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Les mairies aux avant-postes contre la crise économique

7 juin 2013, PAR Acteurs Publics
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Les municipalités sont en première ligne contre la précarité économique. C’est ce qui ressort d’une enquête menée dans 164 villes de plus de 30 000 habitants.


La principale préoccupation des municipalités demeure l’emploi. C’est ce qu’affirme le dernier rapport de l’Observatoire national de l’action décentralisée (Odas), une association regroupant collectivités locales, entreprises et administrations publiques.  « La précarité économique est devenue la priorité des villes », affirme son délégué général, Jean-Louis Sanchez, fort de cette enquête menée dans 164 villes de plus de 30 000 habitants.

De l’autre côté, la cohésion sociale est le parent pauvre de la politique de la ville. Toutes les municipalités insistent sur « le délitement du tissu social », né de la difficulté à créer de l’emploi et nombreuses sont celles qui dénoncent « l’absence de continuité de l’État, désorientant les élus ». Alors, pour pallier ce déficit, selon l'étude, deux tiers des élus locaux ont lancé des consultations. Problème, les études ne sont jamais suivies d’effets : « Les diagnostics sur les besoins sociaux s’entassent sans coordination interne des services », remarque Jean-Louis Sanchez.

Articuler les compétences

Les municipalités ne peuvent pas non plus compter sur des partenariats solides avec les administrations et les autres collectivités. Les relations avec les caisses d’allocations familiales se sont détériorées depuis la dernière enquête de 2006 : ce ne sont plus huit, mais seulement sept villes sur dix qui considèrent comme « bonnes » leurs relations avec elles. Jean-Louis Sanchez pointe également « la difficulté à articuler les compétences municipales et les compétences départementales ». Seuls les liens entretenus avec les régions et les associations partenaires se sont améliorés en sept ans.

Pour réintroduire de la fraternité, le délégué général de l’Odas propose de créer de nouveaux liens sociaux. Il préconise notamment que, dans toutes les écoles de France, des retraités apportent leur expérience et jouent un rôle d’acteur éducatif. À Mulhouse, la municipalité a, elle, fait du samedi une journée où tous les citoyens sont mis à contribution, bénévolement, pour rénover ensemble la ville, mobilisant à chaque fois entre la moitié et les trois quarts des habitants.

La refonte de la démocratie participative est, à cet égard, en ligne de mire. « Actuellement en situation d’échec, il faut la renouveler », demande Jean-Louis Sanchez, suggérant que l’avis des conseils de quartier soit délibéré en conseil municipal. Et d’insister sur la nécessité d’« accompagner le mandat politique d’une constante participation des habitants pour atteindre la majorité ».

César Armand

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