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La pire des choses serait le retour du bon vieux rabot

2 janv. 2017, PAR Bruno Botella
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La question du périmètre du secteur public et de la fonction publique est enfin au coeur du débat présidentiel !


Que la question de la fonction publique devienne un thème central de la campagne présidentielle ne peut que nous réjouir, à Acteurs publics. Encore faut-il que le débat soit à la hauteur de l’enjeu, connu et accepté par une large majorité de Français : disposer d’un service public de qualité dans des domaines aussi essentiels que la sécurité, la santé et l’éducation.
Pour ne prendre que ces trois piliers de l’action publique, qui emploient la majorité des fonctionnaires, quel candidat osera annoncer l’ampleur des coupes sans en détailler les conséquences ? À l’opposé, qui osera dire qu’il ne faut rien changer ? Que l’on n’aurait pas le droit de s’interroger sur l’efficacité des dépenses de personnels, qui pèsent, pour les trois fonctions publiques (État, hôpital, collectivités), un quart de la dépense publique et 13 % du PIB* ?
La pire des choses, vu l’état de certains de nos services aujourd’hui, serait le retour du bon vieux rabot. Des suppressions de postes à l’aveugle, par le non-remplacement de départs à la retraite, sans réforme de structure, sans revoir les missions, sans accompagner les agents qui restent, sans moderniser en profondeur la gestion de la fonction publique (recrutement, formation, mobilité, rémunérations…), plongeraient des pans entiers du secteur public dans le chaos.
Acteurs publics donne donc rendez-vous aux candidats et à leurs représentants pour débattre le 2 février à l’hôtel de Lassay car il nous semble illusoire de traiter de la question des effectifs sans s’interroger sur le périmètre de l’action publique et, à l’intérieur de ce périmètre, sur ce qui doit relever d’agents statutaires ou pas.

* Rapport de la Cour des comptes sur la masse salariale de l’État (juillet 2015).