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Onde de choc à Washington après le limogeage du patron du FBI

10 mai 2017, PAR Acteurs Publics
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Susan Walsh/AP/SIPA

La police fédérale est notamment chargée de l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, accusée d’avoir interféré dans la présidentielle américaine.


“Aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence phare de notre appareil judiciaire.” Donald Trump a décidé de taper fort en limogeant, mardi 9 mai, le patron du FBI, James Comey. Cette décision a aussitôt provoqué une onde de choc à Washington, où des élus ont évoqué le spectre du Watergate.

“Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon laquelle vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau”, a ajouté sèchement le Président américain dans un courrier à l’intéressé rendu public.

La raison officiellement avancée par l’administration Trump pour ce limogeage est la gestion du dossier des emails de la candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton. James Comey est accusé d’avoir mal traité cette dernière en dévoilant de nombreux détails de l’enquête… que le candidat républicain avait pourtant lui-même utilisés quotidiennement pour pilonner sa rivale.

Investigations sur les emails d’Hillary Clinton

Le 28 octobre 2016, James Comey provoquait une déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne : il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations sur ces emails, closes en juillet. Ce n’est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que le patron du FBI annonce n’avoir finalement à nouveau rien trouvé de pénalement répréhensible. Selon Hillary Clinton, sans cette initiative, elle aurait emporté l’élection.

Le limogeage surprise de James Comey a fait l’effet d’une bombe au Congrès. Le sénateur démocrate Patrick Leahy a trouvé “absurde” la justification selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité. “Ce n’est rien de moins que nixonien”, a-t-il tonné, allusion à la décision de Richard Nixon de remercier en 1973 le magistrat indépendant Archibald Cox enquêtant sur le scandale du Watergate, qui allait entraîner sa chute. “Le Président a révoqué le patron du FBI au milieu d’une des enquêtes de sécurité nationale les plus critiques dans l’histoire de notre pays, celle qui implique des hauts fonctionnaires dans la campagne et l’administration Trump”, a-t-il ajouté.

Nommé en 2013 par Barack Obama

Le malaise a gagné également les républicains. Le chef de la puissante commission du renseignement du Sénat, Richard Burr, s’est déclaré “troublé” par le timing et les raisons avancées pour ce départ forcé.

Ancien vice-ministre de la Justice, James Comey a longtemps été encarté chez les républicains mais avait été nommé à son poste actuel pour dix ans en juillet 2013 par Barack Obama. Une nomination alors confirmée par le Sénat avec 93 voix pour et une contre.

Fin mars, lors d’une audition publique devant le Congrès, il avait infligé un double revers à Donald Trump. Il avait d’une part confirmé le lancement fin juillet 2016 d’investigations sur une éventuelle “coordination” entre des membres de son équipe de campagne et Moscou. James Comey avait également rejeté l’idée que Barack Obama aurait placé sur écoutes la Trump Tower, rumeur lancée par Donald Trump lui-même sur Twitter deux semaines auparavant.

(avec AFP)