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Europol bientôt doté de pouvoirs supplémentaires

5 janv. 2017, PAR Acteurs Publics
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Mike Corder/AP/SIPA

Spécialisé dans la lutte contre la criminalité, l’Office européen de police poursuit aussi la cybercriminalité et le terrorisme en ligne et devrait voir ses pouvoirs augmenter en mai prochain.


C’est un calendrier de l’avent pour le moins original. Du 1er au 23 décembre, l’Office européen de police, Europol, a posté sur son site une fiche par jour présentant un fugitif recherché dans l’un des 23 pays membres. À chaque jour, donc, son pays membre de l’Union européenne. Très médiatisée, l’opération, nommée “EU most wanted”, a permis l’arrestation d’un agresseur sexuel britannique. 

Pas novice dans ce fait d’armes, Europol avait lancé, en janvier 2016, le site www.eumostwanted, afin d’obtenir tous les renseignements dans la traque, par les polices des États membres de l’Union européenne, d’une cinquantaine d’auteurs de braquages, cambriolages ou meurtres. Une mise à contribution de la population européenne qui porte ses fruits. L’office précise que sur 24 arrestations au total (dont le terroriste des attentats de Paris Salah Abdeslam), 9 d’entre eux ont été mis hors d’état de nuire millions grâce à la médiatisation de leur identité.

Budget de 100 d’euros

Europol, créé en 1995 et basé à La Haye, est l’organe en charge de faciliter les opérations de lutte contre la criminalité au sein de l’Union européenne, entre autres, en facilitant l’échange de renseignements entre police nationales, en matière de stupéfiants, de terrorisme, de criminalité internationale et de pédophilie. Des officiers de liaison sont détachés par les États membres auprès de l’office, qui coordonne et centralise des enquêtes. Agence communautaire depuis 2010, composée de plus de 900 personnes dont 185 officiers de liaison, Europol est financé par le budget de l’Union européenne. Son budget s’élève à 100 millions d’euros pour 2016.

D’ordinaire très discret, Europol communique volontiers sur ses succès. Parmi ses réussites récentes, les polices de 28 pays à travers le monde ont annoncé, début décembre, avoir démantelé un vaste réseau de cybercriminalité sévissant dans 180 pays. Sous le nom “Avalanche”, ce réseau procédait à des attaques en ligne à l’aide de logiciels malveillants, a indiqué Europol, qui assurait l’opération avec l’unité de coopération judiciaire européenne Eurojust, Interpol et le FBI. Les pertes des victimes enregistrées s’élèvent à des “centaines de millions d’euros” et l’opération est l’une des “plus grandes à ce jour” menées dans ce domaine par les autorités policières. Autre opération d’ampleur annoncée début décembre, la saisie de 4 500 noms de domaines de sites spécialisés dans la vente de contrefaçons sur Internet.

Trafic d’êtres humains et d’organes

Toujours en ligne, Europol a lancé en juillet 2015 une unité de signalement Internet à la suite des attentats contre Charlie Hebdo. Cette unité négocie avec les plates-formes Web les contenus qu’ils doivent retirer de leurs plates-formes. Mise sur pied pour “combattre la propagande terroriste et les activités extrémistes violentes liées sur Internet”, l’unité a évalué environ 15 000 messages sur 70 plates-formes et les contenus ont été retirés dans 90 % des cas.

Gérant des téraoctets de données sensibles et confidentielles, l’agence connaît aussi des ratés. Le 30 novembre dernier, elle a reconnu que des informations sur de nombreuses enquêtes terroristes avaient été divulguées en ligne “de manière non malveillante” par un ancien employé et policier néerlandais qui avait apporté chez lui 700 pages de données confidentielles.

En dépit de cet épisode malheureux, les compétences d’Europol devraient être étendues en mai prochain et s’élargir à la lutte contre le trafic d’êtres humains, le commerce illégal d’organes, d’armes et de drogues.

Jean-Bernard Gallois