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21 nouvelles prisons ont trouvé leur terrain d’élection

24 févr. 2017, PAR Soazig Le Nevé
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Sarah ALCALAY/SIPA

Le ministre de la Justice et garde des Sceaux a annoncé la liste des villes qui accueilleront d’ici 2025 de nouvelles prisons avec cellules individuelles. 21 terrains sont « techniquement solides, politiquement assumés et financièrement accessibles », a affirmé Jean-Jacques Urvoas.


L’encellulement individuel est un principe inscrit dans la loi depuis 1875 mais jamais respecté. Cent quarante-deux ans plus tard, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, mise sur la construction de 10 309 à 16 143 cellules, précisément, afin atteindre l'objectif de 80% de détenus en cellule individuelle d’ici 2025. Comme un premier coup de pioche, le ministre a dévoilé les villes d'implantation de 21 des 33 nouveaux établissements pénitentiaires, le 23 février.

Trouver des terrains ne fut pas simple, depuis l’annonce de ce programme immobilier pénitentiaire, le 6 octobre par l’ex Premier ministre, Manuel Valls. Parmi les principaux sites figurent Nice (650 places), Narbonne (500 places), Angoulême (400), Montpellier (500), Rennes (550), Nantes (300), Cherbourg (200), Pau (500), Perpignan (400), Colmar (550), Toulon (200), Fréjus (650) ou encore Avignon (400 places).

Jean-Jacques Urvoas s'est félicité de l'avancée du projet sans toutefois minimiser les difficultés rencontrées auprès des élus pour trouver des terrains dans certaines métropoles, comme Marseille ou Strasbourg, ou en Ile-de-France, déjà dotée de neuf maisons d'arrêt et où aucune proposition viable n'a pour l'instant été trouvée.

Quatre critères de choix

Au 1er janvier, la population carcérale était de 68 432 personnes écrouées pour 58 681 places de prison, soit un manque de 9 751 places et l'on dénombrait encore 1 638 matelas au sol.

 « En quatre mois et demi, nous disposons de 21 terrains techniquement solides, politiquement assumés et financièrement accessibles. Le travail se poursuit avec les collectivités pour en trouver 12 autres dont 7 en Ile-de-France mais aussi à Lyon, à Marseille, en Guadeloupe ou en Guyane », a résumé le ministre devant la presse.

« La difficulté n'a pas été de choisir entre une bonne et une mauvaise solution mais de trouver un juste équilibre entre des contraintes », a fait valoir le ministre évoquant quatre critères de choix : la volonté des élus, la proximité des tribunaux, les contraintes de l'administration pénitentiaire et le coût de l'opération.

Un budget de 1,15 milliard d'euros d'autorisations d'engagements a été prévu pour lancer le plan estimé à 3 milliards d'euros.

« Il y aura forcément des déceptions, des frustrations, des étonnements », a concédé le ministre assurant qu'il y avait plus de maires demandeurs qu'hostiles à l'implantation d'une prison sur leur commune.

Revoir la copie

Tel n'est pas le cas du maire DVD de Saint-Laurent-du Var (près de Nice), Joseph Ségura, qui a dénoncé sur France Bleu Azur une opération « purement politique ». « Ce projet est une pure fumisterie car aujourd'hui nous dépendons de Grasse et on aurait pu avoir une extension de cette prison à Grasse (...) donc je demanderai un rendez-vous avec le nouveau ministre du prochain gouvernement dans trois mois pour revoir la copie », a-t-il ajouté.

Outre 32 maisons d'arrêt et un centre de détention, le plan gouvernemental prévoit la création de 28 « quartiers de préparation à la sortie » avec la réhabilitation de douze sites pénitentiaires et la construction de seize autres pour lesquels 230 millions d'euros ont été débloqués.

Sur ce second programme destiné à accueillir des courtes ou des fins de peines, Jean-Jacques Urvoas a annoncé avoir déjà trouvé 7 terrains, représentant 720 places, à Rouen, Caen, au Mans, à Grenoble, Lille, Noisy-le-Grand et à Marseille.

Interrogé par l'AFP sur la pérennité de son programme après la présidentielle, le ministre s'est voulu rassurant : « Qu'est-ce-qui pourrait rendre ce plan fragile ? Que les élus locaux n'en veuillent plus mais tous ont validé les terrains. Que le nouveau président décide de l'interrompre ? Je n'ai vu aucun candidat défendre cela et s'il le faisait, je me ferais un devoir de lui transmettre la liste des établissements en surpopulation », a-t-il assuré.

Avec AFP