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Cinquante conseils départementaux (hypothétiquement) conservés en 2020

20 oct. 2014, PAR Raphaël Moreaux
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Le Premier ministre, Manuel Valls, et le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, le 19 octobre à Paris. - © Kamil Zihnioglu/SIPA

En réponse au Parti radical de gauche, qui menaçait de quitter la majorité, Manuel Valls a assuré, le 16 octobre, le maintien de “la moitié des actuels conseils départementaux”, dans l’hypothèse d’une suppression de cet échelon en 2020.


Le Parti radical de gauche (PRG) en avait fait une “condition sine qua non” de son maintien au sein de la majorité : les territoires ruraux auront bien droit à un traitement de faveur dans l’hypothèse d’une suppression des conseils généraux [qui deviendront “conseils départementaux” en 2015, ndlr] à l’horizon 2020. C’est le Premier ministre, Manuel Valls, qui l’assure dans une lettre du 16 octobre adressée au président des radicaux, Jean-Michel Baylet, après une semaine d’intenses négociations entre l’Élysée, Matignon et le PRG, qui menaçait de quitter le navire de l’exécutif.

J’ai rappelé que l’évolution des conseils départementaux était liée à l’existence ou non de métropoles et à la force et à la réalité de l’intégration intercommunale”, écrit Manuel Valls. “C’est ce critère-là, et non la définition d’un hypothétique seuil qui définirait ce qu’est ou n’est pas un département rural, qui permettra de déterminer l’avenir de cette collectivité à l’horizon 2020”. Et de conclure : “Ce critère conduira à pérenniser au moins la moitié des actuels conseils départementaux”.

Avancées “cosmétiques”

De 101 conseils généraux, la France passerait donc à une cinquantaine. Nous en demandions 54, nous en aurions 52 ou 53”, s’est réjoui Jean-Michel Baylet, qui avait déjà lancé son offensive lors du dernier remaniement [lire notre article].

N’a pas été abordée dans la lettre la question des accords électoraux avec le PS, qui ont été, selon le président du PRG, bafoués lors des dernières sénatoriales, lui faisant perdre plusieurs sièges. Mais Manuel Valls, qui s'exprimait dimanche devant les radicaux lors d'un forum à Paris, a reconnu que des "crispations et des malentendus" avaient pu apparaître à la suite des élections. Jean-Michel Baylet, qui a perdu lui-même le sien en Tarn-et-Garonne, a réfuté l’idée selon laquelle les négociations entreprises avec l’exécutif seraient liées à son “équation personnelle”, ce que soutiennent pourtant plusieurs cadres socialistes et radicaux, y compris au sein de la réunion du comité.

Un haut responsable radical qualifie d’ailleurs de “cosmétiques” les avancées obtenues, soulignant qu’elles avaient déjà plus ou moins été promises fin août par Manuel Valls en ce qui concerne les conseils généraux ruraux et expliquant la démarche de Jean-Michel Baylet comme une tentative de “sortie honorable” après le “choc” de la perte de son siège. Des avancées d’autant plus hypothétiques que la suppression des départements ne figure dans aucun des deux projets de loi consacrés à la réforme territoriale et a été repoussée à la prochaine mandature…

Avec AFP