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Les rendez-vous du Club : Yves Colcombet (9 février 2010)

 

 

Le dessinateur de l’État local

Yves Colcombet, ex-directeur du projet “administration territoriale” auprès du Premier ministre, recevait, le 9 février, les membres du Club à l’hôtel de Cassini. Un rendez-vous d’une actualité brûlante avec un interlocuteur sans langue de bois.

En plein big-bang de l’administration territoriale, qui, mieux qu’Yves Colcombet, pouvait exposer aux membres du Club les tenants et aboutissants de cette réforme d’ampleur ?
Pendant deux ans, ce conseiller de la Cour des comptes a préparé avec minutie la transformation des préfectures et des services déconcentrés ministériels. Des changements qui se sont concrétisés le 1er janvier dernier. Depuis Matignon et en se déplaçant sur le terrain, il est entré dans les moindres détails d’une restructuration qui a conduit à revoir de fond en comble organigrammes, contours des services et implantations immobilières.
S’exprimant sans langue de bois, l’ex-patron de la Mirate* a décrit comment sa tâche a essentiellement consisté à trouver une multitude de solutions à des problèmes très concrets. “Une telle réorganisation nécessite d’effectuer en permanence un tas de petits arbitrages qu’il faut prendre rapidement afin de ne pas bloquer le pro­cessus.” Le volet immobilier est l’un des points cruciaux. En la matière, Yves Colcombet regrette que le patrimoine des ministères demeure trop cloisonné : les bâtiments de la justice, de la défense et des finances publiques restant totalement indépendants.

De g. à d.: Nicolas Naegelen,directeur général en charge du secteurpublic, Logica Management Consulting,Dominique Bernard, associé secteurpublic, PricewaterhouseCoopers, et Yves Colcombet, directeur de la Mirate

Il espère en outre que l’outil informatique Chorus adoptera une logique de plus en plus interminis­térielle et facilitera à l’avenir les mutuali­sations de dépenses, avec la possibilité de les ventiler par services.

Portage politique

Sur le fond, le haut fonctionnaire a réaffirmé l’importance du portage politique des réformes administratives. L’impulsion venue de l’Élysée dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques a été déterminante. “La création d’une mission à Matignon a aussi été un coup de génie pour surmonter bien des blocages”, ajoute-t-il. Mais la réforme de l’État s’inscrit dans la durée et les mécanos de la réforme doivent convaincre les responsables politiques du caractère stratégique de certaines décisions techniques, comme par exemple en matière de système d’information. Ou que les économies attendues demain exigent des dépenses supplémentaires aujourd’hui. Dernier enseignement du dessinateur de l’État local : le pilotage des réorganisations doit être mené par des personnes ayant l’expérience du terrain.

Les membres du Club réunis à l'hôtel de Cassini, autour d’Yves Colcombet.


“Les services font parfaitement la différence entre les instructions totalement déconnectées de la réalité et celles imaginées par des décideurs qui connaissent le quotidien des agents”, a conclu l’hôte des membres du Club.

*Mission interministérielle pour la réforme de l’administration territoriale de l’État (Mirate), au sein des services du Premier ministre..

 

Les rendez-vous du Club

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