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L’Europe et le FMI sont parvenus à un compromis très politique sur la Grèce

16 juin 2017, PAR Acteurs Publics
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A gauche, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaeuble et ses homologues français, Bruno Le Maire et grec, Euclide Tsakalotos, en discussion avec le commissaire européen Pierre Moscovici, le 15 juin 2017 à Luxembourg - Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le compromis conclu jeudi 15 juin permettra à Athènes de rembourser en juillet plus de 7 milliards d’euros de créances dues. La question sensible de l’allègement de la dette est repoussée après les législatives allemandes de septembre.


Un vrai compromis qui ménage évidemment la Grèce, mais aussi l’Allemagne… Les créanciers d’Athènes – la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) – se sont mis d’accord, jeudi 15 juin, pour relancer le plan d’aide qui patinait depuis des mois, ce qui permet le versement d’argent frais et écarte le spectre d’une nouvelle crise.

Les Grecs n’obtiendront pas, dans l’immédiat, les mesures d'allègement de leur dette (179 % du PIB) qu’ils réclament depuis des mois, mais la zone euro leur a apporté “des précisions” sur ce qui pourrait leur être accordé plus tard.

Ce compromis, qui ne faisait guère de doute étant donné l’optimisme unanime affiché avant la réunion, constitue un véritable soulagement pour la zone euro. Il permet de relancer enfin le troisième plan d’aide au pays, d’un montant de 86 milliards d’euros, signé en juillet 2015, qui était bloqué en raison de divergences entre des membres de la zone euro – essentiellement l’Allemagne – et le FMI.

Le nouveau déboursement accordé à la Grèce, qui s’élève à 8,5 milliards d’euros, lui permettra ainsi de rembourser in extremis plus de 7 milliards d’euros de créances dues en juillet, repoussant le risque d’une crise estivale.

Le FMI adoucit ses exigences

Pour parvenir à un compromis, le FMI a accepté d’adoucir ses exigences : il donne son accord de principe à sa participation au plan d’aide, comme le réclamait l’Allemagne, mais il ne déboursera pas un centime tant que les Européens n’auront pas formellement accordé à la Grèce un allègement de sa dette, qu’il juge insoutenable. En d’autres termes, le FMI accepte de renvoyer à plus tard les discussions sur la dette grecque, dont Berlin ne veut pas entendre parler avant ses élections législatives de septembre, pour permettre ce déboursement à la Grèce. “Personne ne dit que c’était la meilleure solution” mais “c’est la deuxième meilleure solution”, a déclaré Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

En signe de bonne volonté et afin de satisfaire la Grèce, les ministres de la zone euro ont accepté de donner “des précisions” sur les mesures d’allègement possibles de sa dette “à la fin du programme”, en 2018, mais “à condition que celui-ci ait été mis en œuvre avec succès”, a précisé Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe.

“Il y a plus de clarté à l’issue de cet Eurogroupe, à la fois pour le peuple grec et pour les marchés financiers”, s’est satisfait le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos. “Cet accord a été rendu possible grâce à l’état d’esprit positif de chacun des acteurs autour de la table”, a estimé le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire.

(avec AFP)