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Le dynamisme espéré des recettes conduit le gouvernement à étaler encore plus les efforts

22 août 2016, PAR Pierre-Marie Vidal
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La Cour des comptes prédit un dérapage du déficit budgétaire en 2017 après les dépenses nouvelles annoncées par le gouvernement depuis le début de l’année. 


Tout en mesure, dans le style inimitable des analyses de la Cour des comptes, Didier Migaud, Premier président de la Cour, vient en quelques phrases de lapider les prévisions budgétaires du gouvernement. Il juge, en effet, l’atteinte de l’objectif de déficit budgétaire de 2,7 % fixé pour 2017 “très incertaine et le respect de la trajectoire 2017-2019 des finances publiques peu réaliste”. Clairement, la Cour des comptes prédit un dérapage du déficit budgétaire en 2017 après les dépenses nouvelles annoncées par le gouvernement depuis le début de l’année. La Rue Cambon pointe en particulier la hausse de la masse salariale des fonctionnaires à un rythme de 2 % dès l’année prochaine. De plus, les nouvelles dépenses annoncées en cette année préélectorale devraient “pousser les dépenses à la hausse à hauteur d’environ 0,3 point de PIB en 2017, soit de l’ordre de 6 milliards d’euros”.

Des dépenses gagées sur aucunes économies pérennes, qui font peser un risque sur les finances publiques dès 2016 avec des effets encore plus importants sur les années suivantes. D’autant que sur les 18 milliards d’euros d’économies prévues l’an dernier, Didier Migaud estime que ces dernières se sont plutôt élevées à 12 milliards.

La Cour relève que tout semble se passer comme si le dynamisme espéré des recettes conduisait le gouvernement à étaler encore plus les efforts nécessaires au respect des objectifs de redressement des finances publiques. Et ces craintes n’ont pas tardé à se vérifier, puisque François Hollande, plus que jamais en campagne, annonce déjà une nouvelle baisse d’impôts de 2 milliards en 2017... De quoi désespérer la Rue Cambon.