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Au Venezuela, l’opposition accentue la pression contre le pouvoir

21 avr. 2017, PAR Acteurs Publics
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La marche des opposants à Nicolas Maduro, jeudi 20 avril 2017, à Caracas. - © Ariana Cubillos/AP/SIPA

Le pays a connu, jeudi 20 avril, une nouvelle journée de manifestations contre le Président Nicolas Maduro marquée par des affrontements. L’opposition a convoqué pour samedi une “marche du silence” et pour lundi 24, un “blocage national” des routes. La communauté internationale continue à condamner la violence de la répression.


Plusieurs milliers de personnes ont de nouveau manifesté jeudi 20 avril dans la capitale vénézuélienne, Caracas, pour réclamer le départ du Président socialiste, Nicolas Maduro, très impopulaire dans ce pays pétrolier plongé dans une grave crise politique et économique.

La vague de manifestations, qui a commencé le 1er avril à l'appel de l'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, vise à exiger des élections anticipées pour faire partir le Président Maduro. Les violences autour de ces défilés ont déjà fait 8 morts en trois semaines, des dizaines de personnes ont été blessées et environ 600 ont été arrêtées, selon l'ONG Foro Penal. Des incidents ont également eu lieu dans d'autres villes : Maracaibo, Valencia et San Cristobal, respectivement dans le nord-ouest, le nord et l'ouest du Venezuela. Par précaution, des universités et des entreprises avaient fermé leurs portes jeudi.

“Personne ne se rend, notre devoir est de défendre la Constitution”, a déclaré Henrique Capriles, un des chefs de l’opposition et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2013. L’opposition a appelé à de nouvelles manifestations. Elle a convoqué pour samedi une “marche du silence”, lors de laquelle les protestataires se dirigeront vers les sièges de l'épiscopat vénézuélien dans tout le pays, et pour lundi un “blocage national” des routes.

Condamnation de l’Union européenne et des 9 pays d’Amérique du Sud

La pression internationale se maintient : l’Union européenne a condamné les violences “très regrettables” survenues pendant les manifestations et a appelé à une “désescalade” pour “stopper la détérioration de la situation”. Amnesty International s'est alarmée de la “répression”. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé “que tous les efforts soient faits pour réduire les tensions et empêcher de nouveaux affrontements”. Il a souhaité la reprise du dialogue entre gouvernement et opposition.

“Il est urgent que les autorités vénézuéliennes prennent des mesures pour garantir les droits fondamentaux et préserver la paix sociale”, écrivent dans un appel les pays du sous-continent sud-américain : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Mexique, Paraguay, Pérou, Uruguay.

Nicolas Maduro a activé mardi 18 avril un plan de défense renforçant la présence policière et militaire pour déjouer ce qu’il considère comme un “coup d’État terroriste” fomenté selon lui par les États-Unis, une accusation rejetée par Washington.

(avec AFP)