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Des “hôtels hospitaliers” vont être expérimentés

27 oct. 2014, PAR Xavier Sidaner
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© Frédéric Lancelot/SIPA

L'Assemblée nationale a voté, lors de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale, l'expérimentation durant trois ans d'“hôtels hospitaliers” à proximité d'hôpitaux, qui doivent servir de sas avec le domicile pour certains patients.


L'Assemblée nationale a donné son feu vert à l'expérimentation d'hébergement dans des hôtels hospitaliers avec prise en charge par la collectivité via un amendement, voté le 24 octobre, au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, porté par Olivier Véran (PS). Convaincu que l'expérimentation permet le développement des alternatives à l'hospitalisation complète, la réduction des durées de séjours, la baisse des dépenses de transport et qu'elle favorise aussi la fluidification des parcours de soins et améliore la qualité globale des prises en charge hospitalières, le gouvernement a donné son accord, jugeant “indispensable” une évaluation de ce dispositif.

“Tout le monde dit que nous devons aller vers la médecine ambulatoire, mais il y a des conditions à respecter notamment pour le retour à son domicile d'un patient qui habite loin de l'hôpital ou vit seul”, a déclaré la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. C'est pour ce type de patient qu'un hôtel, sans présence médicale mais près de l'hôpital, peut être utile, selon les défenseurs du dispositif.

Un dispositif jugé innovant

Le séjour pourrait aussi s'effectuer préalablement à l'hospitalisation, par exemple dans une maternité de niveau 2 qui exige de faire venir très tôt des femmes à risque d'accouchement prématuré, selon Olivier Véran.

Les “hôtels hospitaliers”, “dispositif innovant”, existant déjà notamment à Toulouse (maison d'accueil Le Laurier rose) et à Paris (Ambulotel de l'Hôtel-Dieu) mais surtout à l'étranger, permettront de “réduire un certain nombre d'hospitalisations inutiles”, a ajouté cet élu de l'Isère, médecin de profession au CHU de Grenoble où il avait assuré la responsabilité de l'hôpital de jour de neurologie.

Une nuitée dans un tel “hôtel hospitalier” coûte 60 euros, alors qu'une journée d'hospitalisation représente 1 500 euros.

“Il y a des villes de France où cela existe mais cela reste à la charge du malade”, a précisé la ministre. Dans l'expérimentation, les frais d'hébergement du patient seraient pris en charge par l'assurance maladie, les frais de gestion par le fonds d'intervention régional (FIR), qui finance des actions et expérimentations décidées par les agences régionales de santé. Un décret précisera les modalités de mise en œuvre de l'expérimentation, notamment les possibilités de recours à des tiers pour la prestation d'hébergement.

Les élus UMP se sont montrés plus ou moins hostiles. Dominique Tian a critiqué “une sorte de sous-hospitalisation”, affirmant : “Je ne serais pas très rassuré si, après une opération, mon papa malade était mis dans un Ibis”. Jean-Pierre Barbier a jugé “le sujet intéressant” mais appelé à “être prudent” vu de possibles conséquences sur certains établissements. L'UMP s'est notamment inquiétée que des lits d'hôpital ne ferment pas. L'UDI n'est “pas opposée à une expérimentation”, mais, a jugé Francis Vercamer, “cette nouvelle offre doit prendre place dans une reconfiguration de la carte hospitalière, sinon on ajoutera une couche en plus et on ne fera aucune économie”.