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Bientôt un identifiant unique pour tous les services publics en ligne

3 oct. 2014, PAR Raphaël Moreaux
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Le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, Thierry Mandon, a salué le 2 octobre le travail des équipes du projet “France Connect”. - © Witt/SIPA

En visite à la direction de l’information légale et administrative (Dila) le 2 octobre, le secrétaire d’État à la Réforme de l’État, Thierry Mandon, a salué le travail des équipes qui travaillent sur le projet “France Connect”, un identifiant numérique unique destiné à faciliter l’accès aux services publics en ligne.


Compte Ameli pour l’assurance maladie, connexion au site de la caisse d’allocations familiales (CAF), paiement des impôts sur Internet ou encore demande d’acte d’état civil sur le Web… Les citoyens français, mais aussi les entreprises et les associations, vont bientôt pouvoir accéder à l’ensemble des services de l’“e-administration” grâce à un seul et unique identifiant.

C’est l’objectif du projet “France Connect”, sur lequel planche depuis la mi-septembre une douzaine de développeurs installés dans les locaux de la direction de l’information légale et administrative (Dila). Développé conjointement par le secrétariat général à la modernisation de l’action publique (SGMAP), la direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic) et le cabinet de conseil Octo Technology, ce système d’identification numérique doit permettre de se connecter aux portails de toutes les administrations sans avoir à y créer à chaque fois un nouveau compte.

Transformation silencieuse”

Un projet ambitieux, duquel le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Thierry Mandon, attend beaucoup. Venu saluer les équipes en place à la Dila le 2 octobre, celui-ci a souligné la coopération fructueuse entre l’administration et le secteur privé, évoquant “un nouveau type de partenariat public-privé, plus transversal, qui n’enlève rien à la puissance publique et, au contraire, accélère et sophistique ses réponses”.

France Connect, qui prend place au sein d’un vaste chantier de “transformation numérique de l’État” lancé à la rentrée [lire notre article], “est un projet emblématique de cette transformation silencieuse mais profonde du rapport entre l’État et le citoyen, permise par le numérique”, a souligné Thierry Mandon, assurant que le Premier ministre, Manuel Valls, auquel son secrétariat d’État est rattaché, suivait ces dossiers “de très près”.

Mais il faudra être patient pour voir fleurir les premiers onglets “France Connect” sur les portails des services publics en ligne. “Mettre en place des services numériques simples est toujours très compliqué, du fait de la complexité des administrations”, a noté le patron de l’informatique de l’État, le Disic, Jacques Marzin, présent lors de la visite du secrétaire d’État. L’architecture technique du projet doit être bouclée pour la fin de l’année et les premières expérimentations démarrer en 2015.

Favoriser l’échange entre administrations

L’administration compte ensuite profiter du paiement des impôts en ligne en 2016 pour inciter le maximum d’internautes à se doter d’un identifiant France Connect. “On pourra ainsi toucher rapidement 10 à 12 millions d’usagers. On se fixe ensuite deux à trois ans pour toucher la plus grande majorité des Français”, détaille Nicolas Conso, chef du service “Innovation et service aux usagers” du SGMAP. Pour bénéficier de l’identifiant, aucun nouveau compte à créer, il suffira de renseigner les informations d’un autre compte déjà existant dans une autre administration (l’assurance maladie ou Impôts.gouv.fr par exemple).

L’identité France Connect servira ensuite non seulement de “clé” pour accéder à l’ensemble des services publics en ligne, mais simplifiera aussi l’échange d’informations entre administrations. Avec ici, la plus grosse difficulté du projet : assurer la sécurité du système et la confidentialité des données. “Nous avons déjà eu une réunion avec la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés, ndlr] et nous serons en relation avec elle tout au long du développement pour veiller à une circulation des données contrôlée et sécurisée”, assure Jacques Marzin. Car le défi est bien de concilier l’harmonisation et l’efficacité des services publics en ligne avec le respect de la confidentialité des données personnelles détenues par chaque administration.

 

Les collectivités locales associées au projet "France Connect"
Tous les quinze jours, le secrétariat général à la modernisation de l’action publique organise des “Open Labs”, sortes de tables rondes où les collectivités locales et autres établissements publics intéressés participent aux réflexions sur le projet France Connect et les difficultés technico-juridiques qu’il peut rencontrer. “Nous leur avons fait la promesse d’un service très facile à intégrer et nous voulons les associer pleinement à sa construction”, explique Thomas Menant, chef de projet “Solutions numériques” du SGMAP. Car pour un déploiement efficace, il faudra que le maximum d’administrations soient convaincues et ajoutent à leurs pages Web l’onglet “France Connect”. Il est notamment prévu de distribuer aux acteurs concernés, courant 2015, un kit de démarrage pour intégrer la fonction à leur site Internet.