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Le maire de Dakar inculpé et écroué pour détournement de fonds

8 mars 2017, PAR Acteurs Publics
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L'hôtel de ville de Dakar - DR

Les avocats de Khalifa Sall estiment que l’arrestation du maire de la capitale sénégalaise vise à freiner ses ambitions politiques, notamment pour les législatives de juillet prochain et la présidentielle de 2019.


Coup dur pour le maire de Dakar et ses ambitions présidentielles. Khalifa Sall, dissident de la majorité au pouvoir, a été inculpé, mardi 7 mars dans la soirée. Il a été placé sous mandat de dépôt, ont annoncé ses avocats [lire le communiqué].

Les chefs d’accusation retenus à son encontre sont ceux “d’escroquerie portant sur des deniers publics, de détournement de deniers publics, d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux”, a détaillé Me Bamba Cissé. Cinq de ses collaborateurs ont aussi été mis sous écrou.

Le 3 mars, le procureur de la République de Dakar, Serigne Bassirou Guèye, avait fait savoir lors d’une conférence de presse qu’une information judiciaire allait être ouverte contre Khalifa Sall, évoquant un détournement de plus de 2,7 millions d’euros.

En rupture avec la majorité présidentielle

Un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) affirme que des fonds d’un montant de 1,83 milliard de francs CFA ont été “pris des caisses” de la ville, “sans justification”, avait expliqué le magistrat. “On demande que ce soit justifié” parce que les pièces censées le faire n’ont pas été produites, avait ajouté le procureur.

Ancien ministre, Khalifa Sall est le maire de la capitale du Sénégal depuis 2009. Il est l’un des responsables du Parti socialiste (PS). Le PS, formation qui a dirigé le pays de 1960 à 2000, est membre de la coalition autour de l’actuel Président, Macky Sall, mais Khalifa Sall, en dissidence dans son parti et au sein de la majorité, a annoncé qu’il présenterait sa propre liste de candidats aux législatives du 30 juillet.

Entendu par la police judiciaire

Khalifa Sall a régulièrement réfuté, ces derniers jours, les accusations de détournement portées à son encontre. Il a été convoqué et entendu les 21 et 22 février, pendant plusieurs heures d’affilée, par la division des investigations criminelles (DIC, police judiciaire) sur sa mauvaise gestion présumée.

Après son inculpation et son incarcération, ses avocats ont dénoncé une manœuvre politique. “Cette arrestation et cette détention n’ont pour but que de freiner Khalifa Sall dans ses ambitions politiques”, ont-ils assuré dans une déclaration lue devant la presse au tribunal, évoquant les élections législatives de juillet prochain et la présidentielle de 2019.

(avec AFP)