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La vitrine de la simplification

7 févr. 2017, PAR Sylvain Henry
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En quelques mois, le système d’identification France Connect a attiré quelque 450 000 personnes et séduit une centaine de services publics, contribuant à personnaliser les services aux usagers et à décloisonner les manières de travailler au sein des administrations. Mais il reste encore à lever quelques freins pour étendre son déploiement.


Une centaine de services publics accessibles depuis France Connect – en attendant bien davantage –, plus de 450 000 personnes qui se sont connectées au moins une fois en quelques mois et des politiques pas peu fiers de vanter le lancement à succès de cette vitrine d’un État plate-forme – porté par la Dinsic et le SGMAP – qui prend corps, figure de proue de la simplification menée au sein des administrations publiques.

“Aux côtés d’initiatives numériques à succès, tel Mon.service-public.fr, qui a fait l’objet de quelque 200 millions de connexions, France Connect œuvre à une meilleure relation entre les Françaises et les Français et leurs administrations, confiait le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Jean-Vincent Placé, début février. Cela instaure une autre ambiance dans le secteur public, avec le développement de communautés numériques, de nouvelles méthodes de travail.” Et (surtout) la volonté de personnaliser et d’humaniser le service aux usagers. C’est notre responsabilité collective de démontrer aux citoyens notre capacité à délivrer des services optimaux et personnalisés, glissait voilà quelques mois la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire. Les économies que nous dégagerons ne seront qu’un effet connexe.”

Identité pivot en 6 données

Comment ça marche ? “L’utilisateur engage une démarche en ligne et sélectionne le bouton FranceConnect affiché sur le site de l’administration concernée”, précise le site dédié (franceconnect.gouv.fr). Il sélectionne un compte existant pour s’identifier (impots.gouv.fr, ameli.fr, login LaPoste), saisit son identifiant et hop, on y est, en toute sécurité, selon l’ensemble des acteurs concernés. Car la sécurisation des processus est bien l’un des enjeux centraux de la démarche. “France Connect transmet au fournisseur de service (mairie, département, ministère, opérateur public, etc.) l’identité de l’usager, détaille la marche à suivre publiée par le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP). Plus précisément, il lui fournit 6 données qui constituent son identité pivot : nom, prénom, sexe, date, lieu et pays de naissance. Sur la base de ces éléments, l’usager est reconnu par le fournisseur de services.”

Au-delà des enjeux de simplification et de services aux usagers, France Connect porte par ailleurs des principes qui historiquement ne figurent pas dans l’ADN d’une administration française depuis des lustres habituée à œuvrer de manière cloisonnée, verticale, hiérarchique. On parle de démarches transverses, d’échange d’informations, d’une approche qui prolonge le programme “Dites-le nous une fois”, qui travaille à la suppression des documents administratifs et invite à repenser l’investissement des agents.

Voilà qui irrite encore quelques managers publics, chahutés dans leur manière de concevoir le management de leurs équipes. “Je dois lever quelques freins, s’amuserait presque un opérationnel à la manœuvre au sein de son administration pour porter le développement de France Connect. On m’oppose des questions de sécurité, de propriété de données…” Mais, affirme-t-il, catégorique, le mouvement est inexorable : les collectivités continuent de s’approprier cet outil, que plusieurs d’entre elles ont expérimenté, le nouveau portail des droits sociaux appuie son essor sur France Connect, alors que d’autres administrations viennent aux nouvelles…