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Groupements hospitaliers de territoire : les directeurs veulent être mieux rétribués

20 mars 2017, PAR Bastien Scordia
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Le gouvernement doit mettre en place les mesures qu’il a promises pour accompagner les directeurs d’établissement au sein des groupements hospitaliers de territoire, affirme le président du Syndicat des manageurs publics de santé dans une lettre adressée aux ministres de la Santé et de la Fonction publique.


Chose promise, chose due. C’est le proverbe que le Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS) souhaite rappeler au gouvernement concernant ses promesses d’accompagnement des directeurs d’hôpital au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

Dans une lettre adressée aux ministres de la Santé – Marisol Touraine – et de la Fonction publique – Annick Girardin –, lundi 13 mars, le président du syndicat, Jérémie Sécher, appelle ainsi les pouvoirs publics “à traduire dans les faits” les mesures d’accompagnement annoncées par Marisol Touraine lors d’un séminaire, en janvier dernier. Et ce au bénéfice des manageurs hospitaliers impactés par le rapprochement des établissements de santé instauré par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

Revalorisations indemnitaires, réorganisation des emplois ou adaptation des conditions matérielles de mobilité : les mesures promises par le gouvernement “ne sont plus traitées alors qu’elles sont essentielles”, souligne Jérémie Sécher dans sa lettre [cliquez ici pour la consulter]. “La réussite des GHT et de la territorialisation de l’organisation hospitalière suppose une juste valorisation de l’engagement des chefs d’établissement et des directeurs adjoints qui portent la mise en œuvre pratique des mutualisations”, ajoute-t-il.

Prime territoriale

Demande forte des directeurs et cadres hospitaliers : la mise en place d’un régime indemnitaire valorisant la territorialisation des responsabilités, à savoir une prime territoriale. Annoncée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, cette mesure n’a pas encore trouvé sa traduction dans les textes statutaires.

“Comment ne pas retenir avec déception l’absence de présentation d’un texte sur la reconnaissance d’une rémunération de l’exercice territorial des directeurs malgré un engagement ministériel”, a souligné le SMPS après l’assemblée plénière du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière du 16 mars.

Une absence au goût d’autant plus amer pour le syndicat qu’a été publié au Journal officiel, le 5 mars, un décret créant une prime territoriale pour les seuls praticiens hospitaliers, “en contrepartie de leur activité partagée [et] pour soutenir les dynamiques d’équipes médicales de territoire”.

Maintien du régime indemnitaire

Les manageurs de santé regrettent également qu’aucune mesure de réorganisation des emplois fonctionnels n’ait été prise en cas de restructuration des groupements hospitaliers. Au cœur de leur revendication : l’élargissement du dispositif “coussinet”, à savoir le maintien du régime indemnitaire en cas de réorganisation des établissements.

Actuellement, lorsque des services fusionnent ou lorsque des directions se rapprochent, certains chefs d’établissement peuvent se voir rétrograder au sein du classement indiciaire de la fonction publique hospitalière.

Pour le moment, la direction générale de l’offre de soins du ministère de la Santé n’a pas envisagé de convoquer de nouvelles réunions sur le sujet. “Nous sommes en attente mais surtout inquiets quant à la concrétisation réelle de ces mesures”, affirme-t-on du côté du SMPS. C’est en effet vraisemblablement le prochain ministre de la Santé qui décidera – ou non – de reprendre les discussions avec les directeurs d’hôpital…