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Le gouvernement doit d’urgence rappeler aux forces de sécurité ce qu’il attend d’elles

6 nov. 2016, PAR Bruno Botella
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Pour des femmes et des hommes qui ont fait le choix du service public, rien n’est pire que d’être confrontés à l’échec que leur renvoie la situation sécuritaire de la France.


Un burn-out en direct. Ce n’est pas la première fois que les policiers s’expriment bruyamment, mais la nature du mouvement, ce qu’il exprime et le moment choisi sont inédits. La protestation a pris de l’ampleur en marge d’organisations syndicales encore puissantes. La France, sous la menace terroriste, est en état d’urgence. Quant aux mots d’ordre, ils mêlent revendications matérielles, critiques traditionnelles vis-à-vis d’une justice elle-même en surchauffe et ressentiment envers la hiérarchie, les managers de la police – des grands patrons de la Place Beauvau aux simples commissaires – qui seraient coupés de leurs troupes. On pourra toujours dire qu’ils craquent, que les simples flics sont fatigués d’être depuis des mois sur tous les fronts (lutte contre le terrorisme, mouvements sociaux…) et de subir des agressions. Les causes du malaise sont sans doute plus profondes. C’est paradoxal, mais plus la demande de sécurité est forte, plus ils se demandent à quoi ils servent. Pour des femmes et des hommes qui ont fait le choix du service public, rien n’est pire que d’être confrontés à l’échec que leur renvoie la situation sécuritaire de la France. Le gouvernement doit d’urgence rappeler aux forces de sécurité ce qu’il attend d’elles, quelles sont les priorités et confier dans la plus grande transparence certaines missions à l’armée, aux polices municipales, à l’administration pénitentiaire et pourquoi pas à la sécurité privée. Cette clarification des missions devrait être étendue à d’autres administrations, comme l’éducation, sous peine de voir le malaise des policiers faire tache d’huile sur l’ensemble de la fonction publique.