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Sondage exclusif : Marine Le Pen gagne encore du terrain chez les fonctionnaires

14 mars 2017, PAR Acteurs Publics
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David Vincent/AP/SIPA

Nous publions la deuxième vague de notre baromètre Ifop-Acteurs publics-Radio Classique sur les intentions de vote des fonctionnaires à l’élection présidentielle. Marine Le Pen gagne 2 points et reste nettement en tête à 28 %, devant Emmanuel Macron (22 %) et Benoît Hamon (20 %). 


Réalisée après l’annonce de non-candidature de François Bayrou et après le retrait de Yannick Jadot, la deuxième vague du suivi barométrique Ifop pour Acteurs publics et Radio Classique du comportement électoral des agents de la fonction publique [Cliquez ici pour revoir les résultats de la première vague] est marquée par l’écho important suscité par le programme politique proposé par Marine Le Pen et le haut niveau d’incertitude qui règne parmi les fonctionnaires.

Les anciens électorats de François Bayrou et de Yannick Jadot semblent se reporter sur différents candidats. Alors qu’elles représentaient respectivement 3 % et 7 % du corps électoral lors de la dernière mesure réalisée dans le cadre de ce suivi barométrique, les absences conjuguées de Yannick Jadot et de François Bayrou dans l’offre électorale qui sera proposée aux agents de la fonction publique ne profitent à personne en particulier.

Confrontés à un électorat plus fortement mobilisé que précédemment (66 % de participation, + 2 points) et que la moyenne nationale (inférieure de 2,5 points), tous les candidats testés voient en effet les intentions de vote en leur faveur progresser de 0,5 à 2 points, en dehors de Nathalie Arthaud et de Jacques Cheminade. La plus forte hausse revient d’ailleurs à Nicolas Dupont-Aignan (3,5 %, + 2,5 points).

Marine Le Pen demeure en tête des intentions de vote des agents de la fonction publique au premier tour de l’élection présidentielle. En dépit de ses propos controversés sur les fonctionnaires, prononcés lors d’un meeting à Nantes, c’est la candidate du Front national qui se place de nouveau en tête avec 28 % d’intentions de vote (+ 2), nettement devant Emmanuel Macron (22 %, + 2) et le vainqueur de la primaire organisée par le Parti socialiste, Benoît Hamon (20 %, + 1).

Le déficit d’audience de François Fillon dans la fonction publique se confirme, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy ne recueillant que 11 % des intentions de vote exprimées (+ 1) et se situant dès lors en cinquième position, derrière Jean-Luc Mélenchon (13 %, + 1). Il en est de même s’agissant du tropisme traditionnel des agents de la fonction publique vers la gauche de l’échiquier politique, Benoît Hamon obtenant 6,5 points de plus par rapport à son score mesuré auprès de l’ensemble des Français.

La candidate du Front national bénéficie toujours d’un soutien élevé chez les fonctionnaires de catégorie C (39 %), parmi les agents masculins (34 %) et dans la fonction publique territoriale (32 %). À l’instar de ce que l’on observe au niveau national, la candidature d’Emmanuel Macron se situe aux antipodes de celle de Marine Le Pen et séduit les segments les plus aisés des fonctionnaires, les agents de la fonction publique d’État (26 %) et les fonctionnaires de catégorie A (31 %) et de catégorie B (29 %, contre seulement 12 % parmi les agents de catégorie C). Benoît Hamon réalise quant à lui ses scores les plus hauts auprès des fonctionnaires de catégorie A (27 %) et parmi les agents de la fonction publique hospitalière (23 %).

Les agents de la fonction publique, en dehors des partisans de Marine Le Pen, sont cependant encore empreints de doute quant à leur choix électoral.

56 % des fonctionnaires déclarent être sûrs de leur choix au premier tour de l’élection présidentielle, soit un score en baisse de 2 points par rapport à la vague précédente et inférieur de 9 points par rapport à l’ensemble des Français. Leur décision devient ainsi plus incertaine à mesure que le 23 avril 2017 approche, suivant une tendance contraire à celle de l’ensemble des Français, chez lesquels la certitude progresse.

Les doutes ne gagnent pas toutefois l’ensemble des électorats. Les agents de la fonction publique attirés par la candidature de Marine Le Pen se révèlent ainsi très assurés de leur vote (85 %), à rebours des autres électeurs et notamment de ceux de Jean-Luc Mélenchon (56 %), Benoît Hamon (53 %), François Fillon (44 %) et Emmanuel Macron (33 %). C’est dans ces deux derniers électorats que la certitude du choix des agents est la plus basse par rapport à ce que l’on observe dans le grand public (30 points de moins dans l’électorat de François Fillon et 21 points de moins dans l’électorat d’Emmanuel Macron), ce qui pourrait laisser présager d’importants mouvements électoraux d’ici la fin de la campagne.

Esteban Pratviel, chef de groupe au département “Opinion et stratégies d’entreprises” de l’Ifop

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 538 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 560 personnes, représentatif de la population des agents de la fonction publique. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, versant et statut) après stratification par régions. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 27 février au 9 mars 2017.