une organisation à 4,5 jours. Dix académies plus promptes au retour en arrière Des disparités se font jour au sein même des académies, d’un département à l’autre. Ainsi, dans l’académie de Bordeaux, “on passe d’un taux de retour de 37,6 % dans le Lot-et-Garonne à… 1,6 % dans les Landes ; idem dans celle de Besançon, avec 51,6 % en Haute-Saône contre 5,5 % dans le Jura ; encore celle de Limoges, avec un grand écart entre les 74 % dans la Creuse et les 13,4 % de la Haute-Vienne”, énumère l’AMF. Au final, 10 académies de métropole sont au-dessus de 50 % de retour aux 4 jours : Aix-Marseille, Amiens, la Corse, Créteil, Dijon, Lille, Montpellier, Nice, Rouen et Versailles. Pour leur part, les 3 grandes métropoles que sont Paris, Lyon et Marseille n’ont pas modifié leur organisation du temps scolaire, “même si les deux dernières réfléchissent à le faire l’an prochain”, indique encore cette enquête. Pour soigner encore le travail, l’AMF promet de mener une nouvelle enquête auprès des communes et intercommunalités “pour connaître les motifs de leur choix d’un retour aux 4 jours ou d’un maintien à 4,5 jours et en mesurer les impacts en termes financiers et d’organisation”. Des résultats qui seront scrutés par la Rue de Grenelle lorsqu’ils seront rendus publics, à l’occasion du Congrès des maires, le 22 novembre.   * L’AMF a réalisé une carte – accessible sur le site Maire-info.com – des 21 735 communes disposant d’au moins une école publique.  


NOMINATIONS

France Médias Monde “récupère” sa présidente

Retour à la normale pour France Médias Monde. Privé de P.-D.G. depuis deux mois à cause d’un problème administratif, le groupe va finalement retrouver sa dirigeante. Marie-Christine Saragosse vient en effet d’être reconduite, sans réelle surprise, mercredi 18 avril dernier, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), au terme d’une nouvelle procédure. Son mandat durera cinq ans à compter du lundi 23 avril, indique le CSA, qui précise avoir “apprécié l’expérience et la compétence de Mme Saragosse qu’attestent tant son parcours professionnel que les actions qu’elle a engagées depuis son premier mandat à la tête de l’entreprise”.  Pour mémoire, Marie-Christine Saragosse, à la tête de France Médias Monde depuis 2012, avait été reconduite l’an dernier pour un mandat de cinq ans. Mais pour ce nouveau mandat, qui avait démarré le 5 octobre, elle aurait dû faire parvenir dans un délai de deux mois à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) une déclaration de situation patrimoniale de fin de fonctions, ainsi qu’une nouvelle déclaration d’intérêts. Une procédure que l’intéressée n’a pas effectuée dans les temps faute, selon ses explications, d’avoir été avertie d’un changement des modalités de déclaration, ce qui a fait automatiquement tomber son mandat. Le CSA avait alors décidé de relancer une procédure classique de nomination, pour laquelle ne s’est manifesté qu’un seul autre candidat, à savoir le journaliste sportif Michel Goldstein. C’est le doyen des administrateurs du groupe, Francis Huss, qui assurait, depuis l’annulation du mandat de Marie-Christine Saragosse, l’intérim de la présidence.  Rappelons que le groupe France Médias Monde, ex-Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui regroupe France 24, RFI et la radio française en langue arabe Monte Carlo Doualiya, est présent dans 180 pays. Ancienne directrice générale de TV5 Monde Diplômée de l’IEP de Paris et titulaire d’un DEA d’économie de l’École des hautes études en sciences sociales, Marie-Christine Saragosse, 58 ans, est aussi une ancienne élève de l’École nationale d’administration (promotion Fernand Braudel, 1987). Cette administratrice civile hors classe a notamment, et entre autres, occupé à plusieurs reprises des postes à responsabilités au sein de la S.A. Satellimages-TV5 (désormais baptisée TV5Monde) à partir de 1997. Directrice générale adjointe du groupe, puis directrice générale de 1997 à 2006, elle y a aussi été vice-présidente entre 2001 et 2006 et à nouveau directrice générale, sur la période 2008-2012. Plus tôt dans sa carrière, Marie-Christine Saragosse avait en outre été conseillère technique, entre 1991 et 1993, au cabinet de la ministre déléguée à la Francophonie de l’époque, à savoir Catherine Tasca, ainsi que chargée de mission et sous-directrice à la direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques du ministère des Affaires étrangères entre 1993 et 1997. (avec AFP)

19/04/2018 | NOMINATION FRANCE


Laura Flessel et Jean-Baptiste Lemoyne lancent la mission “Sport et tourisme”

Afin de préparer le prochain conseil interministériel du tourisme (CIT), qui se tiendra le 19 juillet prochain, la ministre des Sports, Laura Flessel, et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, ont annoncé conjointement, le 17 avril, le lancement d’une mission sur la thématique “Sport et tourisme”. Forte de 4 personnalités issues du monde du tourisme, du sport et du Parlement, cette mission fait suite à l’annonce récente par le Premier ministre, Édouard Philippe, qu’une partie des travaux du prochain CIT serait consacrée à la thématique “Sport et tourisme”. Dans ce cadre, les missionnés sont chargés d’étudier les conditions de la réussite touristique des grands événements sportifs à venir, “notamment dans la perspective des jeux Olympiques et Paralympiques 2024”, en recueillant “les contributions de tous les acteurs concernés”, et de faire des recommandations au gouvernement, indique un communiqué du 17 avril. Ces derniers justifient de parcours diversifiés. Pascale Roque est directrice générale de Pierre et Vacances Loisirs depuis 2016. Cette ancienne élève de l’Essec a également été directrice générale “France” du groupe B & B Hôtels de 2013 à 2016. Elle a en outre occupé plusieurs fonctions à responsabilités au sein d’Accor Hôtels de 2001 à 2009. Benjamin Dirx, pour sa part, est député LREM de Saône-et-Loire depuis 2017. Âgé de 39 ans, diplômé du Staps de l’université de Bourgogne et titulaire d’un master “administration et gestion des entreprises”, il était notamment gérant de l’institut de formation professionnelle “Accompagnement et développement” à Berzé-la-Ville, en Bourgogne, depuis 2016.  Laurent Queige est délégué général du Welcome City Lab, un incubateur de start-up spécialisées dans le tourisme, depuis 2014.  Titulaire d’un master en tourisme, il a aussi, et entre autres, été directeur de cabinet de l’adjoint au maire de Paris chargé du tourisme, de 2001 à 2013 et, plus tôt dans sa carrière, chargé du schéma régional du tourisme 2000-2010 au comité régional du tourisme d’Île-de-France sur la période 1998-2001. Patrick Doussot, pour sa part, est vice-président de l’office du tourisme du Touquet, dans le Pas-de-Calais, chargé des infrastructures sportives de la ville. 

18/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Emmanuel Marcovitch promu à la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais

Jusqu’ici secrétaire général de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais, l’ancien collaborateur de Manuel Valls à Matignon, Emmanuel Marcovitch, a été nommé directeur général délégué de l’établissement public. Il remplace ainsi Valérie Vesque-Jeancard, en poste depuis 2011. Rappelons que la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais est issu de la fusion de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais en 2011. Elle a pour mission de contribuer à la diffusion et la connaissance du patrimoine muséographique de l'État, et est notamment chargée de la mise en valeur du patrimoine immobilier du Grand Palais. Emmanuel Marcovitch, 44 ans, a été directeur général adjoint de l’AFP (Agence France Presse), de 2012 à 2014, puis directeur général adjoint, directeur administratif et financier, de 2014 à 2016, avant de rejoindre le cabinet de Manuel Valls à Matignon, en 2016. Il y a été le conseiller technique médias et industries culturelles du Premier ministre. Diplômé de l’École de management Télécom, et ancien élève de l’ENA (promotion "Aristide Briand", 2008), ce conseiller référendaire à la Cour des comptes a travaillé, dans les débuts de sa carrière, chez Vivendi Universal, d’abord comme responsable des études multimédia puis comme directeur de programme (1998/2001). Il est entré, à sa sortie de la prestigieuse école d’administration, à la Cour des comptes, avant de rejoindre l’AFP en 2012.

17/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Deux commissaires généraux nommés dans le cadre du plan Culture près de chez vous

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a confié le commissariat général d’une exposition itinérante de chefs-d’œuvre des collections nationales, visant à faire circuler lesdits chefs-d’œuvre en France, à la directrice des musées d’Orléans, Olivia Voisin, et au directeur de la Réunion des musées métropolitains de Rouen, Sylvain Amic. La nomination de ces deux commissaires avait été annoncée dans le cadre du plan « Culture près de chez vous » que la ministre avait présenté, le 29 mars dernier, à la Grande Halle de la Villette. Ils “proposeront, en concertation avec les responsables des collections nationales, un projet d'exposition des chefs-d’œuvre reconnus et destinés à être présentés dans les territoires, dans les lieux tant muséaux que non muséaux” indique Françoise Nyssen dans un communiqué. A l’occasion de la nuit des musées 2018, le 19 mai prochain, un premier projet sera présenté. Olivia Voisin dirige les musées d’Orléans depuis 2015. Elle y a notamment monté, souligne le communiqué, une cellule de réflexion sur la mobilité des œuvres selon des critères de conservation et de contraintes économiques. Docteure en histoire de l’art de l’université Paris Sorbonne, Paris IV, elle a démarré comme chargée de clientèle à l’agence de publicité et de communication Duval Guillaume France, de 2007 à 2008. Spécialiste du XIXe siècle, Olivia Voisin a aussi été chercheuse associée à la Bibliothèque nationale de France, au département des arts du spectacle, de 2009 à 2011, puis, de 2013 à 2015, conservatrice du département Beaux-Arts du musée de Picardie à Amiens. Sylvain Amic est directeur de la Réunion des musées métropolitains de Rouen depuis 2016. Diplômé de l’Institut national du Patrimoine, il a d’abord été instituteur et a dirigé l'École française de Banjul, en Gambie, avant de devenir conservateur du patrimoine au Musée Fabre de Montpellier dont il sera le conservateur en chef (2000/2011). Il a ensuite été nommé directeur des musées de Rouen (2011/2015).

17/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Une nouvelle directrice générale adjointe au Centre des monuments nationaux

Au Centre des monuments nationaux, un poste de directrice générale adjointe, chargée de l’innovation, du développement et des grands projets a été créé le mois dernier et confié à Valérie Senghor. Dans ce cadre, elle est cheffe du projet de réhabilitation du château de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. Diplômée d’HEC, de Sciences Po Paris et des mines ParisTech, Valérie Senghor a d’abord créé sa propre entreprise dans la production de contenus artistiques multimédia avant d’intégrer de plus grandes entreprises d’édition. Elle a notamment rejoint le groupe Editis, où elle a été directrice du marketing éditorial et du développement, de 2001 à 2007. Valérie Senghor a ensuite rejoint le centre Centquatre, établissement artistique de la ville de Paris ouvert en 2008, dont elle a accompagné la création puis le déploiement. Elle y a été la directrice du développement économique de 2007 à 2014, puis la directrice déléguée au développement et à l’innovation, de 2014 à 2016, avant d’être, en plus de cette dernière fonction, nommée directrice adjointe de 2016 à 2018.

17/04/2018 | NOMINATION FRANCE


Un coordinateur Action publique 2022 pour les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement sup'

Placé auprès de Marie-Anne Lévêque, secrétaire générale des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, un expert de haut niveau (groupe III) a pris ses fonctions ce 16 avril 2018. L’administrateur civil hors classe Laurent Crusson sera ainsi chargé de coordonner et d'animer les chantiers de modernisation ouverts dans le cadre du programme Action publique 2022. Il s’agit d’une création de poste. Laurent Crusson, 45 ans, occupait depuis un an le poste de chef du service de l'enseignement technique à la direction générale de l’enseignement et de la recherche du ministère de l’Agriculture. Conseiller technique, en 2013-2014, chargé du premier et du second degré et du décrochage scolaire au cabinet du ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Vincent Peillon, le haut fonctionnaire a aussi été, de 2014 à 2017, sous-directeur des rémunérations, de la protection sociale et des conditions de travail à la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), au ministère de la Fonction publique. Une direction pilotée de 2013 à 2015 par Marie-Anne Lévêque. Titulaire d’un Capes d’histoire-géographie et d’une agrégation d’histoire, Laurent Crusson avait débuté comme enseignant dans le secondaire, entre 1996 et 2003. À sa sortie de l’ENA (promotion « République ») en 2007, il avait intégré le ministère de l’Éducation nationale comme adjoint au chef du bureau, puis chef du bureau de l’expertise statutaire et indemnitaire à la direction des affaires financières (2007-2009). Il avait ensuite pris les fonctions de chef du bureau des lycées d’enseignement général et technologique à la direction générale de l’enseignement scolaire de ce même ministère, de 2009 à 2011 avant de devenir, de 2011 à 2013, chef du bureau de l’encadrement supérieur à la DGAFP.

16/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un délégué ministériel aux J.O. 2024 nommé à l’Éducation et à l’Enseignement supérieur

Recteur de la région académique de Bretagne, ainsi que recteur de l’académie de Rennes jusqu’à février dernier, Thierry Terret a été nommé délégué ministériel aux jeux Olympiques et Paralympiques pour les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est, à ce titre, membre du comité de coordination des jeux Olympiques, chargé de la coordination de l’organisation des J.O. de 2024 en France [lire notre article sur le sujet]. Âgé de 54 ans, docteur en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) et agrégé d’éducation physique et sportive, ce professeur des universités a réalisé la première partie de carrière en tant que professeur en collège et lycée, à partir de 1985, avant de devenir maître de conférences, puis professeur à l’institut de formation des maîtres de Lyon entre 1992 et 2003. Professeur en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l’université de Lyon-I Claude-Bernard sur la période 2003-2012, il a aussi été, parallèlement, directeur du Centre de recherche et d’innovation sur le sport (Cris), toujours à Lyon, à partir de 2006. Thierry Terret avait ensuite été nommé une première fois recteur d’académie en 2013, à La Réunion, avant de devenir recteur de Bretagne en 2016.

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Le Centre national du livre compte 7 nouveaux présidents de commission

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a nommé 7 nouveaux présidents de commission au Centre national du livre. Ils prendront leurs fonctions le 16 avril. Placé sous la tutelle du ministère de la Culture, cet établissement public a pour but de faire rayonner la création francophone littéraire, en soutenant, par le biais notamment de ses commissions, les acteurs de la chaîne du livre (auteurs, éditeurs, libraires, organisateurs de manifestations littéraires, etc.).  Les nouveaux présidents sont : Pour la commission “Bande dessinée” : Catel Muller (photo), 53 ans, auteure de bande dessinée et illustratrice française sous le nom de “Catel. Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, elle débute sa carrière comme dessinatrice de presse et illustratrice jeunesse en publiant notamment des albums pour enfants aux éditions Hachette, Épigones, Nathan, Dupuis et Hatier. Elle s’adresse, depuis 2000, à un public adulte avec la série Lucie, à travers des portraits de femmes. Elle remplace “Baru”, à savoir Hervé Barulea. Pour la commission “Histoire et sciences de l’Homme et de la société” : Patrick Boucheron, né en 1965, professeur au Collège de France depuis 2012, titulaire de la chaire “Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles”. Ce normalien, agrégé d’histoire, est par ailleurs président du conseil scientifique de l’École française de Rome depuis 2015, spécialiste de l’histoire politique et monumentale des villes italiennes. Il remplace Jean-Pierre Azéma. Pour la commission “Roman” : Laurent Mauvignier, écrivain né en 1967. Diplômé d’arts plastiques aux Beaux-Arts, il publie son premier roman, Loin d’eux, en 1999, aux Éditions de Minuit. Depuis, il a publié plusieurs autres romans, mais aussi des textes pour le théâtre, et a écrit pour la télévision et le cinéma. Il a notamment publié Retour à Berratham, prix Émile Augier de l’Académie française, et Continuer, aux Éditions de Minuit. Il remplace Lydie Salvayre. Pour la commission “Extraduction sciences et sciences humaines” : Rebecca Byers, directrice des droits et acquisitions aux éditions Perrin depuis 2005. Elle est également responsable des droits “France” (littérature étrangère) pour les éditions Plon/Feux croisés et Les Escales. Elle a aussi été présidente de la commission internationale du Syndicat national de l’édition de 2011 à 2016. Elle remplace Anne Coldefy-Faucard. Pour la commission “Littérature classique et critique littéraire” : Florence Lotterie, professeure de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris-Diderot depuis 2011, associée au Centre d’études et de recherches interdisciplinaires de l’UFR lettres, arts, cinéma (Cerilac). Docteure en lettres et sciences humaines de l’université Paris-X, elle a été, au début de sa carrière, professeure en collège. Elle a été maître de conférences à l’université Marc-Bloch de Strasbourg (1999-2006), puis à l’École normale supérieure-LSH de Lyon (2006-2011). Elle remplace Eléonore Reverzy. Pour la commission “Philosophie, psychanalyse et sciences des religions” : Catherine Chalier, professeure émérite de philosophie à l’université Paris-Ouest. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur les liens entre la pensée hébraïque et la philosophie, spécialiste de l’œuvre d’Emmanuel Levinas. Elle remplace Myriam Revault d’Allonnes. Pour la commission “Littérature scientifique et technique” : Jean-Michel Besnier, né en 1950, professeur des universités enseignant la philosophie à l’université de Paris-IV Sorbonne. Il y dirige le master “Conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées”. Chercheur depuis 1989 au Centre de recherche en épistémologie appliquée (Crea), laboratoire du CNRS et de l’École polytechnique, il a créé et dirigé un cursus intitulé “Humanisme et Modernité” à l’École centrale de Paris (de 1990 à 1997). Il remplace Françoise Balibar.

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Une cadre du musée du Quai Branly rejoint une entreprise de luxe

Elle dirigeait les expositions et les productions du musée parisien du Quai Branly, celui de Jacques Chirac, depuis sa création il y a douze ans. Hélène Fulgence a fait ses valises pour rejoindre le groupe de luxe Chanel en tant que directrice du patrimoine. Elle succède ainsi à Emanuel Coquery, devenu pour sa part directeur scientifique de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais. Diplômée d’HEC, Hélène Fulgence, née en 1964, était entrée au Centre Pompidou, de 1991 à 1994, comme adjointe de l’administrateur général. Directrice au centre dramatique national de Bourgogne (1995-1998), puis directrice adjointe au festival parisien Quartier d’été (1998-2000), elle devient responsable de la préfiguration culturelle de la Cinémathèque française à Bercy, au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) (2000-2001). À partir de 2002, elle pilote la préfiguration culturelle du futur musée du Quai Branly, avant d’y prendre la direction des expositions et des productions en 2006.  

13/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un groupe d’études sur la démocratie participative constitué à l’Assemblée nationale

À l’Assemblée nationale, un groupe d’études “Démocratie participative et e-démocratie” a tenu sa réunion constitutive début avril et a désigné la députée de La République en marche (LREM) du Nord Valérie Petit comme sa présidente. Ce groupe a pour objectifs de “partager les bonnes pratiques et innovations de démocratie participative, de réfléchir aux délivrables législatifs pour les favoriser et de sensibiliser les médias à ces nouvelles pratiques”, indique à Acteurs publics un collaborateur de la députée du Nord.  Il ajoute que si la e-démocratie sera abordée au cours des travaux, elle n’en constitue pas le cœur. Le groupe a en effet vocation à s’intéresser à toutes les initiatives visant à inclure les citoyens et autres acteurs dans la décision politique, à l’instar du “Bus citoyen”, baptisé "Civic Bus", la permanence mobile de Valérie Petit dans sa circonscription, qui permet d’amener “la démocratie et le goût de la chose publique chez les gens”, plutôt “que de demander aux citoyens de venir dans une permanence”, explique encore son collaborateur. Valérie Petit, 41 ans, fait partie de la vague de députés LREM arrivés à l’Assemblée nationale en 2017. Elle officiait, avant son élection, au sein de l’école de commerce Edhec, en tant que professeure de management depuis 2003 et directrice du centre d’innovation de l’école Open Leadership for Diversity and Inclusion depuis 2015. La députée est notamment docteure en sciences de gestion du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et titulaire d’un master de l’IEP de Lille. Elle a été, de 2017 à mars dernier, corapporteure sur la mission d’évaluation des dispositifs d’évaluation des politiques publiques.

12/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Une présidente à la tête du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale

C’est une femme qui, pour la première fois dans l’histoire des députés socialistes, présidera le groupe Nouvelle Gauche, composé de 31 députés dont 3 apparentés, à l’Assemblée nationale. La députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault remplace ainsi Olivier Faure, devenu le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste. Valérie Rabault, 44 ans, l’a emporté par 21 voix contre 7 à Guillaume Garot, ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire entre 2012 et 2014, a tweeté le groupe. Deux députés se sont abstenus. L’ancienne rapporteure générale de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire de 2014 à 2017, spécialiste des finances publiques, est députée du Tarn-et-Garonne depuis 2012 et conseillère municipale de Montauban, dans le département, depuis 2014. Diplômée de l’École nationale des ponts et chaussées, cette ingénieure a été conductrice de travaux BTP et génie civil, puis inspectrice à la Société générale de 1998 à 2003, avant de rejoindre le groupe BNP Paribas pour devenir chargée de la surveillance des risques (2003-2010). Valérie Rabault y était, avant son élection, responsable de la prospective et des risques des marchés à la BNP Paribas Arbitrage (2010-2012).

11/04/2018 | NOMINATION FRANCE

Un nouveau secrétaire général est nommé au Conseil supérieur des programmes

En remplacement de Véronique Fouquat, professeure agrégée, un nouveau secrétaire général a été nommé au Conseil supérieur des programmes par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale. Il s’agit de David Bauduin, inspecteur d’académie et ancien conseiller de l’ex-ministre Luc Chatel. Inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional de lettres de l’académie d’Orléans-Tours (vice-doyen) de 2012 à mars dernier, David Bauduin avait été chargé, l’année dernière, conjointement avec Pascal Charvet, par l’actuel ministre de l’Éducation nationale, d’une mission sur la valorisation des langues et cultures de l’Antiquité. Agrégé de lettres classiques, ce professeur de 44 ans a fait une partie de sa carrière en collège et lycée, jusqu’en 2009, date à laquelle il est entré en cabinet ministériel. D’abord conseiller “discours” au cabinet de Dominique Bussereau, alors secrétaire d’État chargé des Transports, il avait ensuite rejoint le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Luc Chatel (2010-2012), en tant que conseiller technique.

11/04/2018 | NOMINATION FRANCE