Quantcast

La Cnil en éclaireur du débat public sur les algorithmes

24 janv. 2017, PAR Soazig Le Nevé
  • 03
    MIN
  • 0

THIBAULT SAVARY/SIPA

La présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), Isabelle Falque-Pierrotin, a lancé un débat public sur les algorithmes le 23 janvier. Enjeu : faire progresser la connaissance et la réflexion au sein de la société civile.


C’est désormais dans ses missions : la commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) doit mener des réflexions sur les enjeux éthiques et sociétaux liés aux nouvelles technologies, comme l’en a chargée la loi pour une République numérique d’octobre 2016. Voilà qui est fait, avec le lancement d’un débat public sur les algorithmes, ce 23 janvier.

“S’agit-il d’une nouvelle révolution industrielle ou d’un simple moyen d’améliorer la productivité ? Les algorithmes sont-ils les nouveaux décideurs ? Ont-ils pour effet de nous enfermer dans une bulle informationnelle, mettant en danger ouverture culturelle et pluralisme démocratique ? Sont-ils au contraire un moyen d’accéder à des idées, contenus, données ou personnes inaccessibles ou invisibles jusqu’alors ?” : les questionnements de départ posés par la Cnil sont nombreux, et proportionnels à la méconnaissance des citoyens envers les algorithmes.

Source de méfiance

Car selon une enquête de l’Ifop (réalisée sur un panel de 1 001 personnes), si 83 % des sondés ont déjà entendu parler des algorithmes, plus de la moitié (52 %) ne savent pas précisément de quoi il s’agit. Ceux-ci suscitent même de la méfiance puisque 53 % des Français pensent qu’ils sont plutôt source d’erreur, 57 % qu’ils limitent l’étendue des choix proposés et 64 % qu’ils représentent plutôt une menace en raison de l’accumulation de données personnelles.

À l’automne 2017, la Cnil rendra publique la synthèse des échanges et des contributions. “Il s’agira d’établir une cartographie de l’état du débat public et un panorama des défis et enjeux”, à la suite de quoi “des pistes ou propositions pour accompagner le développement des algorithmes dans un cadre éthique pourraient faire (…) l’objet d’arbitrages par les pouvoirs publics”, indique l’instance dans un communiqué.

Le ministère de l’Éducation nationale partie prenante

De son côté, la secrétaire d’État au Numérique et à l’Innovation, Axelle Lemaire, avait annoncé fin 2016 le lancement de la plate-forme TransAlgo, qui concevra des “algorithmes responsables” pour les administrations [lire notre article].

“Les progrès récents de l’intelligence artificielle et du machine learning renforcent encore l’ampleur des défis posés”, selon la Cnil, qui voit comme “une nécessité” de faire des algorithmes l’objet d’un vaste débat public pour faire progresser la connaissance et la réflexion par la société civile.

Parmi les 17 organisations qui ont déjà fait part de leur intérêt pour participer à ce débat, figure le ministère de l’Éducation nationale. Une bonne nouvelle, à l’heure où des soupçons de favoritisme demeurent sur le codage de l’algorithme d’affectation des élèves dans l’enseignement supérieur (APB) [lire notre article].