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Christian Pierret : “Les communes devront dégager de fortes économies”

13 mars 2013, PAR Xavier Sidaner
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Le président de la Fédération des villes moyennes (FVM) réagit pour Acteurs publics aux annonces faites par Matignon pour sceller le pacte de confiance entre l’État et les collectivités. Les villes moyennes, selon Christian Pierret, ne peuvent plus augmenter des impôts locaux déjà très élevés.


Le 12 mars, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, recevait les associations d’élus quinze jours à peine après un dîner à Matignon. Cette rencontre était-elle utile ?
Oui, nous avons apprécié cette rencontre, qui avait lieu dans un cadre plus formel que le dîner du 1er mars. Elle préfigurait dans sa composition le futur haut conseil des territoires prévu dans la loi de décentralisation. L’ensemble des parties ont pu discuter des modalités du pacte de confiance et de responsabilité promis entre l’État et les collectivités, ce qui, dans la démarche, tranche avec les pratiques antérieures qui nous mettaient devant le fait accompli.

Cette rencontre intervient néanmoins après des annonces brutales de coupes dans les dotations aux collectivités locales. Le gouvernement vous-a-t-il rassuré sur ce point ?
Concernant les communes, le Premier ministre a annoncé une stabilisation du système qui prévaut à la définition des ressources du bloc communal et une prise en compte des difficultés rencontrées par les villes moyennes qui, en tant que villes manufacturières, sont frappées par la crise et les fermetures d’usines. Cela va donc dans le bon sens, tout comme peut le faire la révision des bases locatives.

Sans oublier la solidarité entre communes…
Oui, c’est vrai, et là aussi le Premier ministre a promis une dynamique plus forte de la dotation de solidarité urbaine (DSU) et du fonds de péréquation horizontale. C’est essentiel pour diminuer les inégalités entre communes et pour faire en sorte que les plus pauvres puissent bénéficier de la solidarité des autres communes.

Par rapport aux régions et aux départements, diriez-vous que les villes sont perdantes ?
Les annonces faites par le Premier ministre le 12 mars vont dans le bon sens. Mais il est vrai que l’effort de 4,5 milliards d’euros qui est demandé aux collectivités – auquel nous devons participer en tant qu’élus de villes moyennes – ne nous réjouit pas, même s’il est nécessaire. Je pense que les régions, qui sont avantagées par le projet de loi, n’ont pas à se plaindre. Elles vont bénéficier de nouvelles compétences et de moyens à la hauteur de celles-ci.

Faute d’autonomie fiscale, les communes ont-elles d’autre choix que d’augmenter les impôts ?
Comme je l’ai dit hier au Premier ministre, les villes moyennes ont déjà les taux d’imposition qui sont les plus élevés, car elles ont des charges de “centralité” élevées, du fait de la présence d’équipements qui pèsent sur les budgets. Ces taux d’imposition ne peuvent plus bouger, il n’y a plus de marges de manœuvre.

Reste la piste qui consiste à diminuer les dépenses de fonctionnement…
Oui, nous devons dégager des économies par nous-mêmes, qui devront être très fortes. Ce qui implique de faire des efforts pour améliorer encore notre gestion.

Propos recueillis par Xavier Sidaner