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Une “réserve industrielle” pour renforcer la future Garde nationale

20 sept. 2016, PAR Soazig Le Nevé
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Szwarc Henri-POOL/SIPA

Lors des premières Assises de la filière des industries de sécurité, le 20 septembre, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé secteurs public et privé à collaborer étroitement et a annoncé la création d’une “task force industrielle” au sein de la future Garde nationale.


La Garde nationale, dont la création a été annoncée cet été par le chef de l’État, aura “un volet industriel”. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l’occasion des premières Assises de la filière des industries de sécurité, le 20 septembre. Outre l’appel aux réserves de la police, de la gendarmerie et de l’armée, la Garde nationale pourra donc compter sur une “task force industrielle”.

“Après le 13 novembre, vous aviez été nombreux à proposer de mettre votre expertise ou bien des ressources matérielles à la disposition des services de sécurité, a expliqué Bernard Cazeneuve. Voilà pourquoi nous avons décidé de mettre en place cette « task force industrielle », laquelle constituera une véritable réserve citoyenne avec un cadre juridique clairement défini.”

Filière atomisée

Le ministre le martèle : la sécurité est l’affaire de tous, acteurs publics comme privés. “À cet égard, nos industriels, nos chercheurs, les acteurs publics et privés se trouvent eux aussi en première ligne. Car c’est vous qui donnez aux forces de sécurité les moyens d’accomplir leur noble mission première”, poursuit-il.

Si Bernard Cazeneuve salue à ce sujet “les progrès réalisés” depuis 2013 – année de l’installation du Comité de la filière des industries de sécurité (CoFIS), la filière industrielle française de sécurité, “reste encore trop atomisée entre de nombreux secteurs”. Un éclatement qui “n’a pas permis à la filière d’imposer une image commune, de développer son rayonnement, ce qui ne peut que nuire à son influence”.

Cartographier les besoins pour orienter l’activité

Aussi Bernard Cazeneuve a confié à la délégation ministérielle aux industries de sécurité (DMIS) la mission de réaliser, en lien avec les directions générales, un deuxième plan de modernisation de la sécurité intérieure, prolongeant l’effort entrepris dès 2013. Le premier plan avait permis d’allouer 108 millions d’euros. “Le second proposera une cartographie des besoins des services jusqu’en 2021, ce qui permettra aux entreprises de mieux orienter leur activité. Il s’agit tout simplement de concilier le temps long, celui de la réflexion, avec le temps court, celui de l’action”, souligne le ministre.

“Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne cessent en effet de se transformer. Par conséquent, cette réalité mouvante nécessite une mise à jour permanente de nos cadres d’action et de réflexion”, a insisté le ministre de l’Intérieur, faisant référence à la feuille de route “MI XXIe siècle” [lire notre article].

Perspectives de croissance

En outre, un appel à projets spécifique aux “projets industriels d’avenir” sera lancé dans le cadre des investissements d’avenir (PIA-2). “Les axes retenus portent sur des sujets majeurs pour la sécurité de la nation, a détaillé Bernard Cazeneuve : l’identité numérique, la cybersécurité des systèmes industriels, la protection des sites, le big data, la sécurité maritime.”

Les secteurs industriel et marchand totalisent 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013 et emploient plus de 302 000 personnes. D’ici 2020, les perspectives de croissance sont de 5 % par an pour l’ensemble de la filière, de 6 % pour son cœur industriel et de 8 à 19 % pour la dizaine de segments qui tirent la croissance de la filière, a précisé le ministre de l’Intérieur.