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Le chef d’état-major des armées réclame un effort budgétaire pour la défense

21 déc. 2016, PAR Bastien Scordia
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Le chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers - CHINE NOUVELLE/SIPA

Face aux nouvelles menaces, et notamment celle du terrorisme, le budget de la défense doit atteindre 2 % du PIB contre 1,77 % actuellement, affirme le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, dans une tribune publiée dans Les Échos mercredi 21 décembre. “Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre”, estime le général d’armée.


“Je ne me tairai pas. J’ai le devoir, en tant que chef militaire, de donner à des héros les moyens de mener le combat qu’ils ont à mener”, avait prévenu le chef d’état-major des armées (Cema), Pierre de Villiers, à l’occasion de l’université d’été de la défense, en septembre dernier. Le général d’armée a donc tenu parole.

Dans une tribune publiée dans les colonnes du quotidien Les Échos, mercredi 21 décembre, Pierre de Villiers réclame une “hausse progressive” du budget de la défense pour atteindre, avant la fin du quinquennat, les 2 % du PIB contre 1,77 % actuellement. Dans la pratique, l’effort réclamé par le Cema consisterait à faire passer le budget de la défense de 32,7 milliards à un peu plus de 40 milliards d’euros.

“Il faut comprendre que le moindre décalage de cohérence entre les menaces, les missions et les moyens s’apparente au grain de sable qui grippe le système et conduit à la défaite, souligne le chef d’état-major dans sa tribune. C’est le danger auquel nous nous exposerions si rien n’était fait. On ne gagne pas une guerre sans un effort.”

Voter une nouvelle loi de programmation

Le chiffre avancé par le chef d’état-major n’est toutefois pas nouveau. La loi de 2013 –actualisée en 2015 – relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 faisait des 2 % du PIB un objectif à moyen terme. Les 28 États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) s’étaient même engagés, à l’occasion d’un sommet en 2014, à atteindre ce plafond en 2025.

Tout en soulignant que cet effort “ne pourra être ni allégé ni reporté, en dépit de la complexité de l’équation budgétaire étatique prévisionnelle”, Pierre de Villiers appelle ainsi à procéder au vote d’une nouvelle loi de programmation militaire et à préparer un budget 2018 “robuste et cohérent”. Une “véritable première marche d’une montée en puissance désormais indispensable”, souligne-t-il. L’année 2017 sera, quant à elle, “l’occasion d’initier un processus vertueux en conduisant une revue stratégique ramassée”, précise le général d’armée.

Véhicules blindés vieillissants

Outre le renouvellement des composantes océanique et aérienne de la dissuasion nucléaire, il s’agit “de récupérer des capacités auxquelles il avait fallu renoncer temporairement, pour des raisons budgétaires, à un moment où le contexte sécuritaire était différent”, affirme le Cema. “Demain, si rien n’est fait, ces impasses affecteront sérieusement la conduite des opérations”, insiste-t-il, en prenant l’exemple des avions ravitailleurs et de transport, ainsi que du vieillissement “accéléré” des véhicules blindés.

Pour ne citer que les matériels roulants, ceux-ci atteignaient, en termes d’ancienneté, un “seuil devenu critique” en opérations extérieures, selon un rapport de la Cour des comptes publié en octobre 2016. Le seul véhicule de transport de troupes le plus répandu dans l’armée française, à savoir le véhicule de l’avant blindé (VAB), avait en moyenne 32 ans fin 2015. Mais “50 % de ces derniers sont en attente de régénération”, soulignaient les magistrats de la Rue Cambon.