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Quand Google finance la formation numérique des Français “mal connectés”

15 avr. 2016, PAR Soazig Le Nevé
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Emmaüs Connect s’associe à Google pour lutter contre la précarité numérique en lançant la start-up sociale WeTechCare et 2 plates-formes de formation au numérique. Objectif : accompagner 1 million de “mal-connectés” jusqu’en 2020.


Cette année, pour 5 millions de Français, “Internet n’est plus une option, mais un passage obligé” : prime d’activité de la Caisse nationale d’allocations familiales et inscription à Pôle emploi sont “100 % Web” et bientôt, la déclaration de revenus basculera entièrement dans la dématérialisation, à horizon 2019. “Salariés peu qualifiés, familles monoparentales, jeunes demandeurs d’emploi cumulent précarités sociale et numérique”, rappelle Emmaüs Connect à l’occasion du lancement de sa start-up sociale, WeTechCare, le 13 avril. Et “la numérisation de ces services essentiels vient percuter de plein fouet l’insertion des mal-connectés”.

Avec pour objectif d’accompagner 1 million de personnes d’ici 2020, la start-up sociale développera “des plates-formes Web, des applications mobiles, des tutoriels et des guides de formation pensés pour et avec l’usager en difficulté et placés entre les mains d’un large réseau de formateurs”. “Chaque projet sera déployé sur tout le territoire national, en partenariat avec les acteurs locaux, avec le service public de l’emploi, et grâce au soutien d’acteurs économiques majeurs, comme Google.org et la Fondation SFR, la Fondation SNCF, la Fondation Total, la Fondation Accenture, Capgemini Consulting, la Fondation Stavros Niarchos”, détaille Emmaüs Connect.

Prétexte à un désengagement des acteurs publics ?

En plus du concours financier de Google.org, d’un montant d’1 million d’euros, WeTechCare “bénéficie du conseil et soutien technologiques des ingénieurs et employés de Google France pour développer les plates-formes et toucher le plus grand nombre de personnes”. Deux plates-formes Web seront lancées avant la fin de l’année, s’adressant respectivement aux jeunes non qualifiés en recherche d’emploi (Clicnjob) et aux personnes fragiles ayant besoin de faire des démarches en ligne (Les Bons Clics).

Une belle initiative, saluée et soutenue par plus de 20 acteurs du numérique signataires d’une tribune dans le journal Le Monde. Mais attention, prévient le Conseil national du numérique (CNNum) dans un communiqué : “Ces initiatives ne doivent pas servir de prétexte à un désengagement des acteurs publics.” Selon son président, Mounir Mahjoubi, “l’État s’est transformé à une vitesse qui n’est pas celle des citoyens. Les procédures en ligne n’ont jamais été aussi nombreuses, et de plus en plus de personnes ont du mal à accéder aux services de base.”

“C’est pourquoi, à l’heure où certaines collectivités tendent à diminuer leurs subventions aux espaces publics numériques (EPN), le CNNum rejoint l’appel collectif pour engager un plan national sur le développement des usages numériques en complément du plan Très Haut Débit.” Le Conseil souligne l’importance d’intégrer systématiquement les usages dans l’élaboration des schémas d’aménagement du territoire et appelle les parlementaires à “se saisir des enjeux de la médiation numérique” à l’occasion de la discussion du projet de loi “pour une République numérique”, dont le vote interviendra le 3 mai au Sénat.