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Le siège du Parlement européen à Bruxelles menace de s’effondrer

15 juin 2017, PAR Acteurs Publics
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L’autre Parlement européen, à Bruxelles. - © Isopix/SIPA

Construit voici vingt-quatre ans, le bâtiment présente des fondations très fragiles. Deux études estiment que la destruction puis la reconstruction d’un immeuble est préférable, ce qui reviendrait à près d’un demi-milliard d’euros. Strasbourg, siège officiel du Parlement européen, propose à nouveau d’accueillir l’institution à temps complet.


Le “Caprice des dieux” chancelle. Tenant son surnom du célèbre fromage, en raison de sa forme ovale et de son prix d’achat très important par le Parlement (1,8 milliard d’euros), le bâtiment bruxellois a toujours connu des jours compliqués.

Construit en 1993 pour être un centre de congrès, le colosse de verre de 29 mètres de haut a été racheté par l’institution européenne en 1998. Peu adapté à la configuration de travail d’un parlement, il a multiplié les aléas. Outre des problèmes dans la ventilation, les conduites d’eau, de gaz et d’électricité, il a plu sur les moquettes en 1998, et voici cinq ans, le plafond de l’hémicycle a commencé à se fissurer, nécessitant de nombreux mois de travaux.

Il court aussi le risque de s’effondrer, ont indiqué deux études parues en 2015. Celles-ci proposent deux scénarios : consolider les fondations trop fragiles, constituées de piliers et bâties sur un ancien marais, ou raser l’immeuble et reconstruire un nouveau bâtiment.

Reconstruire plutôt que rénover

Selon une note interne révélée lundi 12 juin par le journal Politico, le secrétaire général du Parlement, responsable de l’administration, s’est prononcé sur ce sujet et privilégie la seconde solution, dans une note envoyée aux députés européens. Coût estimé des travaux : 450 millions d’euros. Le bureau du Parlement, composé du président, l’Italien Antonio Tajani, et de ses 14 vice-présidents, a demandé de nouvelles études sur le coût et la durée des travaux. “Il y a un problème de fondations : ce bâtiment est très peu stable, il a été mal conçu”, affirme Alain Hutchinson, commissaire en charge des Relations avec les institutions européennes, au journal belge L’Écho. Selon lui, les études commandées par le Parlement “amènent à dire qu’une rénovation n’est pas une option en l’état”.

La décision d’engager des travaux choque à Strasbourg, le siège officiel du Parlement européen. Celui-ci a peu d’activité et organise seulement une session de quatre jours chaque mois dans la ville française, le reste des travaux des eurodéputés se déroulant à Bruxelles.

Extension prévue à Strasbourg

Le coût de la “transhumance” mensuelle de quelque 2 000 personnes avoisine les 200 millions d’euros par an. Et régulièrement, des eurodéputés votent pour un siège unique… qui serait dans la capitale belge, des votes symboliques qui recueillent la majorité des voix. Cependant, comme le siège strasbourgeois est inscrit dans le traité européen de 1992, il ne peut être modifié que par une décision unanime des États membres, qui ne l’auront pas tant que la France oppose son veto.

La décision de la démolition-reconstruction est jugée “aberrante”, par le groupe de soutien de Strasbourg comme lieu unique pour le Parlement européen. Le bâtiment est d’ailleurs en train de consolider son siège, indique le quotidien Les Dernières nouvelles d’Alsace. Le 5 juillet prochain, une extension mettra près de 7 000 mètres carrés à disposition du Parlement européen et du médiateur. À terme, il est question de pouvoir doubler le nombre de bureaux pour les 766 députés européens et leurs assistants, qui sont à l’étroit dans le bâtiment.

Jean-Bernard Gallois