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Glaciation sur l'action publique

3 sept. 2016, PAR Bruno Botella
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Chaque fin de mandat laisse l’administration livrée à elle-même, ce qui, dans certains cas, n’est pas pour lui déplaire… 


La période de glaciation qui fige l’action publique tous les cinq ans juste avant l’élection présidentielle démarre de plus en plus tôt, comme le prouve le départ fracassant d’Emmanuel Macron du gouvernement. Cabinets en roue libre, conseillers en recherche d’emploi, patrons de centrale qui expédient les affaires courantes : chaque fin de mandat laisse l’administration livrée à elle-même, ce qui, dans certains cas, n’est pas pour lui déplaire… Ajoutons à cela les recasages qui hystérisent le microcosme et l’éternel débat sur les prétendus bienfaits du spoils system, le décor est planté. On serait tenté de dire que cela tombe mal. Que la situation sécuritaire et économique nécessiterait un exécutif et des services entièrement mobilisés. Sur le pont jusqu’au dernier jour, comme ne manqueront pas de le répéter les ministres. On se souvient pourtant que l’administration belge s’est accommodée de 541 jours sans gouvernement au début des années 2010. Toujours en quête de majorité, l’Espagne teste la formule depuis mars dernier et la désorganisation ne guette pas le pays. Comparaison n’est pas raison, mais les services publics français traverseront la campagne présidentielle, comme d’habitude, sans ciller. La séquence n’est peut-être pas si mauvaise pour les grands directeurs, qui pourront bientôt enfin travailler sans la pression parfois paralysante des cabinets ministériels. Avant, peut-être, de céder leur place…