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Richard Ferrand à l’épreuve des territoires… et de son portefeuille ministériel

18 mai 2017, PAR Bastien Scordia
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Witt/Chamussy/SIPA

Aménagement du territoire, politique de la ville, logement… Le nouveau ministre de la Cohésion des territoires hérite d’un large portefeuille et devra composer avec les élus locaux, après cinq années de dialogue tendu avec le gouvernement. 


Du pain sur la planche pour Richard Ferrand. Le nouveau ministre de la “Cohésion des territoires” chapeautera à la fois l’aménagement du territoire, le logement et la politique de la ville. Un portefeuille on ne peut plus large – antérieurement réparti entre 3 ministres –, mais jugé nécessaire par l’intéressé lui-même.

“Le terme générique de « cohésion des territoires » a un défaut mais aussi une qualité, a-t-il affirmé lors de la passation des pouvoirs avec Patrick Kanner, le ministre sortant de la Ville. Le défaut est qu’il s’agit d’un terme abstrait (mais) il va de soi que la politique de la ville, le logement, l’aménagement du territoire… tout cela se devait d’être ensemble pour que l’action publique soit efficace.” Le tout dans l’objectif que, dans cinq ans, “on ne parle plus de territoires oubliés”.

Travail avec les élus

Fidèle parmi les fidèles du nouveau président de la République (il est le secrétaire général de La République en marche), Richard Ferrand devra aussi faire preuve d’efficacité, et de tact, dans ses relations avec les élus locaux. Bousculés par les récentes réformes de la carte des régions, de la répartition des compétences entre collectivités et surtout par la baisse des dotations de l’État, intervenues au cours du quinquennat sortant, ceux-ci attendent l’élu finistérien de pied ferme.

Le ministre a déjà pris les devants et compte “faire en sorte que partout on puisse en France développer des terres d’excellence”. Pour y parvenir, “il faut savoir travailler avec les élus locaux qui au quotidien sont les artisans de l’action publique”, souligne Richard Ferrand. “Il faudra que les administrations aussi acceptent cette idée, cette fluidité nécessaire avec les élus locaux qui ont une parfaite légitimité pour parler du réel”, ajoute-t-il.

Cotutelle sur la DGCL

Reste à savoir si Richard Ferrand aura pour mission de mettre en œuvre les mesures promises par Emmanuel Macron lors de sa campagne et intéressant directement les collectivités locales : la suppression des départements là où les métropoles peuvent les remplacer, mais aussi l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Rien n’est sûr…

Au sujet de cette métropolisation, le ministre de la Cohésion des territoires aura à composer avec le nouveau ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, maire de Lyon et de la métropole lyonnaise. Selon l’entourage de Richard Ferrand, les deux ministres devraient exercer une “cotutelle” de la puissante direction générale des collectivités locales (DGCL). Celui-ci pourra également s’appuyer sur le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), qui reste sous le pavillon de Matignon.

Même s’il ne devrait pas porter directement le chantier de l’exonération de la taxe d’habitation, celle-ci devant revenir logiquement à Bercy, Richard Ferrand aura toutefois la lourde tâche de rassurer les élus locaux, dont certains craignent la non-compensation de leur perte de 10 milliards d’euros de recettes fiscales. Les ressources actuelles des maires “seront sanctuarisées à l’euro près, avait affirmé Richard Ferrand lors de la campagne présidentielle. L’État paiera la taxe d’habitation en lieu et place des ménages.”