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Le programme de Benoît Hamon pour le secteur public

30 janv. 2017, PAR Bastien Scordia
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Francois Mori/AP/SIPA

Sorti vainqueur de la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, l’ex-ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon n’a pas fait de l’avenir de la fonction publique un axe fort de son programme de campagne. Ouverture de la fonction publique, accroissement des moyens pour les forces de l’ordre… Acteurs publics décrypte les quelques propositions du candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle.


Large vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon le disait lui-même en décembre dernier : “L’avenir de la fonction publique doit être une question centrale dans les débats qui mèneront à l’élection présidentielle.” Mais à regarder son programme, l’ex-ministre de l’Éducation nationale n’a – pour le moment – fait que peu de propositions concrètes pour le secteur public, propositions dont la rédaction d’Acteurs publics fait ici l’analyse.

Arrivé en tête du scrutin, dimanche 29 janvier, avec plus de 58 % des suffrages face à Manuel Valls, Benoît Hamon a davantage profité de la campagne pour afficher ses convictions et se dresser contre la mesure phare du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon. À savoir la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires.

“Je combattrai [cette] proposition affirmait-il en fin d’année dernière. Je suis convaincu que la gauche doit porter un discours de vérité sur la fonction publique en réaffirmant son rôle de premier plan dans la vie de notre pays.”

Ouverture et exemplarité de la fonction publique

Le programme de Benoît Hamon n’est pas pour autant dépourvu d’idées pour le service public. Le vainqueur de la primaire de la gauche souhaite notamment une plus grande ouverture des postes à haute responsabilité dans la fonction publique. Pour que la haute administration “soit représentative de la société et au service du pays”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend ainsi moderniser l’École nationale d’administration (ENA), en y adaptant le recrutement “pour diversifier les profils et les origines sociales des élèves”, mais aussi en mettant fin à la sortie directe dans les grands corps.

La fonction publique doit également “être protégée des conflits d’intérêts”, souligne Benoît Hamon. À ce sujet, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle propose d’élargir la définition de la notion de conflit d’intérêts examinée par la Commission de déontologie de la fonction publique “lorsque des fonctionnaires ont des velléités de pantouflage dans le secteur privé”. Des citoyens tirés au sort doivent également siéger dans cette instance chargée de contrôler la procédure de départ des agents publics vers la sphère privée, préconise Benoît Hamon. Et ce “pour que les décisions ne soient plus prises en vase clos”.

Renforcement des forces de l’ordre

Sur la question des effectifs dans la fonction publique, Benoît Hamon prend le contre-pied de François Fillon et de sa volonté de réduire drastiquement le nombre d’agents publics. “Il est absurde d’exiger une qualité de service toujours plus élevée aux agents publics tout en réduisant sans cesse leurs moyens et effectifs ou en aggravant leurs conditions de travail”, affirme-t-il, tout en appelant à renforcer les moyens humains et matériels de l’éducation nationale et des forces de l’ordre.

Comme l’avait proposé son rival et ancien Premier ministre, Manuel Valls, Benoît Hamon souhaite créer 1 000 postes de policiers et de gendarmes chaque année. “Pour améliorer le maillage territorial, les effectifs seront redéployés là où des inégalités et des besoins criants existent”, précise-t-il.

À en croire les propositions du candidat PS à l’Élysée, le budget de la défense devrait lui aussi bénéficier d’un coup de pouce, pour atteindre 3 % du PIB “au terme du mandat”. Un projet de loi d’orientation et de programmation pour la sécurité et la défense sera présenté à l’automne 2017, promet Benoît Hamon.

Plan pour l’éducation

Pour “lutter contre les inégalités scolaires”, l’ex-ministre de l’Éducation nationale entend créer 25 000 nouveaux postes d’enseignants (20 000 dans le primaire, 2 000 pour garantir le remplacement des enseignants absents et 3 000 postes “volants” dans le réseau d’éducation prioritaire).

Des salaires à la première affectation en passant par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue, “je poursuivrai la revalorisation des conditions de travail des enseignants”, ajoute Benoît Hamon dans son programme. Le candidat à la primaire de la gauche plaide également pour une plus grande association des enseignants à la prise de décision dans leurs établissements, et ce par la mise en place d’un management plus horizontal et la création de collectifs de travail.