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Plus de 9 250 réservistes déployés chaque jour en 2018 grâce à la future garde nationale

12 oct. 2016, PAR Acteurs Publics
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© Franck Lodi/SIPA

Un décret relatif à l’organisation de la garde nationale voulue cet été par François Hollande a été présenté le 12 octobre en Conseil des ministres. L’État pourra s’appuyer sur un réservoir de forces de 85 000 réservistes, avec un objectif de 9 250 hommes déployés chaque jour au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur à l’horizon 2018.


Le gouvernement a dévoilé, en Conseil des ministres le 12 octobre, les contours de la future garde nationale, annoncée cet été par le Président François Hollande et qui constituera un réservoir de forces de 85 000 réservistes, avec un objectif de 9 250 hommes déployés chaque jour au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur à l’horizon 2018. Un décret a été publié en ce sens le 14 octobre au Journal officiel, pour préciser encore le dispositif.

Aujourd’hui, les réserves opérationnelles de la police, de la gendarmerie et des armées représentent un vivier de 63 000 personnes, dont 5 500 sont employées chaque jour depuis l’attentat de Nice, le 14 juillet dernier.

La future garde nationale ne sera pas une entité autonome, mais regroupera des volontaires intégrés aux forces de sécurité intérieure et aux armées, sous l’égide des ministères de l’Intérieur et de la Défense. Les volontaires devront être âgés d’au moins 17 ans et s’engager pour une durée d’un à cinq ans renouvelables.

Pilotage interministériel

Un comité directeur, présidé conjointement par le ministre de la Défense et le ministre de l’Intérieur, contribuera à la définition des politiques conduites au titre de la garde nationale : le recrutement, l’attractivité, le développement de partenariats et la communication. Les décisions du comité directeur seront préparées par un comité de pilotage, qui suivra leur mise en œuvre.

Un conseil consultatif, comprenant notamment un député, un sénateur et 4 personnalités qualifiées, sera chargé d’émettre des recommandations sur les politiques conduites au titre de la garde nationale, à l’exclusion de l’emploi et de la préparation opérationnels, qui demeurent des prérogatives des chaînes opérationnelles concernées.

Enfin, un secrétariat général permanent, placé sous l’autorité d’un secrétaire général relevant conjointement du ministre de la Défense et du ministre de l’Intérieur, sera chargé de l’organisation de ces trois instances. Le secrétaire général assurera la présidence du comité de pilotage et du conseil consultatif.

Un portail numérique (www.garde-nationale.fr), a été lancé dès le 12 octobre et une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux est en préparation, selon une source ministérielle.

Mesures incitatives

Par ailleurs, le budget de la garde nationale sera porté à 311 millions d’euros dès 2017, afin d’accompagner la hausse des effectifs chez les réservistes et différentes mesures d’incitation. L’État s’est par exemple engagé à financer le permis de conduire à hauteur de 1 000 euros pour tout jeune qui s’engage avant 25 ans et passe les épreuves de conduite pendant son contrat. Il devra préalablement totaliser 50 jours d’activité dans la réserve et être au moins à deux années de la fin de son contrat de réserviste.

Une allocation mensuelle de 100 euros sera versée à chaque étudiant de moins de 25 ans qui s’engage dans la garde nationale pour une durée de cinq ans et atteint 37 jours d’engagement chaque année. L’État versera également une prime annuelle de fidélité de 250 euros pour tout réserviste renouvelant son contrat pour une durée de trois à cinq ans.

L’Élysée promet aussi une valorisation des acquis enseignés pendant le temps d’engagement grâce à des passerelles vers les métiers de la sécurité privée. Enfin, une réduction d’impôt sera accordée aux entreprises dont les salariés s’engagent parmi les réservistes.

Avec AFP