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Du mieux pour les finances locales mais un investissement toujours en baisse

17 févr. 2017, PAR Bastien Scordia
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L’épargne brute des collectivités locales était en hausse de 9,37 % en 2016, a affirmé le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, devant l’Assemblée nationale, mardi 14 février. L’investissement, lui, est toujours en baisse (- 2,29 %) alors que les experts prévoyaient une reprise sensible.


La prudence reste de mise. À en croire les déclarations du secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, devant les députés de la commission des finances, mardi 14 février, la situation financière des collectivités se serait améliorée en 2016. Leur épargne brute aurait même bondi de 9,37 % par rapport à l’année 2015, pour atteindre 29,4 milliards d’euros.

Encore “provisoire”, ce résultat est la conjugaison d’une hausse “historiquement faible” des dépenses réelles de fonctionnement des collectivités (+ 0,77 %) – notamment une augmentation de 0,9 % des frais de personnel, soit un point de moins qu’en 2015 – et de la bonne tenue des recettes de fonctionnement, selon le secrétaire d’État. Ces recettes auraient ainsi augmenté de 1,97 %, a-t-il souligné lors de son audition par l’Assemblée nationale [cliquez ici pour la visionner].

Des chiffres en totale opposition avec les prévisions de La Banque postale, qui tablait, à l’automne dernier, sur une baisse de 2,6 % de cette épargne brute “après une hausse en 2015 (+ 3,1 %)”. La contraction envisagée dans sa note de conjoncture sur les finances locales [cliquez ici pour la consulter] résultait “d’une progression plus rapide des dépenses que des recettes”. Sollicitée par Acteurs publics, La Banque postale reconnaît s’être “trompée”. Elle prévoyait, en effet, une hausse de 1,2 % des dépenses de fonctionnement en 2016 et notamment de celles de personnel (+ 2,2 %).

Disparités de croissance

Mais derrière ces moyennes, demeure une grande “diversité” de situations entre les différents échelons de collectivités, a souligné Christian Eckert. Et les chiffres que la rédaction d’Acteurs publics s’est procurés sont pour le moins équivoques.

Les communes auraient ainsi vu, en 2016, leur épargne brute augmenter de 6,49 %, leurs dépenses réelles de fonctionnement de 0,66 % et leurs recettes de 1,55 %. Du côté des groupements intercommunaux, la hausse de l’épargne s’établirait à plus de 14 %, avec 3,02 % d’augmentation des charges de fonctionnement et de 5 % pour ses produits.

Selon les premières estimations, l’échelon départemental connaîtrait même une hausse de plus de 20 % de son épargne par rapport à l’année 2015 (21,05). Les régions restent en queue du peloton avec, certes, des dépenses de fonctionnement en baisse de 2,39 % en 2016, mais avec une diminution sensible des recettes (3,52 %). L’épargne brute des conseils régionaux aurait ainsi décru de plus de 8 % pour la seule année 2016.

Baisse de l’investissement et inquiétudes

Pour autant, le redressement observé dans les finances des administrations locales ne les a pas poussées à investir davantage. Les dépenses d’investissement seraient ainsi en baisse de 2,29 % en 2016. Et ce alors que le ministère des Finances envisageait lui-même un investissement “presque stable” des collectivités en 2016 (- 0,5 %) dans son rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour 2017. La Banque postale tablait pour sa part sur une hausse de 1,3 % des dépenses d’investissement l’année dernière.

La baisse non prévue de ces dépenses d’investissement vient confirmer les inquiétudes des associations et notamment de l’Assemblée des communautés de France (ADCF). Dans son Observatoire de la commande publique, qu’elle présentera la semaine prochaine, en partenariat avec la Caisse des dépôts et consignations, l’association enregistre une baisse des investissements pour l’année 2016.

La conjugaison de l’augmentation de l’épargne brute et de la baisse de l’investissement est une “mauvaise nouvelle”, souligne-t-on du côté de l’Association des maires de France (AMF). L’épargne n’a pas trouvé “son emploi”, ce qui “traduit un manque de confiance des élus locaux”. Le montant des dépôts en trésorerie en est la preuve : 37,9 milliards d’euros ont été transmis au Trésor public en 2016 contre 35 milliards en 2015, selon Christian Eckert, qui devrait détailler “début mars” les chiffres évoqués devant les députés de la commission des finances.