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L’analytique au cœur du pilotage du système de santé

2 juin 2014, PAR Acteurs Publics
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La Caisse nationale d’assurance maladie dispose d’une des plus importantes bases de données au monde. Une ressource de mieux en mieux exploitée pour piloter le système de soins... et analyser la sécurité des médicaments.

Dix-huit téraoctets : c’est le volume de la base de données de la Caisse nationale d’assurance maladie, le Sniiram – Système national d’informations interrégimes d’assurance maladie – rassemble, après anonymisation, l’exhaustivité des remboursements d’assurance ­maladie et des séjours hospitaliers depuis près de dix ans.
L’analyse statistique du Sniiram contribue ainsi activement au pilotage du système de soins français, à travers des analyses récurrentes sur l’évolution des dépenses et la rémunération des professionnels de santé, des études spécifiques sur les médicaments ou encore l’analyse du « parcours de soins des patients » pour comprendre la dynamique des dépenses et améliorer leur efficience. 

Analytique et sécurité sanitaire
Le Sniiram est également utilisé dans des situations critiques pour évaluer la sécurité de certains médicaments. Les études des biostatisticiens de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) ont conduit à retirer du marché le benfluorex (Mediator) et la pioglitazone. Plus récemment, la caisse a pu réaliser en quelques mois une analyse sur la sécurité des pilules contraceptives dites de troisième génération. Nous travaillons sous forte contrainte de délais et avec le souci d’être scientifiquement irréprochables. Pour des analyses plus rapides, nous disposons d’un échantillon au centième de la base, mais les outils de traitement sont désormais si puissants que les statisticiens travaillent souvent directement sur la base exhaustive. L’échantillon sert donc surtout à partager les données avec les autorités de santé et le monde de la recherche. Tout acteur public qui en fait la demande peut y accéder, sous réserve d’autorisation de l’Institut des données de santé (IDS), et à condition de suivre une formation aux outils statistiques SAS, des outils analytiques qui permettent de faire progresser à la fois la science et la santé publique.


Docteur Philipe Ricordeau, responsable du département « Études en santé publique » à la Cnam