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Le Congrès américain revoit les priorités budgétaires de Donald Trump

3 mai 2017, PAR Acteurs Publics
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Evan Vucci/AP/SIPA

Les parlementaires américains, qui examinent le budget de l’État fédéral, dopent la défense mais n’accordent pas un dollar pour le mur à la frontière mexicaine. Les démocrates ont réussi à éviter les coupes draconiennes, notamment dans les crédits de l’aide étrangère.


Alors que le cap des 100 jours à la Maison Blanche a été franchi par Donald Trump, les parlementaires américains devraient voter à la fin de cette semaine un budget qui dope la défense, mais qui bloque d’autres priorités énoncées par le Président. Le texte interdit le financement, au moins jusqu’en octobre, du mur à la frontière mexicaine, une promesse phare du candidat.

Majorité républicaine et opposition démocrate ont dévoilé, lundi 1er mai, le fruit de plusieurs semaines de négociations afin de financer l’État fédéral pour les cinq derniers mois de l’année budgétaire 2017, soit jusqu’au 30 septembre. La Chambre des représentants puis le Sénat ont prévu d’adopter ce texte avant la fin de la semaine, permettant d’éviter une fermeture des administrations centrales, celles-ci n’étant financées que jusqu’à vendredi soir à minuit.

1 163 milliards de dollars de dépenses

Agacé par la tournure des événements, Donald Trump a souhaité, dans un tweet posté mardi 2 mai, un “bon shutdown”, c’est-à-dire un blocage des administrations, comme en 2013.

La proposition de loi, longue de 1 665 pages, détaille 1 163 milliards de dollars de dépenses pour l’année, soit un peu moins du tiers de tout le budget fédéral, les deux autres tiers (dépenses sociales, retraites…) étant en pilotage automatique, sans que le Congrès ait à approuver les dépenses. Sur ces plus de mille milliards de dollars, la Défense en obtient 598,5, soit une augmentation de 25,7 milliards ou 4,5 % par rapport à 2016.

Mais les démocrates, dont les voix seront nécessaires au Sénat où une majorité qualifiée est requise, ont eu gain de cause sur le projet de mur frontalier, auquel ils sont totalement opposés. Aucun dollar fédéral ne pourra être utilisé pour lancer le chantier. Ils en avaient fait une condition pour voter la loi budgétaire. “J’attends de le voir demander au Mexique de l’inclure dans son propre budget”, a ironisé la sénatrice démocrate Patty Murray, en allusion à l’engagement pris par Donald Trump d’envoyer la facture de la muraille à Mexico.

Relance des dépenses militaires

À la place, 1,5 milliard de dollars supplémentaires sont prévus pour des investissements dans la sécurité à la frontière et des opérations de maintenance sur les infrastructures existantes. Aucune embauche d’agent d’immigration pour accélérer les expulsions n’est autorisée.

Le texte reprend toutefois certaines des priorités présidentielles, à commencer par la relance des dépenses militaires. Le budget inclut ainsi de nouveaux avions, hélicoptères, drones et navires et une hausse de salaire de 2,1 % pour le 1,3 million de soldats américains, ainsi que 150 millions de dollars en aide létale et non létale à l’Ukraine.

Les démocrates ont réussi à éviter les coupes draconiennes réclamées par Donald Trump dans certains domaines. Le budget du département d’État et de l’aide étrangère est épargné et stable, loin de la réduction de 28 % réclamée par le Président en mars.

(avec AFP)